Les pires cadeaux de Noël pour un cinéphile

 
 
 

Noël est un moment qui peut s’avérer douloureux pour les cinéphiles. Comme chaque année, vous êtes désigné en tant que tel par vos proches, parents, oncles, tantes, cousins, grands-parents, tous attendent avec impatience votre débrief de l’année ciné, entre comédie familiale potache à succès et film autheurisant pompe-lard. Mais au delà de l’interrogatoire habituel (« T’as pas vu « Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu? » C’est le succès ciné de l’année pourtant… »), le supplice ultime du cinéphile demeure le DVD en cadeaux… Car pour beaucoup, cinéphile = aime tout. Petit panel des pires cauchemars que l’on ne souhaite pas retrouver au pied du sapin.

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T’aime de Patrick Sébastien

Le fameux rape’n revenge de Patrick Sébastien, avec du rape mais sans revenge, et même du pardon,  »que de l’amour » somme toute ! C’est torché comme un épisode de Joséphine, ange gardienne sous Lexomyl, ça dégouline de bons sentiments jusqu’à la gerbe (oui, votre serviteur est cynique !) et Patrick, en penseur généreux et profondément humaniste, nous gratifie de grandes réfléxions sacerdotales dont il a le secret :

– Vous savez Bertier, j’ai baroudé dans le monde entier, des fous y en a plus dehors que dedans… Ce qui sauvera l’humanité c’est pas le valium, c’est l’Amour !

Comme quoi, le sens de la punchline

 

 

B00004W08U-largeMortal Kombat : Destruction Finale de John R. Leonetti

Ta famille sait que tu es un cinéphile et un gamer… Qu’à cela ne tienne, c’est en se promenant dans les linéaires d’un supermaché de hard-discount que ta tante, dans un acte de bienveillance ultime, découvre, pour un euro pièce, un film adapté d’un jeu-vidéo dont elle connait vaguement le titre…

On parle ici de Mortal Kombat second du nom, non pas de la purge rigolote de Paul W. Anderson dont l’interprétation de Raiden par Christophe Lambert aura bercé la plus tendre enfance de bon nombre de cinéphages déviants, mais de sa séquelle honteuse vomie par John R. Leonetti (directeur de la photographie pour James Wan sur The Conjuring et réalisateur de sa préquelle pas si catastrophique Annabelle).

Shooté n’importe comment, de manière totalement analphabète et par une équipe de surcroît certainement narcoleptique, cet étron malade fait film pue le bon vieux résidu de fond de pellicule : séquences de baston insupportables de molesse, effets spéciaux dégueulasses indignes du pire bis italien, scénario ‘écrit’ par un gosse attardé défoncé à la colle, acteurs en roue-libre jouant comme des tanches… et putain, Christophe n’est plus là ! Un bon Z de qualité ça se bosse un minimum les gars !

 

 

Emanuelle Et Les Derniers Cannibales (1)

Emmanuelle et les derniers cannibales de Joe d’Amato

Tout d’abord, deux constats s’imposent. Le premier : les aventures sexuelles d’Emmanuelle c’est à quelques poils près le même topo que celles de Martine. Le second : rappelons que dans les années 70/80, nos chers amis transalpins étaient, sans contestation possible, les champions toutes catégories du film de cannibales. De cette union déviante et sulfureuse naquit cet OVNI aussi étrange sur le concept que complètement à la ramasse dans la pratique, le bien nommé : Emmanuelle e gli ultimi canibali, fort poétiquement traduit à sa sortie Viol sous les tropiques de Joe Blue Holocaust d’Amato.

 

L’intrigue, on s’en balance, c’est toujours la même : un prétexte d’aventure, une peuplade mangeuse d’homme, des séquences gores, mais ici agrémentée de porno soft. En fait l’objet n’est ni vraiment gore, ni vraiment cul, a d’ailleurs souvent ce dernier entre deux chaises, n’assure même pas le très petit minimum syndicale, et le tout est servi par une mise en scène plus que pauvre et une photo vraiment limite… Ceci dit, nous sommes d’accord, Cannibal Holocaust ou Cannibal Ferox, quelques années plus tard, ne brilleront pas non plus par leur forme. Non, cet espèce de spin-off soporifique et frileux n’a rien à offrir si ce n’est la promesse merveilleusement bis que nous annonçait le titre, restons-en donc à cela, à rêver du délire total qu’aurait pu être la chose.

 

 

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Cross de Philippe Setbon

Le vigilante dans les années 80, ce n’était plus seulement l’apanage de Charles Bronson et autres Steven Seagal, c’était aussi l’occasion pour un des plus grands interprêtes de la francophonie (poète incompris diront certains) de poursuivre une superbe et tout aussi courte carrière d’acteur de cinéma, j’ai nommé Michel “Je suis pour” Sardou. Un vigilante avec un chanteur vantant depuis pas mal de temps les idéologies boueuses auxquelles il adhère sans second degré, faut dire que l’idée saurait tenir du génie. Et quand on lui oppose non pas un, mais deux psychopathes, campés respectivement par Roland Giraud (!) et Patrick Bauchau (le mec sympa dans la série Le Caméléon), on s’attend forcément à des clashs de fou et des scènes bien badass. Avec Mi-mich en tête d’affiche, t’es sûr que mémé voudra le passer en fond pendant le repas du réveillon.

 

 

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Terminus de  Pierre-William Glenn

1987 est décidément une belle année pour le ciné de genre et la variété française, car en plus de Cross, sortit la même année Terminus, le “Mad Max à la française” où Mémel laisse sa place de héros badass à mulet à Johnny Hallyday, troquant la caisse tuné pour un bon vieux semi-remorque au look très locomotive, délicieusement prénommé “Monstre”. Effets spéciaux de fous (la bouche du camion, niveau Télé-Chat), look futuro-80’s à faire pâlir les mecs de Modern Talking et de Wham réunis, et une ambiance post-apo en mode banlieue parisienne désaffectée.  De quoi ravir à la fois toi, le grand fan de George Miller, mais aussi tonton Bernard qui sera enchanté de revoir son idole de jeunesse avec son look peroxydé.

 

 
 

Gamer de Patrick Levy poster d

Si les membres de ta famille te savent gamer et cinéphile (bis), il n’est impossible qu’ils tombent au détour du rayon “Loisirs et culture” de Carrouf, sur une belle tête de gondole, un prometteur “bac à promo” avec pléthores de dvds pas chers. Et qui dit “DVD pas cher dans un supermarché” dit souvent “belle daube invendue”. C’est par ce malencontreux jeu de hasard qu’il se pourrait que tu te retrouves le 25 au matin avec entre les mains ce fleuron de la French SF qu’est Gamer, ou une énième tentative de représenter le cyber espace au cinéma, et ce par son plus populaire vecteur, le jeu-vidéo. Servi par un casting tout terrain, où se côtoient allègrement Saïd Taghmaoui (parti définitivement aux US juste après…), Bruno Salomone, Arielle Dombasle, et Gérard Vivès (oui, oui le baraqué de chez AB Prod), le film s’avère si pointu dans le traitement de son sujet (la création de jeux vidéos) qu’il aurait tout aussi bien pu sortir en 1987, où il se serait fondu à merveille.

 

Lullaby Firefly et Naughty Bear

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