Chips-Movie: La Maison des Damnés

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The Legend of Hell House

De John Hough

Avec  Pamela Franklin , Roddy McDowall, Clive Revill, Gayle Hunnicut et Roland Culver

UK – 1973 – 1h35mn

Rating: ★★★★★

Maison des damnés

Le milliardaire Rudolph Deutsch est obsédé par la question de la vie après la mort (peut-être parce qu’il est lui-même à la frontière des deux) aussi il met sur pied une équipe de para- psychologues confirmés pour investir la demeure située dans le Maine  du tristement célèbre  Emeric Belasco. Le groupe est constitué du Dr Lionel Barrett, un physicien, accompagné de sa charmante épouse délaissée Ann, et de deux médiums : Florence Tanner, jeune enfant prodige dans son domaine, et Benjamin Fischer, le seul survivant de l’expédition menée trente ans plus tôt dans la même maison pour essayer de trouver une cause à la paranormal activity qui lui vaut son statut légendaire.

Le film de John Hough est considéré comme une référence absolue dans le domaine des « films de maison hantée », ex-aequo pour beaucoup avec le film de Robert Wise  La Maison du Diable / The Haunting , à savoir un exemple absolu de « l’horreur cérébrale » à son meilleur – non pas qu’il n’y aie pas un peu de sang par-ci par-là mais ce n’est vraiment pas sur ce point que réside son intérêt. Le métrage trouve en effet un équilibre parfait entre l’horreur frontale et l’horreur suggérée : vous aurez droit à la panoplie complète des effets spéciaux attachés au genre (meubles qui bougent, vaisselle qui vole, cheminée qui crache du feu, formation d’ectoplasmes ..et même un chat possédé particulièrement teigneux) avec en prime un incroyable suspens psychologique magnifiquement conduit ; The Legend of the Hell House est LE film que tout fan de fantastique a toujours rêvé de voir – si ce n’est qu’il ne le sait pas encore.

Mais avant d’être un délice intellectuel, le métrage est avant tout un plaisir pour les sens que l’on doit au directeur de la photographie Alan Hume qui déploie des trésors en matière d’éclairages et de composition, sachant tirer parti admirablement des éléments aussi bien classiques que baroques du décorum, et qui fait preuve également d’une audace tellement merveilleuse en ce qui concerne les prises de vues que l’on se croirait presque dans une production Amicus (la société de production rivale de la Hammer). Ensuite l’intrigue est portée par un casting impeccable, notamment Pamela Franklin, sublime dans sa prestation de médium femme-enfant-femme, qui assume presque la moitié du film sur ses frêles épaules avant de passer la main à Roddy McDowall (célèbre surtout pour sa  participation à tous les épisodes de la franchise originale de La Planète des Singes), plutôt discret au début, mais qui finalement se révélera le seul à-même de percer le mystère de la maison Belasco dans un final cataclysmique. Clive Revill prête à l’ensemble son scepticisme revêche et mal embouché, quand à Gayle Hunnicut -bien trop sensuelle pour rester longtemps les cheveux attachés- elle délivrera elle aussi une assez belle prestation.

Et avec ceci en guise de conclusion, le bruit des sabots de mon fidèle destrier galopant dans la nuit et le vent parce que vraiment c’est vous qui voyez, on pourra pas dire que j’aurais pas essayé, c’est comme Néo avec ses deux pilules : The Legend of the Hell House, ce n’est ni plus ni moins que l’occasion de remonter aux sources-mêmes du genre, et qui plus est par la grande porte, car il se trouve que pour couronner le tout nous devons le script du film au grand Richard Matheson, qui adapte ici son propre roman intitulé lui, plus sobrement, Hell House ; et c’est sans doute là qu’il faut chercher les raisons de l’extraordinaire tension qui parcoure l’ensemble du récit. L’une des grandes forces de l’intrigue, c’est de bien prendre le temps de donner à la maison Belasco sa propre mythologie, et du même coup sa propre aura : les orgies à la limite de l’abject  ayant pris place au siècle avant-dernier, ainsi que le massacre des membres  de la première expédition, qui deviendront tous deux par la suite des éléments à part entière du déroulement – et pour lesquels le réalisateur a le bon goût de ne pas recourir aux flashbacks, se reposant uniquement sur la force d’évocation de ses interprètes.

Ainsi la charge sexuelle imprégnant les lieux viendra directement affecter les deux personnages féminins, essayant soit de les dominer, soit de les pervertir ..   – et encore, il paraît que le film est foncièrement édulcoré par rapport au matériau original (!), ceci étant un peu dommage par contre pour quelques points , notamment le personnage du physicien Lionel Barrett, dont la sécheresse caractérielle viendrait d’une condition physique fragile depuis l’enfance, est un paramètre qui n’est absolument pas explicité ici – quand aux autres éléments concernant la précédente expédition, ils trouveront également leur résolution (mais justifieraient surtout à eux-seuls la mise en chantier sur le champ d’une préquelle) et constituent du même coup la deuxième audace du film : déployer sa trame fantastique jusqu’à la lisière de la science-fiction. La métaphore pourra sembler abrupte, pourtant elle tombe sous le sens : rien d’étonnant à ce qu’un aristocrate fortuné aie choisi d’allier son penchant pour l’occultisme aux nouvelles technologies dans le seul but de perdurer – ça, j’ai presque envie de dire, ça se vérifie tous les jours..

Mais bon, je m’esquive et vraiment vraiment je n’insiste pas…

                                                                                                      

Nonobstant2000

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