Studio’s Identity : Blumhouse

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 Blumhouse-Productions

 

Comme dirait l’autre  »C’est toujours un succès »… ou presque ! Jason Blum semble depuis déjà six ans posséder le syndrome de Midas : quasiment tout ce qu’il touche se change irrémédiablement en espèces sonnantes et trébuchantes ! Il est devenu en fort peu de temps à Hollywood l’un des producteurs les plus courtisés, non seulement par la nouvelle vague du cinéma d’horreur indépendant, mais également par des réalisateurs plus mainstream, en perte de vitesse et de légitimité. Paranormal Activity premier du nom eut pu être un échec cuisant, et non le point de départ d’une saga médiocre mais pour le moins lucrative, Blum lui-même n’y croyait pas vraiment, mais c’était sans compter une campagne marketing des plus brillantes pompée allègrement sur celle de Rec de Jaume Balaguero et Paco Plaza sorti un an plus tôt, et quelques noms prestigieux terrifiés par une porte qui claque, et le miracle se produisit ! Que le résultat en salle fleure bon le foutage de gueule, c’est un fait, mais il en est un second, quelle habileté à vendre un projet minuscule et pas forcément très prometteur, quel emballage ravissant pour un contenu cinématographiquement douteux qui sera pourtant hissé à un niveau qu’Oren Peli n’aurait jamais pu espérer même dans ses rêves les plus fous !

 Ainsi pourrions-nous déjà formuler la stratégie Blumhouse, sa philosophie pour employer des grands mots : peu de tune mise en jeu, des économies draconiennes réalisées à toutes les strates de fabrication, mais des propositions narratives excitantes (The Purge en est un parfait exemple et nous y venons d’ailleurs dans quelques lignes) soutenues par une promotion au cordeau :  »Low budget, High concept » somme toute ! Nous allons, dans ce dossier, tenter d’établir, si tant est que cela se révèle possible, une identité Blumhouse, mais au-delà d’une identité dirons-nous commerciale, c’est d’une identité artistique, cinématographique dont nous sommes en quête ; qu’est-ce qui, dans quelques années, restera de cette vague horrifique, et d’ailleurs, cette dernière, tiendra-t-elle sur la durée ? Certaines des œuvres sorties de ces écuries peuvent-elles rêver, prétendre à une petite place dans l’histoire officielle et sinon officieuse du cinéma ? Quand bien même, nous n’avons pas de recul, il apparaît intéressant de déjà revenir sur cette demi-douzaine d’années qui a vu une partie du paysage horrifique hollywoodien à succès bouleversée, arborer un fond et une forme bien particulière que nous essaierons de caractériser autant que faire se peut. Ce dossier sera également l’occasion de revenir un peu plus en détail sur quelques métrages remarquables, et d’autres moins, de la vague, afin de soutenir et d’illustrer notre argumentation.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il semble nécessaire de revenir quelque peu sur le fonctionnement et les méthodes de production de Blumhouse. L’idée est en fait on ne peut plus simple ! Elle consiste dans le fait de financer ou d’acheter des films de genre à petit, voire à très petit budget, soit aux alentours de 3 millions de dollars, pour les revendre à de gros distributeurs (Universal ou Lionsgate par exemple), ces derniers doivent dès lors lui reverser un bon pourcentage sur les bénéfices obtenus. Ajoutons un élément politique et artistique non négligeable : le final-cut est laissé aux réalisateurs, ce qui est suffisamment rare pour être souligné, et offre, de fait, une liberté artistique totale, dans la limite bien sûr du budget imposé. Ainsi Jason Blum peut se targuer de conférer à ses exécutants un champ d’action proche de celui expérimenté en indépendant, tout en leur faisant profiter d’une distribution très large, dont justement, ils ne bénéficieraient pas dans un cadre extra-hollywoodien.

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THE PURGE

« American Nightmare » (2013)

The Purge, ou American Nightmare est un exemple intéressant, éclairant, en cela qu’il témoigne parfaitement de l’adage  »Low budget, High concept ».

 

  • Low budget: il n’aura donc coûté que 3 millions de dollars et en rapportera 78, ceci permettant la mise en chantier d’une suite nettement plus ambitieuse, triplant le financement d’origine.
  • High concept: au cœur d’une Amérique rongée par l’ultra-violence, le gouvernement instaure la Purge. Ainsi, une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, sont légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services.

Difficile de ne pas défaillir devant un concept d’anticipation, dystopique, aussi monstrueux, a fortiori lorsqu’on est un geek ! Que le résultat soit au rendez-vous ou que cela ne soit absolument pas le cas, notre curiosité ne peut être que piquée au vif par le concept en tant que tel cela va sans dire, mais aussi et surtout sur le fantasme de ses conséquences, forcément mortels, au cœur d’un récit ! Il n’est pas ici question de se livrer à une critique en bonne et due forme, cependant écrivons quelques mots au sujet de cette Purge. Budget réduit oblige, James DeMonaco, scénariste et réalisateur de la chose, plutôt que de nous immerger au cœur d’une apocalypse socio-politique urbaine, préfère orchestrer une approche plus modeste, choisit le home invasion pour tenter de dépeindre une totale anomie.

