Chips-Movie: Futur Immédiat Los Angeles 1991

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

Alien Nation

de Graham Baker

avec : James Caan, Mandy Patinkin, Terence Stamp, Leslie Bevis, Kevin Major Howard, Brian Thompson

USA – 1988 – 1h31mn

Rating: ★★★☆☆
ALIEN NATION

En 1988, un vaisseau spatial contenant 30 000 extra-terrestres s’échoue aux USA dans le désert Mojave. Issus d’une caste d’esclaves génétiquement modifiés et dotés d’une capacité d’adaptation hors-normes, ils sont également capables d’accomplir des tâches qui seraient impossibles ou fatales à nous autres Terriens. Trois ans plus tard cette population de  Newcomers sont (relativement) intégrés dans toutes les strates de la société américaine, non sans bien sûr susciter quelques tensions. Alors qu’il essaie d’empêcher le braquage d’une épicerie, le détective Matt Sykes voit son partenaire abattu sous ses yeux par des aliens, qu’il ne portait déjà pas spécialement dans son coeur. Quelques temps plus tard, le tout premier inspecteur Newcomer fait son apparition dans les bureaux de sa brigade et contre toute-attente Sykes se porte volontaire pour opérer avec lui, avec l’idée d’utiliser ce dernier pour retrouver les assassins de son ancien coéquipier.

N’en doutez pas nous avons bien affaire ici à un buddie-movie, tout à fait sympathique au demeurant, où les deux protagonistes vont devoir surmonter leurs différences afin de pouvoir œuvrer vers une cause commune, au sein d’une intrigue qui finalement n’est pas sans rappeler celle d’Outland. Les extra-terrestres sont représentés ici de façon à se rapprocher au plus près des issues sociales qu’ils sont censés se représenter : ils ont leurs propres clubs, leur propre réseau de criminalité tandis que ceux qui font de leur mieux pour s’intégrer seront toujours considérés au mieux comme des animaux domestiques, mais cela n’en définit que mieux notre sacro-sainte humanité si imparfaite et si heureuse de l’être. Même si le chapitrage du récit se laisse voir arriver d’un peu loin, se dégagent tout de même de belles petites qualités d’écriture ici et là, y compris jusque dans la fatidique scène où les deux collègues vont se prendre leur première biture ensemble,  premier pas (claudiquant, certes) vers une amitié naissante, et tandis que le policier humain essaie de faire comprendre à l’extra-terrestre une blague comprenant un stylo, un thermomètre et un anus, ce dernier tente lui, de lui faire entendre à quel point le monde dans lequel il vit est merveilleux, du point de vue de quelqu’un n’ayant  été conçu pour n’être qu’un esclave et rien d’autre. Comme disait Jean-Paul Sartre : « L’amitié elle-même est affaire de politique ».

 

Sans avoir été un succès monstrueux à sa sortie, le film est devenu relativement culte, suffisamment pour générer une série tv d’abord, puis cinq téléfilms, et enfin une flopée de comic-books et de romans tous plus alléchants les uns que les autres en terme d’intrigue, étoffant conséquemment les thématiques évoquées plus haut, en s’appuyant notamment sur l’ouvrage-référence de John Howard Griffin, Black Like Me , un reporter américain des années 60 qui, à l’aide d’un procédé chimique altérant sa pigmentation, s’était immergé pendant six semaines dans les communautés noires d’ états pratiquant encore la ségrégation afin de pouvoir rendre compte de leurs conditions de vie – si l’on peut encore se procurer le roman où Griffin relate son expérience, l’adaptation en film datant de 1964 par contre n’a jamais été éditée en dvd.

Cette référence, pas des moindres, méritait je crois d’être signalée et pourrait même s’avérer un angle intéressant pour le remake annoncé l’année dernière : un flic Newcomer infiltré dans la mafia de sa propre communauté, ou peut-être même carrément un flic terrien déguisé pourquoi pas, à mi-chemin entre Avatar et District 9, sait-on jamais, plutôt que  se retrouver avec un truc à la Men in Black. Ne tirons pas de plans sur la comète, si le remake arrive à restituer le très bel équilibre à l’image entre polar urbain et s.f de l’original, ce sera déjà pas mal.

Nonobstant2000

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