Critique: Crimson Peak

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Crimson Peak

De Guillermo Del Toro

Avec Tom Hiddleston, Mia Wasikowska, Jessica Chastain

Etats-Unis – 2015 – 2h00

Rating: ★★★★☆

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Se rêvant romancière fantastique à la Mary Shelley, Edith fait la rencontre d’un jeune et mystérieux lord anglais. De cette rencontre va naître un amour qui va bouleverser la vie de la jeune fille.

Ne cherchant pas à faire une ghost story mais une histoire avec des fantômes, Del Toro ne s’engage pas clairement sur la pente du film d’épouvante, bien que son film ait sa part de jumpscares et de scènes flippantes, même si elles s’avèrent parfois trop convenues, trop prévisibles . Le désire premier de Del Toro, de son propre aveu, était de faire une gothic romance, où les fantômes ne seraient qu’un élément de fond et non le centre de son histoire. Un film de costume horror empli de mélancolisme dark en somme. Une très belle idée, joliment étayée par le sens esthétique indéniable du cinéaste, sa capacité à faire vivre son décor (la maison est en soi un personnage du film) et son amour incontestable pour le gothique, latin en particulier, invoquant davantage le baroque d’un Bava que la solennité  d’une production Hammer. Toujours aussi soucieux de la beauté esthétique de ses films, Del Toro dissémine pour notre bon plaisir son bestiaire de fantômes, qui ne sont pas sans rappeler les monstres qui ont fait sa renommée, notamment sur Pan et Hellboy.

Malgré un récit dense qui ne nous laisse jamais le temps de s’ennuyer, Crimson Peak pourrait sembler souffrir néanmoins de faiblesses, notamment dans la construction du personnage de Thomas/ Tom Hiddleston. Pourtant, et c’est bien là ce qui distingue Del Toro d’un Tim Burton, le sous-texte du film explique ce choix d’écriture (difficile d’en dire plus sans spoiler, mais je m’engage à vous en dire plus dans un prochain ‘Un film en un plan”). Bien loin du conte fantastique, et à la manière de Pan, le fantastique horrifique n’est là que pour contre-balancer l’horreur de la réalité. Crimson Peak souffre cependant de la comparaison avec son ainé ibérique, ne parvenant pas à atteindre son niveau d’émotions et sa virtuosité. Néanmoins, Crimson Peak demeure un conte morbide d’une grande ingéniosité, le genre à faire pâlir Timmy Burton (on pense parfois à Sleepy Hollow, parfois à l’horrible Dark Shadows).

Porté par un trio d’acteurs ultra classe, dont une Jessica Chastain à contre-emploi prouvant une fois encore qu’elle est l’une des meilleures actrices de sa génération, Crimson Peak a l’avantage certain de prendre la tendance à contre-courant, imposant sa poésie mélancolique d’un autre temps, servant in fine un vrai conte, à l’ancienne, bien loin des codes imposés par les transpositions Disney. Si ce n’est son meilleur film, Crimson Peak recèle toute la magie de storyteller de Del Toro, sa capacité à faire vivre des monstres, qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.