Critique: Le Hobbit – La Bataille des Cinq Armées

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The Hobbit: The Battle of the Five Armies

de Peter Jackson

avec Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Cate Blanchett, Hugo Weaving, Luke Evans

Nouvelle-Zélande / Etats-Unis – 2014 – 2h24

Rating: ★★★★★

Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées

Après Un Voyage Inattendu et La Désolation de Smaug, on attendait avec une certaine impatience la conclusion du Hobbit. Les deux films précités ne proposant finalement que peu de choses à se mettre sous la dent hormis quelques séquences fabuleuses (les dernières minutes d’Un Voyage… et la rencontre de Bilbo et Smaug notamment), l’intrigue et les multiples sous-intrigues entamées se devaient d’être conclues sans fautes. Le soulagement est donc entier après la séance, et cette fois-ci non pas parce qu’on s’emmerdait comme des rats morts, mais parce que Jackson assure un digne héritier au Retour du Roi. Mais revenons sur l’insupportable cliffhanger de La Désolation de Smaug.

A la fin de ce dernier, le Dragon décidait d’attaquer Lacville dont le seul défenseur est un Bard en fâcheuse posture. Et c’est exactement là que commence La Bataille des Cinq Armées. Si vous aviez pesté en espérant voir le combat de Bard et Smaug à la fin du deuxième volet (et je vous comprend, le film s’appelle « La DESOLATION de Smaug bordel de cul), croyez moi si je vous dit que ce malentendu sera dissipé dans les 5 premières minutes. D’une beauté infernale et tendu comme un arc, la mort de Smaug vaut à elle seule la vision du film. Et on comprend mieux pourquoi Peter Jackson l’a gardé sous le coude, tant elle représente le ton du métrage, ou les grandes batailles ont bien moins d’importance que les combats mano à mano que livreront les protagonistes.

Que ce soit pour sauver l’être aimé ou achever une fuite qui dure depuis bien trop longtemps, tous auront une victoire éphémère, la mort étant bien plus constante que la gloire dans cette Bataille des Cinq Armées. Ainsi, pour ce qui est d’Azog le Profanateur et son fils Bolg (qui s’avère finalement bien plus coriace qu’un troufion de base), on attendait au moins un affrontement épique sur deux. Mais que ce soit sur un lac gelé ou une tour servant de pont qui s’effondre, Jackson effectue un travail d’orfèvre jouant sur la géographie capricieuse des deux lieux cités, dans des fight denses et d’un souffle épique remarquable. Tauriel et Fili quand à eux, seront chacun leur tour au bord de la mort tout en étant seulement à quelques mètres l’un de l’autre, se protégeant mutuellement alors que le destin semble tout faire pour les séparer.

Tauriel parlons en justement. Absente du livre, le réalisateur a décidé d’intégrer le personnage, trouvant que l’univers du Hobbit manquait de femme. Attachante des ses premières secondes d’apparition dans La Désolation de Smaug, Evangeline Lilly surpasse de très loin le personnage d’Arwen. Et il est vraiment plaisant d’avoir une héroïne qui ne joue pas un rôle de potiche comme le faisait très bien Liv Tyler, d’autant plus qu’elle crée une dynamique importante entre Legolas, son père Thranduil et Fili. Mais le véritable héro, c’est bien Thorin. Le Retour du Roi 2.0 avec quelques problèmes de santé mentale en plus. Victime de la même maladie que ses pères qui ont sombré jadis dans la folie, il aura fort à faire avec lui même avant un ultime combat contre Azog l’Orque pâle.

Finalement, seul Bilbo ne semble pas vraiment à sa place dans cette conclusion. Auparavant, catalyseur des événements les plus importants (le sauvetage de Thorin ou la libération des nains), il est ici bien plus un spectateur qu’un acteur de cette bataille. Ceci dit, je chipote vu le spectacle dantesque offert pendant près de 2h30.

La grande bataille promise n’étant certes qu’une partie minime de l’ensemble, mais quelle bataille ! Que ce soit les Nains se mettant en position de spartiates prêts à combattre, ou cette armée d’elfes immobile et silencieuse, l’imagerie guerrière reste en tête longtemps après le générique. Et même si la 3D est un outil trop souvent inutile, elle ici utilisée pour de vastes plans d’armées qui donnent une véritable ampleur au métrage.

Il y a à peu près 1000 choses dont j’aimerais vous parler à propos de ce film, comme cette fantastique rixe opposant Saroumane et Elrond aux Cavaliers noirs de Sauron, ou encore la percée épique de la compagnie contre les armées Orcs et l’apparition des mangeurs de pierres. Parce que La Bataille des Cinq Armées est pleine à craquée de scènes fabuleuses, d’amertume et de nostalgie.

C’est la dernière fois que Peter Jackson foule la Terre du Milieu, et je peux vous dire que ça me fait bien chier. Il y aura sûrement d’autres adaptations oui (Vous avez dit remake?), mais Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit resteront comme une tranche de vie immuable dans le Cinéma et le cœur du spectateur. Vivement la version longue.

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.