Critique : Gangnam blues [L’Etrange Festival 2015]

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Gangnam 1970

De Yoo Ha

Avec Lee Min-ho, Kim Rae-won

Corée du Sud – 2015 – 2h15

Rating: ★★★★☆

g2

Jong-dae et Yong-ki sont deux orphelins de Gangnam, un quartier bidonville de la banlieue de Seoul. Devenus sans domicile, ils sont enrôlés par un gang pour participer à une rixe, mais ils se retrouvent séparés durant le chaos violent…

Gangnam fait partie de l’agglomération de Seoul, auparavant terre d’agricultures, le film en fait une terre d’enjeu géo-politico-stratégique. Alors la grosse production que nous regardons, au même titre que les blockbusters américains ou indiens, s’inspire des fresques épiques d’ascension et de chute : la trilogie Le Parrain, Les Affranchis, Scarface ou la trilogie Infernal Affairs sont suggérés. Car il est question de devenir gangster par nécessité ou gangster par volonté, les deux choix qui se proposent aux deux héros, situés dans deux camps différents. Et de la loi des frères s’oppose la loi du milieu. De là deux parcours initiatiques excellemment mis en scène, beaucoup de ralentis qui ne sont jamais indigestes, qui interrogent les thèmes de filiation et d’héritage. Mais c’est aussi une construction du récit en spirale, complexe et dense, où les arcanes du pouvoir et de la finance sont liés aux milieux mafieux. Car le discours s’attache à expliquer tout le sang versé des coréens pour la modernisation du pays et son standing actuel, seul pays à avoir remboursé son aide du FMI, alors qu’il y a encore 30 ans c’était une dictature.

On peut alors aussi évoquer un certain emprunt au cinéma politique. Vous savez, quand c’est classe de filmer deux hommes ou plus en costards qui parlent dans un bureau fermé, avec ou sans alcool. D’ailleurs la fin soulignera cette ampleur… Sinon avant, ce sont quelques perles de combat rapprochés, à mains nues ou armes blanches en intérieur, sous la pluie ou dans la boue comme dans Raid 2. Ou bien, un beau règlement de compte à armes à feu comme les fins des deux premiers volets de la famille Corleone mis en scène par Francis Ford Coppola. Et pour conclure, on peut affirmer que les personnages sont très bien joués, habités, questionnant leur humanité et leurs limites pour parvenir à leur fin.

En effet, si Machiavel était sud-coréen, il serait le point de vue omniscient de ce film qui lie tous les personnages, tantôt offerts en sacrifice tantôt déifiés par la foule. Et il reconnaîtrait surtout l’envie de vivre, car c’est ce qui résonne jusque dans les dernières secondes du film.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…