Un fim en un plan: The Lost

 

The Lost

Ray Pye est un gros connard au look rockabilly qui martyrise sa copine et son meilleur pote looser en exerçant une emprise malsaine sur eux pour tuer le temps dans son bled paumé où il se voudrait respecter et envié. Devant une vie de frustration, son comportement violent et sadique est une vraie bombe à retardement qui ne va pas tarder à exploser.

Adaptation à l’écran d’un roman du pape du Splatterpunk US, Jack Ketchum, The Lost (réalisé par Chris Sivertson et produit par son poto Lucky McKee) suit la plongée progressive de Ray dans la rage et la violence. Plus petit qu’il ne le voudrait, il se met des canettes dans les bottes pour se surélever un peu. Il se voudrait tombeur mais essuie certains refus, qui ne sont pas sans le plonger dans une colère folle. Ainsi, ce plan est issu de la séquence de son rencard avec Katherine, jeune bombasse rebelle et libérée, fraichement débarquée de la ville. Katherine constitue à la fois la femme idéale pour Ray mais également tout ce qu’il déteste chez les femmes. Ray est profondément misogyne, ce n’est pas pour rien si le meurtre qui ouvre le film est celui de deux petites nanas qui ont eu le malheur de s’emballer au coin du feu (plutôt que de craquer sur lui).  Ce plan illustre à merveille cet écart entre Katherine, stone et insouciante dans un manège, tellement blasée de la vie qu’elle semble ne plus rien ressentir, et Ray, dont le masque tombe et qui ne peut cacher sa trouille, lui qui se pose toujours en symbole de virilité.

Car là est tout le problème de Ray, qui feinte en permanence, jouant le rôle de celui qu’il aurait voulu être naturellement et c’est la frustration d’être en permanence renvoyé au fait qu’il n’est pas ce qu’il voudrait être, il en est même l’opposé: un looser. Et c’est parce que les femmes lui renvoient cette image de lui-même qu’il va finir par déchaîner sa folie meurtrière sur elles.

 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.