Critique: La Neuvième Configuration

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

 

 

 The Ninth Configuration / Twinkle, Twinkle, « Killer » Kane

de William Peter Blatty

Avec  Stacy Keach, Scott Wilson, Jason Miller, Joe Spinell, Ed Flanders

USA – 1980 – 1h58

Rating: ★★★★☆

ninth config

Pas très longtemps après la fin de la Guerre du Vietnam, dans un château reculé réservé aux vétérans traumatisés par leurs faits d’armes, le Colonel Kane commence de prendre ses nouveaux quartiers, en qualité de nouveau docteur psychiatre.

Réalisé par William Peter Blatty, scénariste de The Exorcist et où justement nous retrouvons Jason Miller (le Père Damien Karras) dont la seule performance en metteur en scène auto-proclamé qui s’est mis en tête de faire jouer tout Shakespeare par des chiens justifierait presque à elle seule le visionnage du film, The Ninth Configuration est en fait l’adaptation d’un roman éponyme qui lorgne allègrement (dans sa première partie tout du moins) du côté du One Flew Over the Cuckoo’s Nest de Ken Kesey, porté à l’écran par Milos Forman , avec le succès que l’on sait. Ici il ne s’agit pas de montrer l’inhumanité des institutions psychiatriques mais tout du moins d’en souligner la lâcheté pour peu qu’il y aie un peu de prestige dans l’histoire : nos vétérans sont amochés, cela il ne faut pas en douter, et tenus à l’écart dans un château reculé certes, mais château tout de même, et personne n’arrive vraiment à les canaliser – et quelques fois (oui, quelques fois) on a l’impression qu’ils s’en donnent à cœur joie, tant on ne leur refuse aucune excentricité – reprenons le personnage de Jason Miller justement, qui sur un coup de tête décide de remplacer entièrement son casting de fox-terriers par des chiwawas, enfin voilà rien que de le dire s’en est presque indécent.

Le château apparaît comme le lieu d’incubations de semble-t-il à peu près toutes les dérives, mais également comme un lieu expérimental et utopique de « re-création de soi » en embrassant corps et âme la névrose, un peu comme Benjamin Horne dans Twin Peaks qui surmontera une grave dépression en assumant pleinement son fantasme de rejouer et de gagner à lui seul la Guerre de Sécession. Le personnage de Scott Wilson (l’astronaute qu’on a envoyé sur la Lune et qui est tombé sur Jesus par hasard) dissimule sa détresse comme tout le monde, en jouant à celui qui sera le plus malin et en se réfugiant toujours plus loin derrière une lubie inédite à chaque nouvelle semaine qui passe.

Sa tentative d’évasion le confrontera tout de même avec le fossé indéniable qui le sépare des civils, et sera l’occasion de lever le voile qui entoure également le personnage de Stacy Keach. Une belle réflexion sur le Devoir de Mémoire, sans le côté scolaire ni solennel, axée non pas sur la vénération aveugle mais bien à propos d’une certaine idée de l’Humain, où la souffrance de celui qui est censé montrer l’exemple n’entre pas en ligne de compte à partir du moment où il est toujours valide. L’imagination, par le biais entre autre de la démarche créatrice (non-médicamentée donc) au regard de l’incarnation-même de certaines idées en voie de disparition si personne ne les « pratiquent », est une des armes, un des moyens, et si elle n’est toujours pas au Pouvoir, du moins est-elle toujours là, dans un coin, encore à se balader. A quoi ça tient tout ça, je vous demande un peu.

 

 

                                                                                                         Nonobstant2000

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Nonobstant2000

Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!