Le résultat se révèle mi-figue, mi-raisin, nullement hors-sujet, mais il ne vise pas toujours juste, est relativement pertinent, mais loin de l’être totalement, témoigne d’un certain cynisme parfois jusqu’au-boutiste sans pour autant atteindre des sommets de cruauté au point de faire vaciller les fragiles fondations de notre civilisation suscitant de fait, chez le spectateur, une profonde réflexion morale. Du reste, The Purge s’illustre indéniablement comme une déception, c’est manifeste eu égard au concept, mais une déception finalement très attachante, pleine de défauts certes, mais certainement pas dénuée de qualités! Le récit tient la route quoiqu’il tourne parfois à l’indigestion de rebondissements, la mise en scène de DeMonaco, quand bien même elle ne transcende pas le matériau de base, est soignée et efficace, les fulgurances de violence, trop rares, sont, malgré tout, du plus bel effet, instaurent de temps à autre le climat de déliquescence et d’asphyxie sociale attendu.

"American Nightmare" (2013)

« American Nightmare » (2013)

Revenons de nouveau à des considérations plus générales. Le système B, ainsi que nous intitulions notre propos, traduit, au-delà d’un opportunisme sauvage dont, d’une certaine manière, Jason Blum ne se cache pas, un amour sincère pour le genre et ses artisans. Lorsque l’on débauche Rob Zombie en lui laissant une parfaite liberté artistique, la prise de risque est indéniable, et malheureusement, il fallait s’y attendre, l’échec commercial est cuisant… De fait, entre deux épisodes de franchise, Blum ouvre ses portes à quelques métrages autrement plus singuliers et casses-gueules, du génialement psychédélique et so métal The Lords of Salem de Rob Zombie (2012) donc, à l’excellent et tristement toujours inédit en France The Town That Dreaded Sundown  d’Alfonso Gomez-Rejon (2014), ce dernier s’illustrant certes en faux remake/à demi séquelle si on peut l’écrire ainsi, mais, il faut l’admettre, qui se révèle, dès les premières images, assez peu enclin à brosser dans le sens du poil le spectateur occasionnel de quelques productions horrifiques populaires.

Bien sûr, en engageant dans son giron des artistes bien plus iconoclastes, Blum est indéniablement un fin stratège : les bénéfices directs, matériels, sont moindres, voire strictement nuls, ceci pris en compte, force est de constater que c’est en offrant ainsi de véritables perles du fantastique, déviantes, inventives, sensiblement autres, aux amateurs purs et durs de genre, qu’il suscite chez eux, pour lui, un relatif mais suffisant respect. Cependant, nul besoin d’aller chercher pour le moment ces deux métrages plus confidentiels dans le catalogue de Blumhouse, pour se persuader d’une ouverture significative du bonhomme permettant un premier constat difficilement critiquable quant aux résultats obtenus : les titres se suivent, parfois de très près, mais ne se ressemblent définitivement pas… en tous les cas, c’est ce que nous allons pour le moment soutenir, nous nuancerons un peu plus tard le propos car, pour saisir une identité, ce qui est notre projet il est important de le rappeler, ce sont des rapprochements, et non des divergences, qu’il convient de mettre en avant. En effet, les œuvres ne se ressemblent pas mais ne ressemblent pas non plus au reste de la production fantastico-horrifiques grand public, font même corps, au point que nous pouvons aisément reconnaître la patte Blumhouse, mais sur cela, nous reviendrons dans quelques lignes.

INSIDIOUS

« Insidous » (2011)

 La saga à succès Insidious qui compte actuellement trois chapitres shootés par James Wan et écrits par Leigh Whannell pour les deux premiers opus puis, pour le troisième, fomenté intégralement par Leigh Whannell, ne sont finalement pas non plus du type à aller dans les clichés éculés : bien au contraire, c’est à la source de ces clichés qu’ils se donnent rendez-vous, tentent fort intelligemment de retrouver la substantifique moelle du cinéma d’épouvante en proposant une approche on ne peut plus baroque, au risque de se voir moquer, de flirter avec le ridicule. Hommage oui, mais jamais les films ne sombrent dans la parodie, assument leur parti pris parfois too much, mais en même temps on ne peut plus cohérents, jusqu’au-bout, au risque d’en perdre quelques-uns en route… et, à bien y regarder, ça fonctionne ! Un bestiaire freakshow style qui n’est pas sans rappeler nos pires terreurs enfantines, entame une danse macabre collé serré avec une esthétique de conte de fée qui vrille naturellement au cauchemar, photographie de l’autre-monde bigarrée fonçant tête baissée sur les rails d’un impressionnant train fantôme dérangent et aussi souvent malsain  que/parce que kitsch !

L’approche de Wan est Whannell apparaît comme un délice un poil anachronique mais de fait intemporel, car ne cherchant pas la modernité à tout prix mais l’efficacité du cinéma d’épouvante primitif. L’imagerie utilisée est extrêmement forte et est soutenue par une mise en scène au cordeau, qui évite la frime et les excès de post-modernisme agaçant, pour se concentrer avant tout sur ce qu’elle raconte, ce qu’elle veut montrer, ce qu’elle veut suggérer.  A ce titre, il est intéressant de noter que la mise en scène de Wan, élégante et classieuse (qualificatifs que nous pourrions également attribuer à celle, pourtant débutante, de son comparse Whannell) ne pose pas le jumpscare comme une fin en soi : précisons que l’on entend par jumpscare une réaction purement physiologique, un sursaut, suscité par une agression visuelle et principalement sonore, il est la  manière la plus simple de  »faire peur » à son auditoire… mais est-ce vraiment la peur que nous ressentons là ? Il est évident que non, comme nous l’écrivons, il s’agit d’une  »réaction physiologique » et non d’une émotion.

"Insidious 2" (2013)

« Insidious 2 »  (2013)

James Wan use du jumpscare, qui n’est pas un mal tant qu’il est utilisé avec parcimonie, mais il le fait intervenir au terme d’une longue séquence d’angoisse.  Parfois même, il s’autorise à laisser l’angoisse en suspension en ne lui conférant pas de conclusion tonitruante ou spectaculaire et, à l’inverse, le sursaut peut advenir n’importe quand, sans que l’on n’y soit préparé une seule seconde, le spectateur est ainsi totalement insecure, se retrouve jeté dans l’inconnu, vers un avenir incertain, l’essence de la peur somme toute. Il est évident, que chacun des chapitres de Insidious sont gorgés de petits voire de gros défauts, mais la démarche est d’une générosité, d’une humilité et d’une déférence sans faille, et difficile de nier la force de l’ensemble ainsi que sa quasi-parfaite cohérence … et, tout cela est différent, sort du cadre, apporte et réactualise un univers certes ultra-référentiel, mais qui se révèle fort original par les temps qui court, au cœur d’une logique horrifique contemporaine cynique, lisse et sans prise de risque.

Enchaînons dès lors sur un exemple double qui se trouve à mille lieux de celui qui vient d’être brièvement chroniqué et que nous nommions un peu auparavant, The Lords of Salem de Rob Zombie et The Town That Dreaded Sundown de d’Alfonso Gomez-Rejon.

Pourquoi lier ensemble deux pièces aussi différentes me direz-vous : justement parce qu’elles le sont profondément, deux morceaux de cinéma de genre assez miraculeux de par leur lieu  de naissance qui témoignent de deux puissants points de vue, de deux très fortes personnalités cinématographiques et télévisuelles. Le badass et anticonformiste Rob Zombie, auteur entre autres choses de ce chef-d’œuvre absolu qu’est The Devil’s Rejects (2005), ou encore de l’excellent remake d’Halloween de John Carpenter (2007) et de sa suite (2009), plus fragile mais d’une cruauté et d’une sauvagerie qui force le respect, ainsi que le nouveau venu Alfonso Gomez-Rejon, metteur en scène remarquable de certains épisodes de Glee mais aussi et surtout d’une autre série également produite par Brad Falchuk et Ryan Murphy (ce dernier co-produisant aussi The Town That Dreaded Sundown),  American Horror Story. 

THE LORDS OF SALEM

« The Lords of Salem » (2012)

« Avec tout ces films qui nous semblaient très effrayants durant des années, l’Exorciste ou The Shining, ils pouvaient faire leur temps. Ces films engloutissaient les gens, et c’est exactement ce que je veux pour mon film, parce que de nos jour les nouveaux films d’horreur sont si courts et bâclés, tu ne peux pas faire ça. C’est pour ça que je pense que tant de monde fut si effrayés par Paranormal Activity, car vous tombez dans le rythme du film, et ça commence à vous paraître réel »

Rob Zombie

 

