Un film en un plan: Fellini Roma

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Il m’est peut-être arrivé (une fois ou deux) de digresser au détour d’un paragraphe comme quoi tout n’était peut-être pas mieux avant, mais la démocratisation du cinéma sur les chaînes publiques, ça oui, définitivement. L’heure n’est pas à la nostalgie déplacée, et pourtant il est difficile d’expliquer à quel point l’opportunité pour un jeune enfant de pouvoir accéder à l’éventail du cinéma produit à son époque, peut compter pour le développement de celui-ci. Au travers des films de Fellini, Pasolini, Lumet, Kubrick, Russell, Leone, .. semaines après semaines c’était un peu comme de nouvelles clés qu’on lui donnait pour un peu mieux appréhender le monde : la télé-réalité n’existait pas, les jeux d’argent un peu mais pas plus que ça, et il y avait encore de la place pour autre chose que les blockbusters ou les comédies. On peut même dire que les chaînes rivalisaient de pertinence dans les programmations de leurs cinémas de minuit respectifs, et ces chefs d’oeuvre n’avaient rien d’ennuyeux ou de poussiéreux car ils étaient au contraire cette modernité si difficile d’accès si vous habitiez une petite ville..

Aujourd’hui si l’on veut voir un film de Cinémathèque, il faut principalement passer par Arte et il faut vraiment le vouloir. Pour avoir été moi-même vendeur de DVD dans une grande surface que je ne citerais pas (mais qui commence par un F et finit par un C) il m’est arrivé d’appréhender par moi-même le fossé des générations (mais oui mais oui) entre les grands-parents en train de hurler où se trouvent Les contes de Canterbury à genoux dans les rayons, et l’embarras de l’ado les accompagnant, qui aura tôt fait de retourner à son smart-phone. Point de jugement ici, ce que l’on a pas connu, cela ne peut pas nous manquer. Et c’est ça qui effrayant, en quoi la découverte d’un nouveau film était presque un cadeau de Noël pour une génération, et quasiment une corvée pour une autre, car c’est la compréhension-même d’un langage qui disparaît peu à peu de cette façon, et avec lui, tout un pan de l’esprit critique. Se puisse-t-il en effet qu’à l’aube de son éveil, la petite tête blonde soit gratifiée d’images qui en disent plus long sur l’état du monde que n’importe quelle commémoration, n’importe quel discours, n’importe quelle pirouette électorale ? Je ne sais pas, et vous laisse seuls juges en compagnie de ce petit extrait …

 

FELLINI ROMA

 

 

 

                                                                                                                               Nonobstant2000

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