Critique: Love

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Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

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Love

De Gaspar Noé

Avec Aomi Muyock, Klara Kristin et Juan Saavedra

France/Belgique – 2015 – 2h10

Rating: ★★★★★

LOVE

Murphy, un américain à Paris, est réveillé un premier janvier par la mère d’Electra, une fille qu’il n’a pas vue depuis deux ans. Electra a disparu depuis deux mois, et sa mère craint qu’elle ne se soit suicidée. Le temps d’une journée, Murphy se souvient des moments qu’il a passés avec elle, de leur relation, des choix et des conséquences qui l’ont amené à vivre entre sa copine et son gosse qu’il n’a pas choisi.

Passons rapidement sur la polémique de Love (Pas une première pour un film de Noé…) et l’interdiction aux moins de 18 ans que le métrage a failli se coller. Love est effectivement un porno, avec son lot de bites, branlettes, pipes, pénétrations et éjac en 3D dans la gueule du spectateur. Hors, il serait criminel de réduire le film à son argument marketing, au fait que Gaspar Noé a toujours eu l’image d’un mec qui veut choquer et coller des baffes au public.

Irréversible déjà, contredisait cela dans ses dernières minutes, ou l’histoire d’un pauvre type qui perd la femme de sa vie et pense avoir tué son violeur et meurtrier. Enter the Void en était le prolongement et Love en est l’aboutissement.

Je me suis retrouvé à 3h du matin dans une boite de nuit sinistre avec mon ex-copine, et un mec nous a dit : « Baiser, c’est ça l’amour. Faut baiser, tout le temps, le plus possible ». Il avait raison le bougre. Chez Noé et sous la 3D, le sexe est un langage, de juxtaposition des corps, de mesure et de distance. Ces dernières sont utilisées tout au long du film au gré des disputes et des retrouvailles entre Murphy et Electra, des moments de bonheur et du chaos. Il n’est donc pas étonnant que plusieurs morceaux de la musique viennent de Koudlam, artiste électro fou qui capte la folie de manière assez unique. On trouve également le thème principal d’Assaut sur le Central 13 dans une scène proprement démente se situant dans un club échangiste. Un choix inattendu mais finalement judicieux.

L’amour a toujours été destructeur chez le réalisateur, et il était donc logique de le voir parler d’une véritable histoire d’amour, en long en large et en travers. Évidemment, ce ne sera pas celle ou on est heureux, mais celle où on se hait autant qu’on s’aime, où on se came, se détruit, se trompe. Murphy, prisonnier d’une vie merdique, ne saura probablement jamais où est Electra et ne le reverra jamais. Irréversible disait que « Le temps détruit tout », mais pour Love, ce serait plutôt « L’amour détruit tout ». Et en soit, même si Noé clame que son dernier film est le plus fleur bleue de sa filmo, c’est en fait sûrement le plus terrible. Parce qu’il sonde comme personne le vide existentiel d’un amour perdu à tout jamais.

Love est un putain de chef-d’œuvre, une fessée monumentale sur la fesse droite de Fleur Pellerin. Quand on pense que le porno est accessible à tout le monde mais que ça couine dès qu’on voit une bite au Cinoche, on se dit qu’on est quand même mal barré ! Enfin peu importe, allez voir Love, c’est beau comme un vagin épilé !

 

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.