Critique : Sea Fog – Les Clandestins

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

.

Haemoo

De Sung Bo Shim

Avec Seok-yun Kim, Han Ye-Ri, Yun-seok Kim

Corée du Sud – 2014 – 1h51

Rating: ★★★★★

Sortie 1er avril 2015

HAEMOO-Main-still-1024x768

Le commandant Kang et son équipage de cinq marins-pêcheurs, peinent à rentrer de mer avec du poisson. De plus son chalutier Junjin rouille et il refuse de le vendre à l’Etat qui rachète les bateaux, dans ces temps de récession économique, le Fonds Monétaire International a même dû intervenir. Alors Kang décide, pour pouvoir continuer à pêcher en mer, d’accepter de faire traverser des clandestins venus de Chine…

Le cinéma de genre sud-coréen c’est toujours un humour décalé avec des personnages éclectiques : des lubriques, un bêta, un solitaire ou un fugitif. Et ces personnages se réunissent toujours autour d’un repas, le symbole ultime de la convivialité… Du début du film… Car le film est principalement un huis-clos maritime, il y a même une tempête lors du transfuge de clandestins. Par conséquent l’eau apparaît comme un élément, un motif négatif, malfaisante et néfaste. L’eau ne lave donc plus les péchés, elle les cache… D’autant plus qu’elle souligne le rapport dominant/dominé, entre posture syndicaliste et charmé féminin (une fille sur un bateau est toujours un problème non ?). En effet, une des questions centrales et actuelles du monde est l’immigration légale ou non. Et ces immigrés sont souvent des opprimés, de tout bord social, infériorisés, signifiés de moindre valeur à qui on enlève la dignité humaine. L’illustration la plus probante est quand Kang passe à tabac et jette par-dessus bord un des clandestins en criant « Maintenant je suis votre père et votre juge » afin d’avoir la soumission des nouveaux passagers et éviter dorénavant tout mutinerie.

Puis peu à peu, le long-métrage prend une caractéristique, une tournure fantastique. Cela passe par l’apparition d’une brume jusqu’à la fin du film. Le chalutier prend alors l’allure de bateau fantôme  ou bateau pirate au choix. C’est littéralement un cauchemar mis en scène. Mais on remarque aussi une escalade de la folie, passant par des pulsions de meurtre ou pulsions sexuelles. Le parcours psychologique et psychanalytique peut sembler réducteur, il touche en plein cœur : un traitement de la condition et la nature humaine assez sévère. Le réalisateur questionne donc la morale, le point fort du thriller sud-coréen. En effet, en Corée du Sud le thriller est plus axé sur la question des valeurs (moral, justice…) que sur l’enquête (citons en vrac Old Boy, The Chaser, J’ai rencontré le diable…).

De là à dire que Sea Fog, Les Clandestins est un conte philosophique, ce serait un peu exagéré. Mais le spectateur oscille entre contradictions humaines, on passe du rire aux larmes tout en ayant une empathie pour l’incarnation de la misère et de la pauvreté, que ce soient les pêcheurs ou les immigrés illégaux : les méfaits de la mondialisation.

Hamburger Pimp

 

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…