Critique: Gunman

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The Gunman

De Pierre Morel

Avec Sean Penn, Javier Bardem et Idris Elba

États-Unis/ France/ Espagne/Royaume-Uni – 2015 – 1h45

Rating: ★★☆☆☆

 

GUNMAN

Après Liam Neeson, Kevin Costner et Pierce Brosnan, voilà que Sean Penn s’amuse à son tour en endossant le rôle d’un quinquagénaire invincible. Et ma foi, le bougre a quand même une sacré carrure, ses muscles saillants et bien taillées vont faire danser les jeunes grands-mères. Sean Penn s’en sort bien, il est crédible à défaut de briller devant la caméra folle de Pierre Morel. Il faut dire que l’acteur n’est pas vraiment aidé par son rôle sans épaisseur qui l’oblige un peu trop à miser sur son charisme ; ce qui donne parfois une prestation désincarnée et forcée. Sa quête de rédemption tombe un peu comme un cheval dans la soupe, rien dans l’écriture ou la mise en scène nous fera ressentir les remords sensés ronger le héros (ce que Tony Scott avait brillamment réussi avec son chef d’œuvre Man On Fire, par exemple). Le reste du casting évoque un sentiment de gâchis, on ne comprend pas pourquoi Idris Elba débarque pour un rôle inutile (moins d’une minute à l’écran) et Javier Bardem ne semble pas trop savoir ce qu’il fout là.

Pierre Morel s’essaie au thriller géopolitique, on sent une réelle envie de vouloir mélanger la mise en scène vertigineuse d’un Paul Greengrass avec un propos solide et poignant comme dans The Constant Gardener. Loupé, le résultat s’apparente plus à du Blood Diamond réalisé par Olivier Megaton.

 

Le film évoque ces multinationales qui pillent les ressources africaines au détriment d’un quelconque équilibre politique et social. Une intention louable, seulement un sujet aussi sensible et toujours d’actualité se doit d’être traité avec un minimum de finesse, surtout lorsque le ton du métrage reste sérieux et premier degrés (aucun trait d’humour dans Gunman). Le scénario adopte un schéma classique du genre : La petite histoire , celle du héros, qui révélera la grande, celle du pouvoir dominant. Mais là où Gunman échoue (contrairement à The Constant Gardener par exemple, puisqu’il est cité plus haut), c’est qu’à aucun moment la petite histoire et la grande ne se nourrissent cinématographiquement l’une de l’autre. On se surprend à devoir subir une énième série B d’action basique et sans idée, plongée dans une intrigue politique qui dénonce avec autant de férocité qu’une chanson de Tryo. En témoigne ce final immoral qui balaie d’un revers de la main tout ce vers quoi tend un tel sujet.

Thriller géopolitique pachydermique ou film d’action mou et mal rythmé ? Pierre Morel semble avoir choisis les deux options en réalisant un film maladroit et trop ambitieux. Après le premier effort anecdotique Banlieue 13, le très surestimé Taken et le catastrophique From Paris With Love, le réalisateur français commence à cumuler les travaux médiocres, dommage. En espérant qu’il puisse s’occuper de meilleurs scripts pour la suite de sa carrière.

 

Gutbuster

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About Gutbuster

Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !