Critique: Sinister 2

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Sinister 2

de Cirian Foy

avec James Ransone, Shannyn Sossamon, Robert Daniel Sloan, Dartanian Sloan, Nicholas King

Etats-Unis – 2015 – 1h38

Rating: ★★☆☆☆

Critique Sinster 2 Celluloidz

Autre franchise phare du label Blumhouse avec Paranormal Activity et Insidious, Sinister se devait, face à son succès inattendu, d’avoir également sa suite. Pris sur d’autres projets, Scott Derrickson se contente de chapeauter le projet de loin, en cosignant tout de même le scénario. Pour la réalisation, Blum étant passé maître dans l’art de récupérer pour son écurie, les poulains les plus prometteurs du marché, elle a été naturellement confiée à Cirian Foy, qui avait fait parler de lui en remportant prix et acclamations critiques pour son Citadel.

Foy est sacrément doué pour jouer sur les cadrages, ou plutôt les décadrages, et malgré un cahier des charges sacrément minutieux (franchise + Blumhouse oblige), il parvient néanmoins à insuffler par moment sa patte. Mais voilà, le cahier des charges suscité étant massif, et le bougre Derrickson ayant ancré dans son scenario même des poncifs typiques de son style, le jeune réalisateur se voit vite rencarder au statut de tâcheron. Et c’est bien dommage, Citadel étant la preuve qu’il sait aussi bien manier la plume que l’objectif…

On en vient donc au coeur du problème: tout ce qui faisait sortir Sinister du lot, tout ce qui faisait son essence, se trouve ici amoindri. Les films super 8 (l’idée de génie du premier opus) sont bien moins inventifs (ou trop, on ne saurait dire) et moins crédibles que dans le précédent, la bande originale , autrefois portée par un titre de Sunn O))), n’est plus aussi pesante et sombre, l’univers plus aussi oppressant.

Néanmoins, ce second opus pallie également les défauts du premier volet, avec une mise en place de l’intrigue plus rapide et un rythme mieux soutenu. A la manière d’un Insidious 2 ou d’un The Purge 2, cette suite ne dérobe pas à l’idée répandue depuis quelques temps chez Blumhouse: la suite doit enchaîner sur le twist du précédent et profiter de ne pas avoir à reposer les bases d’une intrigue connue du spectateur. Le parti pris de Sinister 2 est donc d’expliciter ce qui n’était révélé que dans le twist du premier, de donner une réponse aux questions restées en suspens. Et là, ça passe ou ça casse: soit vous adhérez totalement au concept et êtes ravis de découvrir les mystères de la méthode Bughuul, soit cela vous casse complètement le délire. Perso, je suis vraiment le cul entre les deux, à la fois agréablement étonnée par le parti pris, mais regrettant certaines explicitations (les fameux poncifs de Derrickson sus-cités).

Il y a donc de belles idées dans ce Sinister 2, bien mieux rythmé et fourni que son prédécesseur. Il y a même un réalisateur très doué, malheureusement bridé dans un carcan déjà rodé. Les défauts de l’un ne sont plus ceux de l’autre, le parti pris de l’un s’opposant nettement à celui du précédent. Reste un bon film popcorn, à l’image des prods signées Blumhouse, de plus en plus calibrées, mais gardant une certaine facture.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.