Critique: Hacker

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Blackhat

De Michael Mann

Avec Chris Hemsworth, Leehom Wang et Wei Tang

Etats-Unis – 2015 – 2h03

Rating: ★★★★☆

BLACKHAT

Après Public Enemies, dont le style naturaliste était quelque peu hors sujet pour un film d’époque, Mann revient à ce qu’il sait faire de mieux. Et si il ne réitère pas l’expérience Miami Vice (cela aurait été un miracle), le techno-thriller Blackhat n’en demeure pas moins un immense film, déjà conspué et dont le four au box-office est assez inquiétant.

Après l’explosion d’une centrale nucléaire en Chine causée par un hack des systèmes de refroidissement, le gouvernement envoie le Capitaine Dawai Chen coopérer avec les États-Unis. Ce dernier demande à faire sortir de prison Nicholas Hathaway, un hacker dont le code a été utilisé dans l’attentat de la centrale.

Michael Mann est décidément très actuel malgré ses 72 ans. Si bon nombre de réalisateurs ce sont cassés les dents sur le sujet délicat de la cybercriminalité, il est peut-être un des premier à réellement comprendre et éviter les clichés d’une telle entreprise. Probablement parce que le hacking n’est qu’un vecteur pour les thèmes qu’il affectionne, et que la finalité va bien au-delà d’une série de 1 et de 0 très ennuyeux pour le spectateur lambda. Car si le personnage de Hathaway n’est au départ qu’une âme vide et sans but hormis le fait de garder sa liberté (s’il ne retrouve pas le hacker, il retourne en prison), l’amour qu’il portera bientôt à Lien Chen deviendra un élément bien plus capital que sa mission.

Comme Sonny Crocket et Isabella, la caméra de Mann définit alors une renaissance, opérée d’abord par les mots puis par le contact humain. Parce que le virtuel est alors une arme mortelle qui peut tuer ou simplement séparer deux êtres. Pas avare en action (dont un final hallucinant), Mann passe pourtant plus de temps à développer des personnages principaux et secondaires avec minutie, les enjeux étant dictés par une multitude de décisions qui n’appartiennent pas seulement à Hathaway.

Et si Blackhat est une très belle stagnation dans l’œuvre de Mann (certains diront qu’elle existe depuis Miami Vice), elle mais n’en demeure pas moins à des années-lumière au-dessus de la masse des thrillers qui sortent chaque année. Espérons qu’on n’attende pas dix ans avant de voir un nouveau film du réalisateur, mais étant donné le saccage dont est victime le film c’est bien parti pour.

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.