10 autres films qui ont fait 2014

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Si le Top 2014 est la convergence absolue des goûts cinématographiques de la clique, l’article qui suit (les « recalés du Top », comme on l’appelle officieusement dans les couloirs secrets de Celluloïdz) est une sélection purement subjective où chacun met en avant un film qu’il a adoré mais qui n’a pas su recueillir les suffrages de l’équipe. Une façon de refermer définitivement l’année pour attaquer 2015 avec la même passion.

 

Le choix de Lullaby Firefly: 12 Years a Slave de Steve McQueen

12 YEARS A SLAVE

Pour la première fois, un film cherche à dresser une vision quasi-documentariste sur l’esclavage, faisant ressortir la structure sociale du système, son implacable mécanisme et ses conséquences inhumaines. Mais au delà du thème historique et du devoir de mémoire, McQueen offre à son discours une résonance dans notre société actuelle, posant la question de l’Humanité, au delà de l’identité, de la citoyenneté, de l’appartenance à une quelconque nation dont on doit épouser la culture pour  parvenir à “s’intégrer”, cette Humanité qui ne semble être accordé qu’à celui qui détient le bon papier, celui garantissant son appartenance à la nation et donc sa liberté. Esclaves d’hier, réfugiés politiques ou climatiques d’aujourd’hui, Mc Queen pointe à travers son film cette absurdité toujours en vigueur.

 

Le choix d’Hamburger Pimp: Le vent se lève d’Hayao Miyazaki

LE VENT SE LEVE

Film testamentaire, film de sagesse, film bouclant la boucle du travail d’orfèvre d’un des plus grands artistes des cinquante dernières années, siècle précédent comme celui que nous vivons depuis peu. L’ingénierie d’aviation a souvent eu cette allure artistique qui n’en est pas vraiment une : la forme d’un avion, la façon de voler et ses différentes figures ou la différenciation des types d’avions (commercial, militaire ou hydravion). Et c’est la principale différence avec Porco Rosso, qui n’avait pas de discours sur l’art, celui-là en a un pour réfléchir à la construction d’une vie, quand le porc rouge ne pense plus en avoir… De plus, où les films du maître Miyazaki sont souvent des passages d’une vie (apprentissage, initiation), alors qu’il essaye cette fois-ci de traiter toute une vie : éveil pendant l’enfance, effort de l’étude pendant l’adolescence et amour difficile à l’âge adulte. Et cela se fait constamment de façon ludique, c’est-à-dire que ce sont les rêves du héros qui nourrissent son travail, son œuvre ainsi que l’amour… En clair nous assistons à une métaphore de la passion et à la passion, il n’y a de remède que la passion disait George Sand. Alors merci vieil artiste tout jeune retraité que tu es Hayao, de nous rappeler ces vers de notre feu compatriote poète Paul Valéry : Le vent se lève… Il faut tenter de vivre !

 

Le choix de Naughty Bear: Godzilla de Gareth Edwards

GODZILLA

Profession de foi colossale et bouleversante en même temps que Kaiju qui déboîte sévère, le nouvel essai de Gareth Edwards est un pur moment de jubilation, une oeuvre monstrueuse, un putain de morceau de bravoure de plus de deux heures, ultra-dynamique et inventif, une poésie apocalyptique d’une rare puissance. Profondément nippon dans l’âme, Godzilla orchestre des séquences toutes plus dantesques les unes que les autres, se révèle une superbe déclaration d’amour aux monstres, capte, grâce à une générosité et une intelligence de chaque instant dans la mise en scène, les cadres, le découpage, le sublime au cœur de la destruction ! Edwards nous offre sa vision du Kaiju, sombre, fun et décomplexée, d’une démesure absolument folle, appuyant le gigantisme de ces créatures par des effets d’échelle extrêmement étudiés, créatures dont il ne cesse de caresser la beauté jusqu’à un final foutrement mythologique !

 

Le choix de Miho: Noé de Darren Aronofsky

NOE

Après avoir goûté à la métaphysique avec le brillant The Fountain, c’est avec une certaine logique qu’Aronofsky s’est ici attaqué à l’Ancien Testament. Le réalisateur fait le choix dès le départ d’un parti pris très fort : ne jamais déroger du premier degré. On laisse alors de côté toute parabole religieuse pour au final ne garder que l’essence épique du récit. Là où la plupart des réalisateurs hollywoodiens aurait pu tomber dans le ridicule (il n’y a qu’à voir l’adaptation de l’éruption du Vésuve par W.S. Anderson), Aronosky entrelace les codes du genre fantastique et heroic fantasy afin de créer une œuvre visuellement stupéfiante. Quand au message du film, il est avant tout tourné vers l’Homme, ses choix et sa nature, parvenant à échapper aux écueils du prosélytisme. Une réussite due en grande partie à Russell Crowe qui insuffle à Noé tout ce qu’il faut de détermination pour rendre ce patriarche biblique crédible.

