Nos scènes préférées de l’année 2014

 
 
 

Cette année 2014 a été riche en temps forts cinématographiques, en scènes époustouflantes, touchantes, épiques. En ce dernier jour de l’année, petit tour des scènes préférées des rédacteurs de Celluloïdz, de ces moments qui nous ont profondément marqué, ému, fait vibrer, kiffer.

 

Naughty Bear: The Raid 2 : Berandal de Gareth Evans

Une sacrée putain de course-poursuite tendue en caisses arborant fièrement plus de sept minutes au compteur, ça tente ? Sept minutes de plans séquences oufissimes, sept minutes de choix d’axes et de plans ultra-percutants et acrobatiques, sept minutes de brutalité pure et jouissive menée à vitesse grand V ! 420 secondes somme toute voyant s’enchaîner furieusement, sans temps mort, tôle méchamment froissée, chairs traînées et déchiquetées sur le bitume, explosion de tête contre d’autres véhicules, pluie de balles, et j’en passe… Le tout jonglant plus qu’habilement, pour ne pas dire avec une aisance qui force le respect, entre deux  »points de vue » ! La mise en scène d’Evans est toujours au plus près de l’action, viscérale, elle ne nous épargne rien, évite autant que faire se peut les inserts afin de rendre compte d’une violence certes ludique, mais avant tout véritablement crûe et douloureuse. Sans contestation possible, à mes yeux, la séquence la plus badass et oserai-je écire dantesque de cette excellente séquelle, de l’année !

 

Gutbuster: Dragons 2  de Dean Deblois  (ATTENTION SPOILERS)

Rarement au cinéma le spectateur sera autant dans les airs que dans Dragons 2. Le film regorge de scènes de vol absolument sublimes, caressant la poésie, l’épique, l’humour et la liberté. C’est pourtant une scène se déroulant sur la terre ferme qui touchera mon petit cœur de midinette, celle des funérailles de Stoick. Entendre Gobber réciter une litanie profondément touchante sur le score magnifique de John Powell a suffit pour cueillir la larmichette du guerrier. On peut voir durant ce passage un plan terriblement poignant de la silhouette d’Hiccup se noyant dans la lueur des flammes du bateau-tombe de son père, on devine alors qu’il sera difficile pour le fils de briller autant que Stoick The Vast.

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The Vug: Interstellar de Christopher Nolan (ATTENTION SPOILERS)

Cette année, j’en ai appris une bien bonne. Il se pourrait que les trous noirs gardent en mémoire une copie de tout ce qu’ils dévorent pour ensuite projeter tout ce qu’ils ont emmagasiné dans un nouvel Univers. La projection holographique de l’Univers que ça s’appelle. Projetée depuis un autre Univers, notre réalité en 4 dimensions serait ainsi aussi virtuelle que les mondes en 3D des jeux vidéos. Tu vois le délires ? Si ça se trouve, ton existence, tu la revis indéfiniment juste avec quelques trucs qui changent dedans histoire de créer de l’entropie dans l’Univers. Chez Nolan, on ne prétend pas aller aussi loin dans les délires existentiels mais Gargantua le trou noir reste la grande bibliothèque borgienne garante de tout ce qui aura été contenu dans l’Univers dans un espace de non-temps où le temps se fige et l’espace s’écoule (à l’inverse de notre propre perception de l’Univers). Après avoir précédemment joué avec plusieurs temporalités avec les lois de la vitesse et de la gravité, Nolan fait enfin coexister passé, présent et futur dans un même espace, modélisant le plus simplement du monde des idées scientifiques loin d’être faciles à appréhender.

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Lullaby Firefly : Under The Skin de Jonathan Glazer (ATTENTION SPOILERS) 

Tout le film de Jonathan Glazer tourne autour de cette opposition entre l’Inhumanité de l’entité extraterrestre campée par Scarlett Johansson et l’Humanité de ses victimes. Mais au delà de la condition d’être humain, c’est l’Humanité en tant qu’empathie qui intéresse Glazer, construisant son film autour de l’évolution de sa créature, de robot implacable exécutant sa tâche sans broncher (le bébé abandonné sur la plage) à “rebelle” vouée à la solitude car ayant trahi le processus et les siens. Cette Humanité, le personnage de Scarlett Johansson l’obtient après une rencontre décisive, scène pivot du film, où elle prend en stop Adam Pearson, jeune homme atteint de neurofibromatose, maladie génétique rare entraînant une déformation du visage. Ce dialogue établi entre les deux exprime la solitude forcée du jeune homme, sa peur de croiser le regard des autres, le poussant à ne sortir que la nuit, cette conscience de sa propre différence et de sa propre difformité l’obligeant à vivre reclus, en marge, et de  l’injustice et la méchanceté dont font preuve ses congénères envers lui. Ce discours, ce visage, cet être-là seul, parvient à toucher le personnage de Johansson, lui apprenant la compassion, la pitié, l’empathie. Ainsi, elle se déshabillera entièrement devant lui (le seul à avoir ce privilège), puis le laissera en vie, la poussant à l’exil, à la merci des hommes.

