Critique: Discopathe

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Discopathe

De Renaud Gauthier

Avec Jérémie Earp-Lavergne, Katherine Cleland et François Aubin

Canada – 2013 – 1h21

Rating: ★★☆☆☆

DISCOPATHE

New-York dans les années 70. Duane Lewis est un jeune gars simplet qui souffre d’un mal atypique : il est atteint de folie meurtrière quand il entend de la musique disco. De Kiss à Plastic Bertrand, ça brasse large. Afin d’échapper à la police, il s’enfuit au Canada (à Montréal, t’sais) et trouve refuge dans un pensionnat de jeunes filles tenus par des bonnes sœurs. Et Duane est loin d’être guéri…

Voilà un film qui démarre en trombe : cadrée à la Argento sur un titre disco prenant des allures de Goblin, une boule à facette vintage revoit ses multiples reflets que l’on pourrait déjà imaginer lourds de connotations schizophréniques. Puis la musique prend des airs carpenteriens tandis que Renaud Gauthier, jeune réalisateur canadien de ce premier long-métrage, s’amuse à recréer un New-York révolu, celui de 1976 et de ses premières boîtes disco, qui bluffe au regard de son budget riquiqui. Dans ce grand écart entre le giallo et le slasher, on se mettrait même à rêver d’une version disco du cultissime Maniac de William Lustig d’autant que Renaud Gauthier et son chef opérateur John Londono savent trousser des plans méta qui n’ont rien à envier à ceux de Berberian Sound Studio ou L’Étrange couleur des larmes de ton corps. On se dit qu’on est donc bien parti dans les premières minutes de ce Discopathe.

Ça commence à se lézarder avec la première séquence de meurtre dans la boîte de nuit, un peu expédiée au vue des possibilités. A trop soigner sa forme, on finit parfois par oublier le fond. Et le gros défaut de Discopathe est qu’il rate la plupart de ses scènes d’horreur par un manque flagrant d’originalité dans ce qu’il a à nous montrer. Hormis une scène de meurtre filmée à travers une porte dans un travelling arrière très classe, le film n’a plus grand chose de très consistant à nous mettre sous la dent, sombrant rapidement dans le shocker en mousse meta-potache. Si Renaud Gauthier excelle pour susciter la tension avec un steak trop cuit ou capter la pure instantanéité d’un flirt entre Duane et une donzelle en roller, il n’arrive paradoxalement pas à donner chair aux scènes les plus violentes de son film. D’autant plus que la délocalisation de l’histoire au Québec n’arrange rien, marquant un pivot pathétique où le film a décidé d’être drôle. Hormis les looks kitsch, le rire est encore moins présent que l’effroi et nous voyons le film sombrer dans une conclusion tellement what the fuck que même Luc Besson aurait exigé une ré-écriture. Puis bye bye le disco, finalement très accessoire…

Bon, on va pas charger la mule  mais c’est toujours rageant de voir un pitch si prometteur se dégonfler à vue d’œil parce que le scénario pêche par pure paresse. On prendra donc Discopathe pour ce qu’il est : une bonne idée noyée sous ses bonnes intentions. Au regard des capacités cinématographiques de son metteur en scène, c’est dommage.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».