Critique: The Town That Dreaded Sundown (2014)

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The Town That Dreaded Sundown

De Alfonso Gomez-Rejon

Avec Addison Timlin, Gary Cole, Edward Herrmann, Anthony Anderson

États-Unis – 2014 – 1h30

Rating: ★★★★☆

TownthatDreadedSundownRemakeFeat

Plus de soixante ans après avoir été le théâtre d’une série de meurtres sanglants non-résolue, Texarkana, une petite ville séparée par la frontière entre le Texas et l’Arkansas, se retrouve encore plongée dans l’horreur lorsqu’un homme imite les anciens crimes du Phatom Killer. Témoin du meurtre de son copain et intriguée par le mystérieux passé de la ville, Jami enquête pendant que le nouveau tueur fou poursuit son hommage sordide au fait divers datant de 1946.

Intertextualité, mise en abyme, métatextualité, que de termes pédants et ronflants que je pourrais disséminer dans cette critique histoire de vous donner l’illusion, chers lecteurs, qu’un diplôme littéraire orne ma cheminée. Juste au dessus d’une tête de cerf, trophée souvenir d’une chasse légendaire en famille. Pour être franc, je n’ai ni diplôme, ni cheminée, ni tête de cerf et ni famille. Mais trêve de quolibet, ou plutôt : Arrêtons les conneries et fions inutiles. Car de mise en abyme il en sera question dans ce film hybride, voguant entre fausse suite et remake.

Alfonso Gomez-Rejon réalise ici son premier effort (même si son CV est loin d’être vierge, réal de seconde équipe sur Babel ou Argo entre autres), sous la houlette de Blumhouse Productions. Entre deux licences juteuses comme Paranormal Activity, la société de Jason Blum finance des projets aussi intéressants que singuliers tels que The Lords of Salem ou encore le film dont nous allons causer tout de suite.

The Town That Dreaded Sundown est un slasher atypique. Un premier film du même nom est sorti en 1976, réalisé par Charles B. Pierce, sorte de faux documentaire retraçant à Texarkana les meurtres d’un tueur fou des années 40, le Phantom Killer. La version de 2014 s’inscrit dans cette réalité, le faux documentaire existe, il est même projeté à tous les halloween dans la ville, pour rendre hommage aux vraies victimes du Phantom Killer (c’est bon, vous suivez toujours ?). Dans cette suite, le tueur est une espèce de copycat, qui réitère les meurtres en les mettant en scène de la même manière que le faux documentaire.

La force de cette suite tient dans sa liberté de ton absolument croustillante. Un savant mélange d’effroi et d’humour s’installe lors des scènes horrifiques, le tout tenue par une mise en scène inventive aux partis pris tranchés et parfois couillus. Le métrage arrive tout de même à éviter la gaudriole dans son rapport avec l’humour, par exemple les flics sont présentés comme des bouffons mais exercent quand même très bien leur boulot, exit les blagues à deux balles où le shérif gavé de donuts fait tomber son flingue au mauvais moment. Le personnage principal, Jami, essaiera d’enquêter sur les meurtres originels pour avoir des coups d’avances sur le tueur. On sent que l’enquête à base de coupures de journaux n’intéresse pas énormément le scénarise et le réalisateur, et pour preuve elle ne prend qu’une toute petite place parmi les quatre-vingt-dix minutes (générique inclus) du film. Préférant laisser plus de place aux personnages et situations cocasses, rarement un film du genre réussira à vous faire sourire et serrer les dents dans un même plan, comme par exemple lorsqu’un personnage arrive à fuir et atteindre sa voiture, mais n’arrive pas à s’échapper car sa fracture ouverte du tibia lui empêche d’appuyer sur les pédales sans hurler de douleur.

Alfonso Gomez-Rejon joue beaucoup avec les cadres et ses éclairages, jonglant entre plan séquence et montage cut, variant ses angles jusqu’à nous en donner le tournis, le réalisateur s’amuse sans s’imposer de limite. Le revers de la médaille est que parfois, on se demande vraiment où il veut en venir ; c’est le défaut récurrent des premiers films où le metteur en scène veut trop en faire. Ceci étant dit, la version 2014 de The Town That Dreaded Sundown, disponible en VOD et très prochainement en DTV aux US, est plus que recommandable. Une petite bouffée d’air frais dans l’univers du slasher et autres home-invasions insipides à base de tueur avec des masques en toile de jute sur la tronche. Déviant et originale, dans le fond comme dans la forme, cette série b mérite le coup d’œil !

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Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !