Critique: Dragon Inn

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Long men kezhan

De King Hu

Avec Ling-Fen Shang Kuan, Shih Chun, Ying Bai

Chine, Taïwan – 1967 – 1h46

Rating: ★★★★★

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Dans l’empire de Chine, suite à un coup d’Etat des eunuques, caste spéciale et traditionnelle, un général condamné à mort a l’assurance que ses enfants seront juste contraints à l’exil… Mais ce n’est pas le cas, le puissant eunuque Cao Shaoqin souhaite les exécuter. Il prépare alors un plan d’assassinat à l’Auberge du dragon, située au milieu du désert et passage obligatoire pour les enfants en exil car près de la frontière…

Le Wu Xia Pian est à ses débuts, de même que l’industrie cinématographique hong-kongaise, en lien avec Taïwan. King Hu en est le premier maître du genre évoqué plus-haut, d’abord avec L’hirondelle d’or, suivi du film critiqué aujourd’hui, Dragon Inn, puis de Touch of zen. On n’est pas encore au ballet chorégraphié grâce à Yuen Woo-Ping (depuis 30 ans, les combats d’arts martiaux au cinéma dans le monde entier, c’est lui qui les créé), mais des prémices sont très intéressants. D’une part par une mise en scène s’appuyant sur les corps en mouvement, soulignant la vitesse et la légèreté voire la lévitation. D’autre part, la mise en scène en appelle aussi aux figures du déséquilibre, voire du vertige, par des effets de surimpressions, de plongée et contre-plongée ou de zooms rappelant le western hollywoodien. Car ce style bien américain, est une source d’influence du cinéma d’Hong-Kong (d’ailleurs le logo Shaw Brothers est un copié-collé de Warners Bros). Cela peut se remarquer par la dramaturgie de la nature  – les motifs de sable, de montagnes, de roche, de pierre ou de rivière – mais aussi par les poses des personnages notamment dans les phases d’agonie. Ajoutons aussi la volonté de diluer des formes géométriques comme le cercle ou le rectangle lors de combat, quoique d’un duel au western est soit une ligne droite soit un triangle (Le bon, la brute et le truand).

Mais des particularités, propre au genre, sont déjà à noter. En premier, c’est le travail de l’espace. En effet, l’Auberge du dragon, huis-clos architectural (un rez-de-chaussée et un étage), permet à la fois de travailler des niveaux de hauteur (un des leitmotivs du classique Tigre et Dragon) et un comique de situation (le style Jackie Chan), une tentative nocturne d’assassinat en est le plus bel exemple, en plus du jeu du vin empoisonné lors des différents repas à l’auberge, il est installé une proximité entre les deux camps adverses, on se défie mais on se sourit aussi. En second lieu, notons la dramaturgie du jour, de la nuit et du climat qui sont propices aux déchaînements transformant l’auberge en fort à défendre aux différents niveaux (fenêtres, escaliers entrée) , avant la dernière partie du film se jouant sous une force solaire et finissant au coucher dans la nature la plus sauvage…

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Par la suite, Tsui Hark fera deux remakes, L’auberge du dragon en 1992 puis Dragon gate, la légende des sabres volants en 3D ou IMAX. Le premier est fidèle à l’original (humour et jeu d’espaces), le second est plus actionner avec un scénario maladroit mais signifiant le retour du maître Hong-Kong après une deuxième moitié des années 2000 moyennes (les déceptions Seven swords et Triangle). On pourrait aussi évoquer l’influence que King Hu a eu sur Quentin Tarantino, mais cela ne suffirait pas à démontrer l’importance des films de ce réalisateur, arrivant avant Bruce Lee et Liu Chia-Lang (la trilogie Shaolin). Le début d’un âge d’or, le premier âge d’or du Wu Xia Pian

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…