Le premier, écrit par Zombie himself, navigue dans des contrés pour le moins étranges, quelque part entre Polanski et Kubrick, tous deux matant The Wicker Man de Robin Hardy en plein trip sous LSD, il en résulte une opéra psychémétallique glauque, angoissant, mais terriblement jouissif, où l’on peut entre autres folles joyeusetés découvrir une armée de cardinaux sans visage se masturbant allègrement devant le spectacle d’une Sheri Moon Zombie, en punkette toute en dread, chevauchant au ralenti un bouc empaillé au beau milieu d’un immense auditorium… et ce ne sont là que deux ou trois plans sélectionnés de manière non-exhaustive au cœur d’un acte final dantesque, de près de sept minutes, véritable déclaration d’amour baroque, rock’n’roll et punk au cinéma, enchaînant furieusement des images bizarres, malsaines, parfois drôles, mais avant tout irrémédiablement fascinantes. Au sortir de pareille séances, difficile de ne pas légitimement s’interroger sur la réception, par Blum, de l’œuvre achevée… et pourtant, eu égard à ce que nous pouvons voir, nulle coupe, nulle censure quant à l’univers aussi débridé et païen que subversif déployé par Zombie, une claque à contre-courant total, visuelle, sensorielle et viscérale, comme on en voit que trop rarement. Malheureusement sorti en DTV chez-nous, il est évident que The Lords of Salem fut un bide, ne correspond pas à la cible, et pourtant, Jason Blum, qui avait laissé carte blanche à Zombie, ne regrette pas ce choix, en est même très fier !

 

"The Town That Dreaded Sundown (2014)

« The Town That Dreaded Sundown » (2014)

Le second est un métaslasher jouant sur son statut ambigu, remake ou (fausse) séquelle, du déjà plus ou moins méta et très surestimé The Town That Dreaded Sundown de Charles B. Pierce, sorte de faux documentaire retraçant à Texarkana les meurtres perpétrés par un tueur masqué dans les années 40, le Phantom Killer. La version de 2014, décide, fort intelligemment, de s’inscrire dans cette réalité : le faux documentaire existe, il est projeté à Texarkana tous les ans à l’occasion d’Halloween en guise de mémoire, pour rendre hommage aux vraies victimes du Phantom Killer. Le tueur reprend du service, se trouve être une sorte de copycat, qui reproduit les meurtres en les mettant en scène de la même manière que dans le faux documentaire, qui est bien sûr vrai dans la réalité qui est soumise à notre suspension d’incrédulité.

Dès lors, s’articule un parfait jeu d’intertextualité, de mise en abyme, de métatextualité, tout est prétexte à autopsier le genre et à manipuler ses codes sans jamais tomber dans le travers cynique d’un quelconque Scream qui se croit plus malin que lui en faisant parler ces protagonistes comme des critiques cinématographiques, se permet de lui cracher au visage alors même qu’il n’arrive pas à la hauteur des films qu’il raille ! L’humour est présent, noir et ludique, mais ne prend jamais le pas sur le reste, ne tire certainement pas l’ensemble vers la parodie, il forme même un couple tellement évident avec les explosions de violence, les meurtres sont brutaux, les fulgurances gores fun et généreuses sans pour autant devenir systématiques, elles sont distillées où et quand il faut, sans excès, avec parcimonie. La mise en scène de Gomez-Rejon est inventive et variée, jongle habilement avec les cadres, elle jouit d’une photographie magnifique permettant un travail bluffant sur la lumière.

Mais, la réalisation, aussi brillante et maîtrisée soit-elle d’un point du vue strictement technique, ne constitue jamais une fin en soi, elle soutient le récit, le sert, de bout en bout ; ainsi, la thématique du double, incarnée par le concept même du film, se décline à tous les niveaux de lecture et trouve, dans chaque plan, un écho savamment étudié, des plus pertinents. The Town That Dreaded Sundown se révèle, en effet, plus abordable que The Lords of Salem, cependant il apparaît tout aussi complexe et peu conventionnel dans ses intentions et dans sa construction issue de ces mêmes intentions. Il est également un film de sale gosse qui n’hésite pas une seconde à verser dans le sadisme gratuit, aussi amusant que douloureux, lorsque, par exemple, une pauvre victime dont le petit-copain a été fraîchement décapité après une sauvage partie de jambes en l’air, arrive à fuir mais ne réussit pas à appuyer sur la pédale d’embrayage de sa voiture, son tibia, brisé, sorti à l’air libre après une chute, la faisant atrocement souffrir !

 

Hey, salut les potos ! Je suis Jason Blum et vous lisez Celluloïdz !

« Hey, salut les potos ! Je suis Jason Blum et vous lisez Celluloïdz ! Il est sacrément long cet article, dis donc… J’en aurai bien coupé des pans entiers si ce n’était pas aussi intéressant. » (NDLR: M. Blum n’a jamais dit ça de sa vie)

Vers une identité… ?

