Saga: La Planète des singes (1972-1973)

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PLANET OF APES 3

4/Conquest of the Planet Of the Apes (1972) – réalisé par J.Lee Thompson

Les paroles de Cornélius concernant l’avènement du règne simien se révéleront bien plus prophétiques qu’il n’aurait cru : la curieuse épidémie venue à bout des animaux domestiques dont il avait parlé était en fait un virus qu’il avait ramené de son époque. Les humains se rabattirent donc comme il l’avait expliqué sur les singes pour en faire de simples compagnons dans un premier temps, puis de véritables bonnes à tout faire, au regard de leurs capacités particulières d’imitation. Nous sommes en 1991 et Milo-pas-encore-César, le fils de Zira et Cornélius, découvre le Monde pour la première fois au cours d’une promenade de distribution de tracts pour le cirque d’ Armando. Révolté par le traitement infligé à ses congénères il est contraint de se cacher à cause d’une parole de trop (Milo étant aussi évolué que ses parents du futur, il dispose du langage, détail qui s’il venait à être connu, signerait son arrêt de mort) tandis qu’ Armando tentera tant bien que mal d’endosser toute responsabilité au regard des autorités. Malgré le sacrifice ultime de ce dernier, la police fait le lien entre Milo et lui, et savent désormais que le fils des chimpanzés du futur est bel et bien vivant. Celui-ci est donc contraint de se créer une nouvelle identité en intégrant une cargaison destinée au programme de conditionnement/dressage. Gravissant les échelons grâce à ses formidables qualités d’adaptation (il comprend tout à fait ce que l’on attend de lui et gagne à la fois le respect de ses professeurs et de ses congénères) il finit par être acheté par l’un des assistants du Gouverneur Breck – ce qui donnera lieu à la magnifique scène où Milo choisit son nouveau nom « par hasard » dans un livre, César, sous le nez de son oppresseur. Désormais présent dans les couloirs où tout se joue et se dit, c’est là qu’ il apprendra la mort d’ Armando, et surtout que la police le recherche inconditionnellement. Ayant perdu le seul être qui le rattachait encore à l’ Humanité, César s’engouffre alors lentement mais sûrement, sur le Sentier de la Guerre..

Comme je disais dans l’introduction, imaginez la fièvre qui fût la mienne à la lecture des résumés dans les programmes télé : « Quoi ? Ils vont vraiment nous montrer ça ? Une vraie révolution en direct ? Mais comment ils vont faire ? » Oh que oui ils le font. Les décors naturels se substituent ici à des zones urbaines, il n’y a que très peu de séquences à l’air libre pour privilégier au contraire les installations futuristes de conditionnement et les couloirs de son administration moderne. C’est cheapos et c’est grisâtre, et les uniformes colorés des esclaves détonnent méchamment au milieu du carton-pâte, mais pendant les séquences de révolte, cette palette limitée donnera des scènes d’un chromatisme absolument capiteux. C’est mon volet préféré à tout point de vue, autant pour le moment charnière à l’intérieur de la franchise (qui aurait très bien pu s’arrêter là, bien que le volet suivant finit d’éclaircir quelques points importants) et il y a même quelques passages qui rappellent délicieusement le Fight Club de David Fincher deux décennies plus tard, absolument présents dans le roman initial de Chuck Palahniuk par ailleurs, les moments farfelus où les membres font leurs devoirs imposés. C’est pourquoi je vais tout de suite me taire , non sans finir de vous dire au moins une dernière petite chose tout de même, et qui vaut bien tous les discours : Enjoy.

  Battle for the Planet Of the Apes

5/Battle for the Planet Of the Apes (1973) – réalisé par J.Lee Thompson

Le dernier volet nous montre 20 ans après la révolution des singes une société intermédiaire où les hommes ne sont pas encore des esclaves mais il est évident qu’ils n’ont plus le même droit d’autorité. César essaie tant bien que mal de respecter les droits de chacun, privilégiant l’éducation plus que tout autre chose, mais c’est sans compter avec la communauté des gorilles qui ne cesse d’essayer de lui usurper son autorité – avec à sa tête un Général particulièrement ombrageux, Aldo, qui selon les dires de Cornélius dans le 3e volet fût le libérateur de l’espèce simiesque et que l’Histoire retînt, ce qui n’est vraiment pas de bonne augure tout ça. Sur les conseils de Mac Donald (le frère du bras droit du Gouverneur qui était devenu son nouveau propriétaire après la mort d’Armando) César s’embarque dans la Zone Interdite à la recherche des documents archivés concernant les témoignages de ses parents, dans l’espoir d’y puiser quelque sagesse. Les humains irradiés vivant dans la Zone sous la gouverne de Kolp, un autre assistant du Gouverneur Breck, essaieront de les capturer sans succès et les poursuivront jusque dans leur foyer, genre tu vas l’avoir ta putain de guerre.

Ce dernier volet résout donc les dernières questions laissées sans réponses, car l’on comprend à la fin que les forces de Kolp sont les descendants des espèces de Templiers mutants du 2e volet qui conservent et vénèrent l’arme atomique terminale. Considéré comme l’opus le plus faible, celui-ci n’est pas sans qualités pourtant, notamment les déambulations et poursuites dans les installations souterraines de la Zone. Le conflit entre César et Aldo trouve lui aussi sa résolution, un peu mélodramatiquement. Cela aurait très bien pu fonctionner dans l’état si ce n’était les scènes d’ouverture et de fermeture, où l’histoire que nous avons vue était en fait racontée à des pupilles par un « lawgiver » orang-outan – interprété par John Huston – qui légitimera un dernier plan final (..les mots me manquent, pathétique, oui) qui vraiment ne fait pas honneur à la subtilité et la pertinence du reste de la franchise. Ce seront pourtant les enjeux parlementaires un brin appuyés entre singes, gorilles et humains qui seront repris en thématiques pour le deuxième opus de la nouvelle saga initiée en 2011, qui a tout de même esquivé et enjambé un peu tous les éléments subversifs de la saga initiale, j’aurais tellement voulu voir gorilles et humains discuter sur un plateau-télé de leurs droits réciproques. Mais bon on a déjà ça tous les jours en cherchant bien, aux bonnes heures, sur les bonnes chaînes.

planete des singes 2

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