Critique: I Am Here [L’Étrange Festival 2015]

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I Am Here

D’Anders Morgenthaler

Avec Kim Basinger,  Jordan Prentice, Peter Stormare

Allemagne/ Danemark – 2014 – 1h35

Rating: ★☆☆☆☆

I AM HERE

Maria, après plusieurs fausses couches, ne pourra jamais avoir d’enfants d’après les médecins. Alors que son mariage éclate, elle part vers Prague, à la recherche d’un village dominé par la mafia et la prostitution, où l’on vendrait des enfants à des personnes malintentionnées, avec en tête l’idée d’en sauver un.

Se voulant très intimiste dans sa première partie, I Am Here offre de jolis moments d’abstraction, Anders Morgenthaler se plaisant à montrer ses compétences de cinéaste. Un choix de mise en scène de mise pour un sujet fort dramatique et poignant: l’impossibilité d’être mère pour une femme qui voit en la maternité l’accomplissement de sa vie. Le premier tiers du film s’avère plaisant, imprégné de toute la nordicité de son réalisateur et de son éducation filmique très européenne, notamment dans l’installation progressive de la folie de son héroïne, hantée par les chuchotements de l’enfant qu’elle n’a jamais eu. Même s’il ne fait qu’effleurer son sujet, I Am Here livre jusqu’alors une jolie expérience visuelle et sensorielle, jouant sur l’insolite avec délicatesse tout en gardant une crédibilité suffisante pour que Maria nous reste sympathique même quand elle commence à perdre les pédales dans le second tiers.

Puis arrive le dernier acte. Le film bascule simultanément dans le bon cliché  bien gras anti-Europe de l’Est (ces rednecks qui vendent des bébés, prostituent des enfants, tout en déversant leurs drogues merdiques sur le Vieux Continent, revêtant ici les traits de Peter Stormare, sobrement appelé The Russian…), et le prosélytisme à deux balles. Le décor revêt les oripaux d’un énième torture porn, l’insolite devient mysticisme de culs bénis pour mettre en place une affreuse résolution, aussi moralement abjecte que glauque. Alors qu’il tenait un drame insolite à la Babycall, Morgenthaler a préféré se la jouer petit malin moralisateur, à travers un twist digne d’un épisode mineur d’Esprits Criminels.

Porté par une Kim Basinger qui en a encore sous le coude pour des années, I Am Here présageait d’une jolie bobine d’insolite à l’européenne, voire d’épouvante domestique nordique. Malheureusement, le prosélytisme et le cliché facile entament grandement la fête, qui s’avère au final totalement gâchée par un dénouement aussi glauque que gratuit.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.