Un film en un plan: Hidden

 
 
 

Des citoyens lambdas se retrouvent du jour au lendemain pris d’une folie meurtrière dans le Los Angeles de cette fin des années 80 où le détective un brin pugnace Tom Beck a l’honneur d’officier. Un transfert du FBI, l’étrange Lloyd Gallagher lui explique pourtant que le phénomène n’est pas sans antécédents, mais malgré ça Beck sent bien que celui-ci ne lui explique pas tout.

Hidden est une sympathique petite peloche un peu fourre-tout, réalisée par Jack Sholder d’après un scénario de Jim Kouf. On y retrouve beaucoup d’éléments qui avaient déjà faits leur preuves à l’époque, et qui pour certaines ont les qualités de leurs défauts -notamment la violence des fusillades, qui même si elles sont pleinement justifiées par l’intrigue, peuvent surprendre tout de même. La furie meurtrière qui s’empare de tout un chacun évoquerait bien en effet de loin en loin le sublime God Told Me To de Larry Cohen, mais la première scène « d’arrestation » fait davantage penser au Dead Heat de Mark Goldblatt en ce qui concerne la tonalité générale que l’on pressent déjà orientée vers l’action. Concernant l’amorce de l’intrigue toujours, cette frénésie trouve son explication dans le fait que les quidams sont en réalité possédés par une entité extra-terrestre qui change de corps à chaque fois que ses petites bringues le conduisent dans une impasse : celui-ci est irrésistiblement attiré par toutes les vitrines du consumérisme naissant, il veut littéralement « tout posséder », s’y emploie sans réelle diplomatie et se retrouve à chaque fois dans des situations proches de l’auto-destruction. Mais il recommence, se reposant sur sa faculté à changer d’hôtes jusqu’à ce qu’il trouve celui qui lui assurera l’impunité, le corps d’un Sénateur. Un petit tour de passe-passe qui relève du classique pour les amateurs de s.f et de fantastique qui se retrouve une fois de plus décliné à l’écran (anticipant par exemple une franchise comme celle de La Mutante), mais aussi de façon tout à fait enjouée et ludique, qui n’est pas sans rappeler The Thing de John Carpenter:

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La résolution trouve son issue avec quelques scènes d’actions au tempo très agréable, mais surtout par des emprunts assez marqués dans la filmo de David Cronenberg. Dead Zone dans un premier temps, reprenant l’idée d’un personnage qui commet une action apparemment horrible en réalité motivée par le bien de tous (Johnny Smith essayant d’abattre Gregg Stillson au fusil à lunettes/ Lloyd Gallagher attaquant le Sénateur au lance-flammes pour en faire sortir le parasite, le moment où il est entre deux corps étant son seul instant de vulnérabilité) et puis Scanners pour le final, où l’on ne sait pas très bien si l’entité qui habite Gallagher fait don de sa force vitale à son co-équipier mourant, ou bien s’il se transfert dans le corps de ce dernier, qui évoque la fusion des deux frères ennemis télépathes, le gentil finissant par habiter le corps du méchant. Hidden se pose comme une sorte de compilation du meilleur des années 80, mais semble également poser les jalons du meilleur à venir concernant les fictions des années 90 : X-Files notamment, mais aussi, tout à fait prophétiquement, le destin de l’ agent spécial Dale Cooper dans Twin Peaks, incarné par le même Kyle MacLachlan.

 

 

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