Critique: L’Esprit de la mort

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The Asphyx

De Peter Newbrook

Avec Robert Stephens, Robert Powell, Jane Lapotaire et Alex Scott

Royaume-Uni – 1972 – 1h40

Rating: ★★★★★

THE ASPHYX

L’Angleterre victorienne, par une belle journée de printemps, Sir Hugo Cunningham bidouille ses propres home-movies dans sa somptueuse villa en compagnie de sa petite famille , quand soudain un horrible accident de canot (que je ne spoilerais pas car les mots me manquent) se produit et c’est le drame : sa fiancée, ainsi que son plus jeune fils (mais qui finalement ont le même âge) y laisseront la vie. Oui mais voilà, Sir Hugo est aussi un scientifique à ses heures perdues, qui plus est membre d’une Confrérie spécialisée dans les phénomènes paranormaux. Ses récents travaux l’ont amené à s’interroger sur un étrange flou récurrent sur des photographies d’individus différents, toutes prises au moment de leurs morts. Et qu’il retrouve sur la pellicule de l’accident. Si ses collègues s’embrasent dores et déjà, clamant avoir enfin une preuve de l’existence de l’âme, Sir Hugo découvre au fil d’autres expériences qu’il s’agit en fait d’une créature qui au contraire se nourrit des âmes au moment de la mort de l’individu, qu’il baptisera « Asphyx » du nom d’une entité spirituelle issue de la mythologie grecque, mais les forums du monde entier se demandent aujourd’hui encore laquelle.

Assisté par son futur gendre, Sir Hugo se met en situation de mort imminente afin d’attirer son propre Asphyx et le capturer au moyen d’un dispositif de son invention  – car si l’expérience réussit, ce serait le moyen pour lui  de s’assurer à tout jamais l’immortalité..

Bluffé, il faut bien l’admettre, je le fût. Je croyais que c’était une production Hammer, ce ne ne l’était pas. Bluffé par la crypte gothique, bluffé par les scènes champêtres, par une scène de laboratoire en particulier au chromatisme absolument somptueux, par les effets spéciaux cheaps (-mais ça va, surtout que je n’ai eu d’autres alternatives que me soumettre au principe de réalité et admettre que j’étais en face de ni plus ni moins que l’ancêtre de Ghostbusters, mais oui mais oui) ainsi que le jargon pseudo-scientifique qui l’accompagne, plutôt alambiqué certes mais qui souligne tout à fait honorablement une thématique assez originale tout de même, qui n’a cessé de me faire penser au sublime A Zed and Two Noughts du grand Peter Greenaway. Ce n’est pas le premier savant fou du cinéma fantastique me direz-vous et j’entends bien, point de créatures rafistolée à partir de morceaux de cadavres ici, mais la même quête frénétique d’ un érudit marqué et hanté par la mort à tout jamais, qui ne trouvera comme excuse pour rester en vie que d’essayer de comprendre les méandres de tous les mécanismes de celles-ci, jusqu’à l’obsession, jusqu’à l’expérimenter sur lui-même et vouloir en contrôler absolument tous les paramètres pour se heurter au final avec fracas à la glaciale ironie du fameux principe de réalité mentionné un peu plus haut (la souris blanche pour Sir Hugo; les escargots pour les jumeaux Deuce).

L’interprétation est tout à fait à la hauteur, car encore une fois, un peu comme Christopher Lee dans Horror Express, il en faut de la prestance pour faire passer certaines argumentations tarabiscotées, mais l’ensemble du casting s’en sort avec panache, sans partir de trop en tonneau – plaisir notamment de retrouver l’excellent Robert Powell (Asylum ; Harlequin entre autres, mais aussi et surtout The Survivor – « Le survivant d’un monde parallèle » de David Hemmings, dont il faudra absolument que je vous parle un jour).

Une bien belle chips enchantée que ce curieux Asphyx …

                                                                                                                               Nonobstant2000

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Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!