Critique: Whiplash

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 4.0/5 (3 votes cast)

.

Whiplash

De Damien Chazelle

Avec Miles Teller, J.K. Simmons et Paul Reiser

États-Unis – 2014 – 1h47

Rating: ★★★★☆

Whiplash 2014

 

Andrew Nieman est un jeune batteur de Jazz qui rêve d’être parmi les plus grands. Repéré par Terrence Fletcher, un professeur perfectionniste et intransigeant, il se lance dans une quête de la perfection demandant tous les sacrifices.

Ce qui frappe dès les premières minutes avec Whiplash, c’est que le film aurait pu être réalisé par David Fincher sans que cela n’en soit choquant outre mesure. La photographie si particulière du réalisateur, l’obsession de Nieman pour la perfection ou son inadaptation sociale… Tout renvoie au cinoche de Fincher, allant même jusqu’à copier/coller l’introduction de The Social Network. Mais ne jetons pas la pierre à Damien Chazelle car son film a assez d’arguments pour ne pas souffrir de cette comparaison et n’en retenir que le positif.

Le parcours de son héros est à ce titre assez inédit. Plutôt que d’en faire un génie de la musique qui gravit les échelons jusqu’à la reconnaissance, le réalisateur préfère parler du travail qui amène (peut-être) à la consécration. Et l’apprentissage ne se fait qu’au prix d’un dépassement physique de soi, là où la sueur coule abondamment et le sang se verse sur la batterie. Car Andrew a du talent mais pas plus que les autres, son principal problème venant de son manque d’humilité. Se croyant au-dessus de tout le monde, seules les claques monstrueuses que Fletcher lui mettra dans la gueule (dans tous les sens du terme) l’obligeront à devenir meilleur. Une belle ordure plus proche d’un psychopathe que du prof de zicos sympa qu’on avait au lycée, mais dont les motivations intimes rendent presque légitime son comportement.

Si le rapport entre ces deux personnages se résume parfois à qui aura la plus grosse, l’investissement des acteurs rend ce combat jubilatoire. Alors que pour le premier cours Fletcher pose des questions à Nieman sur sa famille et le rassure en lui préconisant de s’amuser avant tout, cet enculé de prof profitera d’une minute de faiblesse pour lui en mettre plein la gueule :   » Are you one of those single tear people? You are a worthless pancy-ass who is now weeping and slobbering all over my drumset like a nine year old girl!  »

Enfin, c’est surtout dans sa façon de filmer la musique que Chazelle achève de faire de son film un morceau de cinoche qui reste longtemps en tête après sa vision. Car faire ressentir la musique comme un acte physique à travers un objectif revient à faire jouir quelqu’un en lui parlant latin dans une boite de nuit. Hors, c’est ici un exercice parfaitement réussi, l’intensité musicale allant de pair avec le rythme effréné du film. On regrettera seulement que la conclusion se montre finalement très prévisible, et que le personnage de Nicole ne trouve aucune résonance contrairement à celui de Rooney Mara dans The Social Network.

Que vous aimiez le Jazz ou non, je vous somme de courir voir Whiplash, au moins pour les fantastiques performances de Simons et Teller. Et sinon, la mignonne Melissa Benoist ne pourra que vous faire chanceler avec son visage d’ange et son sourire ravageur. Ton mec fait tiep Melissa, épouse moi !

 

Evilhost

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.