Pour le moment, nous venons d’explorer et finalement de témoigner du contraire de ce que nous étions censé tenter de démontrer, à savoir, une identité du système B, autrement dit de Blumhouse. Et pourtant, il semble que, malgré tout, il existe véritablement une marque de fabrique, ou, tout du moins, des constantes artistiques, thématiques qui permettent de reconnaître ces productions. Bien sûr, tout cela n’est pas vérifiable dans cent pour cent des cas, Jason Blum cherchant à varier toujours plus son champ d’activité en s’éloignant de temps à autre de l’horreur et du fantastique (l’intéressant Whiplash de Damien Chazelle ou le génialement survolté Stretch de Joe Carnahan), mais on peut opérer ces quelques recoupements et constater qu’il ne s’agit peut-être  pas que de simples coïncidences…

 

  • Des réalisateurs souvent confirmés

 Barry Levinson, Rob Zombie, James Wan, Joe Carnahan, Scott Derrickson, et bientôt M. Night Shyamalan, Greg McLean, Franck Khalfoun, Ti West, Pascal Laugier, … Jason Blum courtise et est courtisé par du beau monde, de talent pour certains, en terme de renommé pour d’autres, des vieux de la vieille dont l’horreur et le fantastique n’étaient pas jusqu’alors forcément l’apanage, mais également la nouvelle vague horrifique ayant déjà fait ses armes sur quelques projets remarqués. Voyons ici un argument principalement économique : nous disions Low budget, ce qui a inévitablement pour conséquence des temps de tournage très courts ! Un débutant risque se trouver en difficulté face à la pression, va tâtonner, chercher le meilleur choix d’axe pour tourner telle séquence, tester… Jason Blum considère qu’un réalisateur confirmé saura aller, sans difficulté, à l’essentiel, au plus efficace, et pourra même se permettre des expérimentations eu égard au temps qu’il aura gagner sur le reste. Et puis, d’un point de vue artistique, là réside la grande diversité dont nous parlions dans le premier pan de notre dossier : de fortes personnalités, des points de vue de mise en scène déjà forgés avec le temps et au fil des métrages. Il y a tout à gagner en faisant ce choix… ce qui n’empêche pas, de temps à autre, certes bien plus rarement, d’offrir leur chance à des débutants

 

  • Le found-footage

 L’origine d’un succès somme toute : 2009, Paranormal Activity, un buzz planétaire pour un micro-budget, une caméra postée dans une chambre, face au lit des protagonistes, filmant les agissements d’un démon de plus en plus agressif. Un seul et unique plan se répétant une dizaine de fois dans lequel il convient de scruter la moindre anomalie. User d’un faux document amateur est loin d’être une idée neuve. Alors même que le procédé est réellement passionnant et ouvre de multiples possibilités, on assiste régulièrement impuissants à son nivellement toujours plus par la bas par nombres de faiseurs inutiles mais malins, convaincus d’avoir tout inventé (rappelons, si il est besoin de le faire que le concept était déjà exploité de manière plus ou moins pertinente par Rugerro Deodato dans son mythique Cannibal Holocaust en 1980), voyant uniquement là une source de bénéfice colossal.

"Paranormal Activity 3" (2011)

« Paranormal Activity 3 » (2011)

L’idée est, d’une certaine façon, de confronter le spectateur à une autre réalité, celle proposée par le film, mais de court-circuiter le langage du cinéma de fiction avec la grammaire du documentaire, du témoignage, afin de créer une supposée immersion plus forte, qui sera de plus renforcée par le concept de caméra subjective qui nous place véritablement dans les yeux du protagoniste. Dès lors, une fiction nous est imposée mais, plutôt que de nous en remettre à la suspension de notre jugement, le found-footage nous offre, clé en main si l’on peut dire, les éléments conformes à notre réalité auxquels nous accrocher, un ancrage du récit et de ses étrangeté dans notre quotidien pour assurer leur possibilité. Ajoutons à cela, dans beaucoup de cas, des effets minimes, par manque de budget ou par économies drastiques, mais que nous pourrions justifier au moyen de l’inquiétante  étrangeté freudienne définie ici grossièrement : plus la différence avec le réel est discrète, plus elle suscite l’angoisse, la peur de celui qui l’expérimente…

Pour en revenir à Blumhouse, le found-footage, clin d’œil ou réelle élément permettant de créer une  »filiation » ? Quand il ne s’agit pas d’un found-footage pur et dur (Les suites de Paranormal Activity, l’excellent The Bay de Barry Levinson, le très chiant Mocking Bird de Bryan Bertino, les récents Unfriended de Levan Gabriadze et Gallows de Travis Cluff et Chris Lofing, The Visit, le futur Shyamalan), nombre de métrages travaillent sur l’argument, plus (les 8 mm ponctuant le récit et guidant l’intrigue dans l’angoissant Sinister de Scott Derrickson et sa suite par Ciaran Foy) ou moins, pour ce dernier cas nous entendons à l’échelle de simples séquences elles-mêmes plus ou moins importantes (Insidious Chapitre 1, 2 et 3 de James Wan et Leigh Whannell, Dark Skies de Scott Stewart, Jessabelle de Kevin Greutert, Lazarus Effect de David Gelb, Oculus de Mike Flanagan, The Town That Dreaded Sundown  d’Alfonso Gomez-Rejon). Il apparaît évident que tout cela n’est pas anodin et, pourquoi pas, fait parti, implicitement du cahier des charges à plus ou moindre mesure comme nous venons de le voir…

 

