Critique: Jupiter – Le Destin de l’univers (Jupiter Ascending)

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Jupiter Ascending

D’Andy et Lana Wachowski

Avec Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean, Eddie Redmayne et Douglas Booth

États-Unis – 2015 – 2h07

Rating: ★★★★☆

JUPITER LE DESTIN DE L'UNIVERS

Fille d’immigrés russes, Jupiter Jones nettoie les chiottes des riches. Cependant, elle ignore qu’elle partage le même génotype de la défunte reine-mère de la fratrie qui dirige notre partie de l’univers, désignée héritière de la Terre, la plaçant de ce fait au cœur d’une immense intrigue politique intergalactique. Poursuivie par un tas d’extraterrestres chasseurs de prime, Jupiter tombe sous la protection de Caine Wise, un super-guerrier de l’espace qui l’embarque dans une aventure intergalactique.

Après Cloud Atlas, ambitieux mélodrame métaphysique qui avait divisé la rédaction de Celluloïdz, les Wachowskis sont de retour avec le space-opera le plus attendu depuis des mois (pour rappel, le film devait sortir l’année dernière avant d’être repoussé pour fignolage de post-prod). Dès les premières minutes du film, on commence à se dire : tout ça pour ça ? Avec son personnage féminin esquissée à la truelle (Lana, suffit pas de changer de sexe pour ETRE une femme), ses répliques bidons et sa scène d’ouverture totalement pathos, on se dit qu’on est mal barré pour notre mission Jupiter. C’était sans compter la réelle générosité visuelle propre à la plus geek des fratries du cinéma.

Car je ne vais pas chipoter sur les petits défauts « à la Wachowski » s’il n’y avait pas un vrai putain de space-opera remis au goût avec quinze idées visuelles à la minute (« à la Wachowski » toujours). En 2h chrono tellement dense qu’on a l’impression de voir un film de 3h30, Jupiter Ascending bâtit sous nos yeux un univers de science-fiction complet et cohérent. Autant que Matrix dont il serait le pendant fantasy. Rattachant à leur univers nos mythologies, qu’elles soient spirituelles (les anges, la réincarnation…), paranoïaques (les théories du complot avec une allusion énorme au 11 septembre 2001 sans oublier les p’tis gris zeta-réticuliens et leurs abductions, les reptiliens Annunaki, les crop-circles…) ou à la lisière de la science (cette idée qu’une planète colonisée finirait par oublier avec le temps et les distances astronomiques sa nature même de simple colonie dans une civilisation galactique bien plus étendue) tout en gardant un cachet Hard Science, les Wachowskis s’amuse à recréer un Univers fonctionnant comme un Grand Tout SF sur lequel on pourrait finalement raccorder à peu près tout et n’importe quoi .

Certes, les emprunts et ressemblances sont légions (au hasard : Dune, Le Cinquième élément, Men in Black, H2G2) mais le rythme de cette aventure spatiale, une fois lancée, fait mouche en multipliant les scènes d’action gargantuesques qui relèguent les récents efforts de Michael Bay à ceux d’un vieux mammouth empaillé. Perfectible et inégal, Jupiter Ascending reste un pop-corn movie généreux et honnête, débarrassé des élans auteurisants maladroits des Wachowskis (qui ne seront jamais Aronofsky) qui rendaient leur Cloud Atlas parfois ridicule. Ça a beau être primaire mais ça n’en est pas moins redoutablement efficace, remplissant au-delà de nos attentes son cahier des charges de blockbuster du troisième millénaire.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».