Critique: Cooties [L’Étrange Festival 2015]

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Cooties

de Cary Murnion et Jonathan Milott

Avec Elijah Wood, Rainn Wilson, Leigh Whannell, Alison Pill

Etats-Unis – 2014 – 1h36

Rating: ★★☆☆☆

COOTIES

Clint (Elijah Wood), écrivaillon fraîchement revenu de New York  pour devenir prof remplaçant dans l’école de sa ville natale, se retrouve coincé dans l’école avec ses collègues, aux prises de leurs jeunes élèves frappés d’une épidémie zombifiante suite à l’ingestion de nuggets chelous.

Avec un casting fort sympa, mené par un Elijah Wood officiant comme producteur, un Leigh Whannell (co-scénar des Insidious) également au scénario, un Rainn Wilson toujours en forme et Alison Pill, la batteuse officielle de Scott Pilgrim, Cooties avait tout sur le papier pour être une bonne tranche de rigolade gore à la Troma. Pourtant, le résultat sur péloche est bien loin des facéties sanguinolentes de tonton Lloyd (Kaufman).

Comme bien souvent dans les comédies US (et c’est fort regretable) le comique s’articule autour des dialogues, parfois fort attendus (comme vanner Elijah sur sa taille de Hobbit…), souvent peu mémorables, plutôt que de jouer sur un comique de situation et une mise en scène judicieuse. Ainsi, hormis deux/trois blagounes somme toute assez éparses, le film déverse pléthores de vannes à deux cents, renforçant une caractérisation des persos ras les paquerettes, n’enfonçant au final que des clichés déjà établis depuis P.R.O.F.S  trente ans de college movies: le prof de sport est un athlète raté, le prof de bio est un savant fou raté, le geek révise à la récré, le bully est bête et méchant, etc. Ajoutons à cela la même succession de poncifs concernant le film de zomblard (moultes fois éculé depuis plus de dix ans déjà… quelle est longue cette mode…), à 2/3 différences débiles près – l’épidémie ne touche pas tout le monde (ok…pourquoi des zombies du coup?) et on a une certaine idée de ce que propose Cooties.

En résulte une tambouille qui serait assez sympa et divertissante si elle ne ressemblait pas à mille autres déjà vues et revues (n’importe quelle comédie avec des zombies…). Pourtant, sur le papier, encore une fois, il y avait de belles promesses en perspective  (rien que l’idée des gamins zombies, le truc très border moralement – souvenez-vous le malaise dans La Nuit des Morts-Vivants et l’intro de l’Armée des Morts). Malheureusement, en lieu et place du gueuleton gore en culotte courte, les scènes d’attaques sont gâchées par une shakycam des plus dégueulasses, sabrant l’action et la tension, la violence graphique comme le questionnement moral. Dommage donc, car avec un peu de corones et un bon Rated R, la joyeuse bande (les deux réals, les deux scénaristes et Elijah prod.) avait de quoi livrer un film aussi atypique que couillu, et donner par la même à un genre moribond, un regain nécessaire.

Pas aussi drôle et malin qu’il aurait pu l’être, Cooties est à voir comme une bobine popcorn pour amateur, une série B de seconde partie de soirée entre potes. Ne serait-ce pour le plaisir immense de voir Rainn Wilson cabotiner en gros beauf.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.