Critique : Microbe et Gasoil

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Microbe et Gasoil

De Michel Gondry

Avec Théophile Baquet, Ange Dargent et Audrey Tautou

France – 2015 – 1h43

Rating: ★★★☆☆

 

MICROBE ET GASOIL

Microbe et Gasoil sont deux ados différents des autres et dont ils sont la risée. Armés d’un moteur et de quelques matériaux, ils construisent une voiture-maison et partent sur les routes de France.

Après un blockbuster faisandé et une nouvelle adaptation de l’Ecume des jours d’une noirceur effrayante, Michel Gondry adapte de son propre aveu  un épisode de son enfance. Plus précisément à travers le personnage de Microbe, celui qui dessine son frère punk et des filles nues qu’il cache sous son lit, et dont les questions existentielles le mettent à part. Gasoil représentant l’assurance et la liberté qu’il n’a pas (sa mère dépressive l’aime beaucoup trop), le récit est donc la représentation de deux facettes du réalisateur, ce qu’il était et ce qu’il aurait voulu être.

Mais ce qui ressemble à un voyage initiatique n’est au final qu’une tranche de vie pleine d’amertume, où l’on n’apprend pas vraiment à mieux s’aimer. Le but du périple de Microbe et Gasoil ne donnera rien, et le retour à la réalité est plus difficile encore que le départ, laissant un profond sentiment de mélancolie où le merveilleux made in Gondry semble définitivement perdu. Chose assez étonnante, étant donné que la première partie est assez légère, proche d’une chronique adolescente comme le formidable Les Zozos de Pascal Thomas.

Mais au-delà de ce choix du à la sensibilité de son réalisateur, le problème réside dans le fait que la plupart des aventures vécues par nos deux héros ne mènent à rien et n’apportent rien à l’histoire. Les raccourcis scénaristiques pour recoller au récit sont certes décalés, comme tout l’univers de Gondry, mais tellement gros qu’on a du mal à passer outre (l’épisode du ballon de rugby, sérieusement?).

On aurait aimé retrouver le romantisme exacerbé de Eternal Sunshine ou la folie de La Science des rêves, puis ce que c’est là où le Français s’exprime le mieux. Ici, il semble un peu perdu entre un premier degré qui fout le cafard, et un second degré placé la par habitude. C’est sûrement le lot des gens différents, ceux qui ont du mal à faire la part des choses émotionnellement. Gondry est de ceux-là, c’est évident.

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.