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Le choix d’Evilhost: Exodus de Ridley Scott

EXODUS

Sorti un peu tardivement pour figurer dans le top, Exodus n’en demeure pas moins une claque comme on entendait plus de la part de Ridley Scott. Du grand Cinéma épique et classique dont la version longue devrait gommer les quelques défauts. « Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde ?! »

 

Le choix de Gutbuster: Tempête de boulettes géantes 2 de Cody Cameron et Kris Pearn

Phil Lord et Chris Miller avaient bluffé tout le monde en 2009 avec leur film d’animation inattendu, Tempête de boulettes géantes. Le mythe de l’inventeur fou revisité façon humour décalé et délire visuel, le métrage des deux compères avait mit la barre très haut. Cette suite, chapeautée cette fois-ci par Cody Cameron et Kris Pearn, reprend la même formule mais laisse de côté le genre « catastrophe » pour multiplier les clins d’œil au cinéma d’aventure (notamment à Jurassic Park). Si ce second opus reste un cran en dessous du premier, il livre tout de même un quota non négligeable de gags complètement perchés et recèle de détails absolument hallucinants. Des idées visuelles à chaque plans, des couleurs à vous faire saigner les yeux, Tempête de boulettes géantes 2 est un film d’animation que l’on voudrait serrer dans nos bras tellement il transpire la bonne humeur, à l’image de son magnifique générique de fin (tout comme dans le premier film).  


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Le choix de Zelig: Night Moves de Kelly Reichardt

NIGHT MOVES

Passé presque inaperçu, Night Moves est le portrait désenchanté de trois militants verts, responsables d’un acte terroriste. Sans faire de le spectaculaire, Kelly Reichardt propose un thriller écolo palpitant, où la tension ne résulte pas de l’action mais de l’évolution psychologique de personnages, qui sombrent peu à peu dans un cauchemar paranoïaque. Subtile dans son intrigue, et formellement magnifique, ce  Night Moves fût l’une des très belles surprises de 2014.

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Le choix de Nico Darko: R de Tobias Lindholm et Michael Noer

R

Long-métrage danois réalisé par Tobias Lindholm et Michael Noer, R est un film de prison qui ne cherche jamais à réinventer le genre mais immerge totalement par son réalisme froid et brutal. Très proche du travail de Nicolas Winding Refn dans sa période Pusher, R dépeint le quotidien d’un nouveau détenu qui va devoir survivre parmi des brutes. S’il emploie des codes inhérents, le film se détache pourtant de ce schéma habituel du détenu prêt à cogner pour s’imposer puisqu’ici le jeune Rune est présenté comme une personne faible physiquement et psychologiquement et dont le seul moyen de s’en sortir va être de faire preuve d’ingéniosité. L’approche documentaire (milieu duquel vient Michael Noer) nous plonge dans ce récit extrêmement tendu où la survie quotidienne écrase rapidement les maigres lueurs d’espoirs qui semblent apparaître (l’intégration de Rune, son amitié avec un codétenu, …), faisant de R une œuvre marquante dont le final appuie définitivement le propos sans concession des deux réalisateurs.   

 

Le choix de The Vug : Computer Chess d’Andrew Bujalski

COMPUTER CHESS

Quand le pape du mumblecore s’attaque à la question de l’intelligence artificielle, on obtient l’un des films les plus singuliers de 2014. Dans un noir et blanc dégueulasse filmé en 4/3, Bujalski enferme d’éminents programmateurs dans un hôtel du début des années 80 venus s’affronter aux échecs par ordinateurs interposés. D’un résident sans chambre à un ordinateur qui s’éveille à l’homme, l’hôtel va devenir le théâtre d’un bien étrange week-end. L’OVNI ciné de l’année.

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Le choix de Skreemer : X-Men : Days of the Future Past de Bryan Singer

DAYS OF THE FUTURE PAST

Inspiré d’une des histoires les plus influentes des X-Men, Bryan Singer revient au film de super héros avec le talent qu’on lui connaît dans Days of Future Past, une histoire parlant de paradoxe temporel, de tolérance et de supers pouvoirs non désirés. Et putain, qu’est ce que c’est bon de retrouver un auteur à la barre d’un film de super-héros! Je commençais à en avoir marre des films Marvel qui se suivent et se ressemblent, calquant des personnages plats à des intrigues éculées. Ici, on a des failles, certes, mais on a du cinéma, on a la vision d’un auteur qui ne tombe pas dans le fan service gratuit et qui pourtant nous balance une des scènes les plus fun de l’année (Quicksilver et sa fameuse démonstration de pouvoir) tout en donnant un message qui moi moi m’a vraiment touché et qui va plus loin que le message de tolérance habituel de la saga:  tuer une seule personne, c’est tuer la notion même d’humanité. Le personnage central ici est Mystique, puisqu’elle est l’enjeu principal de l’intrigue, et le film est une bataille pour sauver son âme. Beau, juste, touchant, épique et intelligent en diable, je l’ai rematé déjà plusieurs fois depuis sa sortie!

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