  • Des familles…

 La cellule familiale est un des territoires de prédilection des productions Blumhouse et, autant dire que les liens qui s’y jouent vont être mis à rude épreuve. Les Lambert dans les deux premiers Insidious dont le fils se retrouve plongé dans un profond coma ainsi que les Brenner dans le troisième en plein processus de deuil de la mère ; les Oswalt dans Sinister dont la passion macabre morbide du père, écrivain raté ayant échoué dans la rédaction putassière de faits-divers, et sa quête de célébrité va progressivement phagocyter tout ce/ceux qui l’entoure/l’entourent ; les Barett dans Dark Skies, fauchés, ils vont devoir faire face au harcèlement de créatures extraterrestres ; chaque épisode de Paranormal Activity se penchent sur une nouvelle famille,… La liste pourrait être longue….

"Sinister" (2012)

« Sinister » (2012)

De fait, tout comme le recours au found-footage, le focus se faisant quasi-systématiquement sur le microcosme familial crée immanquablement un nouveau point d’ancrage au spectateur qui cherche l’identification, identification dans une structure familiale calquée sur la sienne, identification dans un tissu relationnel faisant immédiatement écho au sien. La famille lambda est un lieu on ne peut plus pertinent pour instaurer une gêne : détruire ou pervertir ce qui s’y passe, puisqu’elle est à l’origine de la plupart des traumatismes qui pollueront notre existence, autant dire qu’elle peut donner naissance au meilleur comme au pire, est une des obsessions portées par le cinéma d’horreur depuis des lustres. Que nous soyons parent ou enfant, il y en a pour tout le monde : père montrant des signes d’abandon de ses responsabilités, d’irritabilité excessive, d’accès de violence soudaine, de sadisme (pourquoi ne pas torturer un pauvre SDF venu se réfugier chez-nous durant la Purge annuelle ?), mère au comportement anormal, frappant sa tête contre une vitre les yeux dans le vague et sujette à des pertes de mémoire inquiétantes, petites et charmantes têtes blondes errant dans les couloirs en pleine nuit et narrant ses jeux avec un ami imaginaire avant de droguer puis de massacrer ses proches à coup de hache… Tout cela est fort classique, cela va sans dire, mais se révèle toujours aussi efficace si tant est que nous amenions les choses avec plus ou moins de subtilité. Dans certains cas, on assiste à une régurgitation vraiment pas fameuse d’un archétype du cinéma fantastique de fait très mal digéré, dans d’autres, à une relecture maline d’éléments et arcs et narratifs codés et galvaudés mais renouvelés à l’aune d’une écriture soignée ou d’une mise en scène pensée en amont. Les valeurs familiales érigées en idéal fondateur et illusoire du rêve américain méritent d’être malmenées, les productions Blumhouse sont, pour la plupart, totalement inoffensives, agissent de la sorte par pure imitation de ce qui fut fait avant par leurs modèles, à l’inverse certaines glorifient même par ce biais cette vision antédiluvienne, hypocrite et culcul la praline de la famille, cependant quelques rares exceptions font cruellement mouche, touchent plus que de raison et semblent nous chuchoter : que ce soit ceux qui nous protègent ou ceux que nous protégeons, ils sont tous, un jour, susceptibles de devenir autre, de s’en prendre, poussés par une force maléfique ou par une loi illégitime, à ceux à qui ils juraient la veille un amour inconditionnel.

 

  • … confrontées au paranormal…

Continuons sur notre lancée et combinons dès lors nos idées avant d’achever notre étude sur un exemple type, et de très bonne facture, de production Blumhouse combinant tous les éléments énoncés ici. Revenons à notre famille lambda : en plus d’être un formidable nid à déviances, elle constitue le meilleur point de vue à adopter pour le spectateur. En effet, le paranormal (fantômes, démons, sorcières, extraterrestres, …) surgit au cœur du banal, du quotidien le plus commun, confronte ses victimes à l’indétermination, à l’irrationnel ! De la même manière, nous sommes plongés dans l’inconnu, vers un futur incertain, et nous nous mettons à la place de ces protagonistes qui, dans une certaine mesure, nous ressemblent. L’erreur commise par Insidious Chapitre 3 dans son dernier acte, et qui révèle au passage la nouvelle orientation pas forcément réjouissante de la saga, permet de mieux saisir de quoi il est question dans ce paragraphe : Élise, la médium, interprétée très justement pas l’excellente Lin Shaye, se mue progressivement en personnage principal de l’intrigue alors qu’elle était un second rôle passionnant dans les deux premiers opus, elle constituait l’ultime rempart contre le mal à tel point que le climax de Insidious premier du nom sonnait définitivement le glas d’une victoire glaçante du Lointain, la peur qu’elle avait su contrôler se trouvait dès lors réactualisée…

INSIDIOUS

« Insidious » (2011)