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Miho: Her de Spike Jonze

Cette scène est le moment où Theodore et Samantha tente de faire l’amour par l’intermédiaire du corps d’une autre fille, Isabella. Elle représente à la fois la quintessence de leur relation, tout comme ses limites. Samantha veut s’incarner physiquement, pour que son amour avec Théodore soit complet. Theodore, lui, se retrouve à désirer un corps de femme qui n’est pas celui de celle qu’il aime. Le duo se transforme alors en trio, de par l’incapacité des deux humains à dépasser leur enveloppe charnelle pour se projeter dans l’abstraction comme Samantha. Et augure de la suite inéluctable du film.

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Hamburger Pimp: Godzilla de Gareth Edwards

Cette scène, comme toute la séquence de combat entre monstres qui suit, a la particularité d’implanter au mieux l’infiniment petit (l’homme qui n’est pas de taille face au muto) et l’infiniment grand (le muto et Godzilla). C’est en effet une échelle de tailles qui nous prend par surprise, car nous sommes d’abord dans les airs, presque en lévitation, chose rare dans le film pour les personnages humains. Et ajoutons que la respiration du héros (symbole d’une peur que l’on veut contenir), ainsi que les couleurs sombres donnés aux ciels et aux nuages et à l’espace urbain donnent une ambiance et une esthétique apocalyptique, en même temps c’est la mission de la dernière chance. Mais j’ai aussi cette impression de jeu vidéo : précisément la franchise Farcry avec son point de vue aérien (des niveaux de jeu à faire en wingsuit ou hélicoptère) et mystique (des niveaux de jeu à faire sous drogues psychédéliques…), conjugué à l’effet Pokemon par les déflagrations de boule de feu bleu… je kiffe. Pour finir, on ne sera jamais aussi près des bêtes géantes que durant cette scène.

 
 

Nico Darko:  Les poings contre les murs de David Mackenzie

Après avoir « accidentellement » cogné un codétenu dont il avait mal perçu les intentions, Eric décide de faire face aux gardiens venus le réprimander. Les poings contre les murs débute comme un film de taulards lambda, faisant se succéder les passages obligés (fouille, rencontre avec les autres détenus). Cette scène arrive dès la fin du premier quart d’heure et nous dévoile la véritable personnalité du personnage. Torse nu, il s’asperge d’huile et attend la confrontation. Pas question de discuter, il n’a que ses poings comme moyen de réponse. Tel un animal en cage il n’a aucune limite et la rage ici dépeinte sera en grande partie le thème du film, à savoir une extrême agressivité comme unique solution à l’incompréhension qui l’habite, une incapacité qui n’est pas innée mais dont son environnement l’a rendu victime. Cette scène suffit à nous en dire énormément sur ce personnage et instaure l’ambiance qui règnera dans cette prison tout au long du film, une ambiance nerveuse et brutale où la violence semble être la seule finalité.

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Evilhost: Le Hobbit – la Bataille des Cinq Armées de Peter Jackson

Si il y quelque chose qui était attendu dans cette conclusion, c’était bien le dernier combat opposant Thorin à Azog. Jackson est un malin, et il le sait. C’est pourquoi il le repousse sans cesse, se contentant de brèves escarmouches entrecoupées par le combat de Legolas et Bolg. Finalement, et après que l’Elfe sauve Thorin avant de revenir à son propre combat, le silence se fait. Le Roi des Nains se relève, et il voit au loin son nemesis qui attend sur le lac gelé. Le soleil perce à peine les nuages, et les adversaires sont comme enveloppés dans la brume. Après un intense combat ou Thorin se sacrifie pour en finir avec l’Orque pâle, la bataille est gagné dans le cœur du guerrier. Pas celle qui implique des armées, car son issu ne dépend plus de ce duel, mais celle dont le vainqueur deviendra une légende.

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Skreemer: Fury de David Ayer

Dès les premières images du film Fury, nous sommes dans le ton de ce que le film sera: un film de tanks, mais surtout un film de guerre baignant dans la brume et une ambiance de film de fantômes où chaque personnage est mort ou va mourir. On y voit la brume, un point qui se rapproche. C’est un homme sur un cheval, on s’en rend compte assez tard. On explore à travers son regard un cimetière de tanks filmé exactement comme le repère des hyènes dans Le Roi Lion. A ce moment, Brad Pitt jaillit d’un de ces tanks hantés et tranche la gorge de ce type. Ca m’énerve de paraphraser le film, mais graphiquement, c’est ce que j’ai vu de meilleur cette année, ça m’a pris aux tripes comme rarement et a super bien rendu l’ambiance d’un certain genre de film de guerre désespéré et déshumanisé qui existait pas mal dans les comics post-WW2 comme Haunted Tank etc.

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