Critique: Cabinet du docteur Caligari

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Das Cabinet des Dr. Caligari

De Robert Wiene

Avec Werner Krauss, Conrad Veidt, Friedrich Feher et Lil Dagover

Allemagne – 1920 – 1h18

Rating: ★★★★★

CALIGARI

Au sortir de la Première Guerre Mondiale, l’Allemagne est au plus mal. Elle a perdu la guerre, le pays est en ruine et l’Europe la déteste. C’est dans ce climat morose que va émerger ce qui est communément considéré comme le premier long-métrage horrifique de l’histoire du cinéma. En six actes, Le Cabinet du docteur Caligari commence par une discussion entre deux hommes assis sur un banc. L’un d’eux raconte une histoire macabre d’enlèvements et d’assassinats commis par Cesare, un somnambule « manipulé » par le diabolique Dr. Caligari, un mystérieux hypnotiseur ayant planté sa tente dans une fête foraine. Mais la vérité n’est pas exactement celle que l’on croit.

Principalement reconnue comme l’œuvre qui ouvert la voie à l’Expressionnisme allemand (Nosferatu le vampire, Docteur Mabuse…), Le Cabinet du docteur Caligari peut se targuer d’être également précurseur en terme de twist au cinéma. Au bout d’un siècle, on peut dire qu’il y a prescription sur les spoilers.  J’espère donc que vous ne m’en voudrez pas trop si je vous dis que dans Caligari, tout se passe dans la tête du narrateur qui se révèle en fin de film être le pensionnaire d’un asile de fous, son histoire d’hypnotiseur et de somnambule n’étant qu’un gros mytho dans lequel il peut redistribuer les rôles à sa guise.

A base de toiles peintes désormais passées à la postérité, les décors du Cabinet du docteur Caligari se font le reflet de la psyché malade de son narrateur, déformant les perspectives et rajoutant des angles aux portes et aux fenêtres dans un délire visuel qui fera les joies d’un Tim Burton plus d’un demi-siècle plus tard. Le procédé narratif du « en fait, c’est dans sa tête tout ça »sera quant à lui repris à moult reprises, devenant même l’un des twists les plus en vogue des années 2000 (Mulholland Drive, Identity, Shutter Island… même Sucker Punch !).

Récemment restaurée dans une version 4k absolument miraculeuse, Le Cabinet du docteur Caligari est un classique du fantastique que tout passionné du genre se doit d’avoir vu.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».