La préquelle voulant ouvrir le chemin à une série de nouveaux films prenant place avant les tragiques événements se jouant chez les Lambert et voyant Élise combattre divers démons annihile de fait toute peur de l’inconnu puisque cet inconnu est connu par la médium, par le personnage principal auquel nous sommes censés nous identifier. Ajoutons à cela qu’elle sera présente chez les Lambert donc ne peut mourir d’ici là, ce qui abîme considérablement la dramaturgie des prochains potentiels métrages… Donc le paranormal oui, mais dans la mesure où il constitue un inconnu pour ceux qui y sont confrontés au risque de ne jamais voir poindre le bout de son nez à ne serait-ce qu’un tout petit sentiment d’angoisse…

 

  • … dans leur propre maison

Le home invasion, qu’il soit d’origine paranormal ou non, est un genre des plus prisés ces dernières années. Lorsque David Moreau et Xavier Palud réalisaient le sympathique mais pas du tout transcendant Ils en 2006 (avant de partir aux États-Unis orchestrer le remake navrant du déjà pas terrible The Eye des frères Pang), en interview, ils racontaient avoir posé la question à nombre de personnes avant d’engager l’écriture de leur scénario :  »qu’est-ce qui vous ferait le plus peur ? », et la réponse le plus souvent énoncée fut la suivante,  »que l’on pénètre dans ma maison la nuit ». D’une certaine façon, le film de hantise fonctionne de la même manière et constitue tout autant une invasion domestique. Presque tous les protagonistes made in Blumhouse voit leur maison prise d’assaut par un agresseur intérieur ou venant de l’extérieur : les yuppies enragés dans The Purge, les démons et autres esprits tourmentés errant dans le Lointain dans Insidious, les extraterrestres de Dark Skies, l’imposant miroir nouvellement entreposé dans le bureau de papa dans Oculus, l’immeuble diabolique, polanskien, dans The Lords of Salem

"Paranormal Activity 3"

« Paranormal Activity 3 »

Nous vîmes plus haut que nous ne pouvons faire confiance à ceux dont nous sommes le plus proche, nous ne pouvons dès lors pas non plus nous sentir en sécurité dans notre cocon, il est hanté, abrite des objets ensorcelés déployant des forces obscures, n’est pas un bastion sûr contre les agressions venues du monde extérieur, et même à l’intérieur nous ne pouvons pas compter sur nos proches. Et nous aurions pu croire que tout cela ne pouvait arriver que dans de vieilles bâtisses, que nenni ! Plutôt que de faire surgir le fantôme d’une immense demeure victorienne (héritière de Robert Wise ou Jack Clayton) ayant en mémoire un passé tragique, d’un lieu possédant une histoire chargée, peu rassurant donc, pourquoi ne pas faire naître la peur de la modernité, de cette modernité qui nous rassure, d’une maison qui ne suscite de prime abord aucune crainte irrationnelle eu égard au fait qu’elle n’a pas d’histoire (Sinister).

En guise de pré-conclusion, il semble intéressant de se pencher sur un exemple écrirait-on typique, mais d’excellente facture, des productions Blumhouse ; une œuvre qui arbore certains des points que nous avons évoqué plus haut, pour ne pas dire tous, mais qui, en même temps, saisit à bras le corps sa totale liberté pour orchestrer un film fantastique singulier, s’inscrivant dans une lignée, celle du système B, sans pour autant sacrifier sa personnalité, un exercice étonnant à la narration labyrinthique, à la mise en scène d’une élégance rare en cohésion parfaite avec l’histoire racontée. Pour clore ce dossier, il sera question d’Oculus de Mike Flanagan.

Après avoir passé 10 ans en hôpital psychiatrique, Tim, 21 ans, retrouve la liberté. Alors qu’il souhaite tirer un trait sur la mort violente de ses parents, l’événement à la source de son internement, sa sœur, Kaylie, lui rappelle qu’ils s’étaient autrefois promis d’enquêter sur les causes de la tragédie bien plus mystérieuses qu’il n’y parait. Elle achète alors aux enchères le miroir qui aurait, selon elle, précipité leurs parents dans une démence diabolique… La nuit tombée, les deux jeunes gens se retrouvent face à l’objet dans leur maison d’enfance, le lieu du drame, lui ne croit pas ou plutôt ne veut pas croire une seconde aux élucubrations de son aînée, elle est bien décidée à confondre le véritable meurtrier de ses parents.

oculus

« Oculus » (2013)

