Critique: Extraordinary Tales [L’Etrange Festival 2015]

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

.

Extraordinary Tales

De Raul Garcia

Avec Christopher Lee, Guillermo del Toro, Roger Corman, Julian Sands et Bela Lugosi

Luxembourg/Belgique/Espagne/Etats-Unis – 2015 – 1h10

Rating: ★★★★☆

EXTRAORDINARY TALES

Auteur fondamental de la littérature américaine, Edgar Allan Poe a développé un fantastique sensitif, reposant le plus souvent sur la confusion du réel de personnages au bord de la folie. Un monde gothique parmi les plus riches que vient illustrer Raul Garcia, (qui a contribué à la qualité de certains Disney des années 90) dans cette œuvre omnibus regroupant cinq courts-métrages pour autant de styles graphiques.

Avec pour fil rouge un Poe réincarné dans son célèbre corbeau philosophant avec la Mort sur les tombes de ses plus célèbres héroïnes, Extraordinary Tales s’ouvre par la convenue Chute de la maison Usher, dans un style numérique expressionniste très appliqué évoquant forcément Tim Burton, racontée par la voix profonde et puissante du regretté Christopher Lee. Rompant avec cet esthétisme aussi tranquille qu’efficace, Le Cœur révélateur se revendique comme un double-hommage ouvert au dessinateur de bande-dessinée argentin Alberto Breccia (dont Raul Garcia reprend le style monochrome) et à la légende gothique Bela Lugosi (dont Raul Garcia reprend un vieil enregistrement) donnant le segment le plus alternatif du film.

On reste dans le registre bande-dessinée avec le traitement très EC Comics appliqué à La Vérité sur le cas de M. Valdemar, lugubre histoire d’hypnose sur un mourant contée par Julian Sands qui rejoint l’esprit des macabres expériences de Weird Science. Guillermo del Toro donne de sa personne en assurant la narration de La Chambre des tortures dans une animation numérique des plus classiques pour ne pas noyer son climax (un condamné à mort sur le point de se faire couper en deux). Plus ambitieux est le dernier volet silencieux, sentant bon les tubes de gouache, consacré au Masque de la Mort Rouge qui vient convoquer en toute logique Roger Corman. Pas de narration mais un style délicat pour saisir la dimension apocalyptique du Moyen-page pestilentiel.

S’appropriant les textes avec une grande fidélité, Raul Garcia nous offre un somptueux voyage dans l’univers de Poe, un panorama aussi graphique que ludique qui pourrait bien pousser le profane à se plonger dans l’œuvre du maître gothique.

The Vug

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».