Mike Flanagan est un réalisateur peu connu dont il s’agit ici du second film après un très curieux, fauché, mais fascinant et mine de rien remarqué Absentia sorti en 2011, ce dernier contenant indubitablement les germes formels et thématiques d’Oculus. Du found-footage, il y en a, Kaylie filmant en continu le miroir qu’elle accuse de maléfice afin d’en saisir la moindre activité suspecte ! De fait, comme nous l’énoncions dans le court synopsis ci-dessus, le récit s’ancre en plein cœur de la cellule familiale qui va être très violemment malmenée, le film croisant deux timelines différentes, soit les quelques jours dans le passé précédant le massacre et son lot de phénomènes mystérieux de moins en moins discrets semblant émaner du miroir installé dans le bureau du père, et la nuit cauchemardesque que vont vivre Tim et Kaylie adultes face à leur bourreau. Des phénomènes paranormaux donc, inutile de le préciser de nouveau, un miroir dévorant les animaux et tuant les plantes se situant aux alentours, des esprits démoniaques possédant les propriétaires… et tout cela dans les couloirs vides de la maison d’enfance des protagonistes. Le reste est laissé à l’appréciation du metteur en scène excellent qu’est Flanagan.

La maîtrise du récit double est proprement impressionnante, alternant dans un premier temps narration principale et flashbacks, les deux réalités vont peu à peu s’accorder, se mélanger, se fondre l’une dans l’autre jusqu’à former un véritable labyrinthe mentale dont la maison et son espace modulable constitue l’écho, l’expression visuelle. Mais tout cela est encore trop simple, c’était sans compter le jeu des points de vue, qui constituait l’obsession et la force d’Absentia, point de vue de Tim enfants, point de vue de Kaylie enfant, point de vue de Tim sur les événements de son enfance, point de vue de Kaylie sur les événements de son enfance, et, bientôt, vient s’immiscer le point de vue du miroir, parce que oui, Oculus est une partition à trois voix, trois regards, trois protagonistes, Tim, Kaylie et le miroir. En cela, l’ensemble se révèle une construction extrêmement complexe mais jamais brouillonne, un puzzle dont il convient, à chaque vision, de tenter de remettre les pièces en place. L’horreur est à ce titre purement psychologique, naît de cette notion de point de vue dont l’examen par la raison ouvre très vite sur un gouffre abyssale. Au même titre que les deux héros, nous ne sommes plus vraiment sûr de ce à quoi nous assistons…

"Insidious" (2011)

« Insidious » (2011)

 

Du système B nous pouvons donc tirer, non de manière absolument nécessaire, un certain nombre de caractéristiques simples mais suffisantes permettant de dégager une forme d’identité, de marque de fabrique. Il est évident que tout cela n’est nullement une science exacte et donc a ses limites cependant, la réflexion semble ouvrir des pistes intéressantes quant à l’évolution du cinéma fantastique et horrifique hollywoodien tel qu’il se présente majoritairement aujourd’hui. Bien sûr Blumhouse n’est pas la seule boîte de production misant actuellement sur le cinéma de genre, Ghost House Pictures dirigée par Sam Raimi (les remakes de The Grudge par Takashi Shimizu et de Evil Dead par Fede Alvarez ou encore Poltergeist par Gil Kenan, Possession de Ole Bornedal, …) ou Platinum Dunes par Micheal Bay (entre autres choses le remake de Massacre à la tronçonneuse et le reboot de Vendredi 13 par Marcus Nispel) naviguent parallèlement dans les mêmes eaux sans que finalement, curieusement, ils ne se marchent jamais sur les pieds, ne se tirent plus que de raison dans les pattes… Encore une fois, il y a justement une patte Blumhouse, comme on sent une patte Ghost House ou une patte Platinum Dunes, et, dans tous les cas, il y a du très bons et du très mauvais à se mettre sous la dent, là-dessus pas de jaloux, chacun en prend pour son grade ! Que restera-t-il dans quelques bonnes années du très prolifique Jason Blum ? Des parties pris visant à instaurer une marque, osons dire une lignée artistique, quelques vraies prises de risques salvatrices, peut-être inconscientes, mais parfois géniales, de très bons voir d’excellents métrages fantastiques dont la seule prétention est de fournir un divertissement populaire de qualité fomentée par de bons artisans passionnés du genre, mais également de belles arnaques bouseuses, opportunistes, inoffensives que le cinéma ne retiendra certainement pas si ce n’est pour leur rentabilité historique !

 

Naughty Bear

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About Naughty Bear

Esprit vengeur adepte donc de la loi du Talion enfermé dans une peluche : œil pour œil, dent pour dent de préférence marteau au poing (quand il n’a pas les mains occupées à manipuler des cartes à jouer)… tout cela en version nounours bien sûr ! Aimant humblement à philosopher sur toutes formes de monstruosités y compris la sienne »Je sais que je suis une bête, cependant j’ai le droit de vivre non ? »… tout cela en version nounours bien sûr ! Un scanner récemment effectué a pu révéler qu’il possédait en guise de rembourrage des pellicules plein la tête (hardcores si possible), l’écriture s’avère dès lors le seul et unique moyen de les exorciser. Avez-vous déjà vu un nounours armé d’une machette se confectionnant un masque avec le cuir ou plutôt le tissu de ses victimes ? Maintenant, oui.