Critique: Night Call

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Nightcrawler

de Dan Gilroy

Avec Jake Gyllenhaal, Bill Paxton, Rene Russo

Etats-Unis – 1h57 – 2014

Rating: ★☆☆☆☆

NIGHT CALL

Louis Bloom est un psychopathe à tendance klepto qui se réserve un avenir radieux, son seul problème étant qu’il n’a pas de job. S’arrêtant une nuit sur les lieux d’un accident, il décide de devenir chasseur d’images en freelance, et compte bien gravir les échelons de l’insanité par tout les moyens.

Voilà. Hum oui ? Ah merde, c’est là que je dois parler du film ? Parce que sinon on peut discuter de Drive si vous voulez, j’aime bien Drive. J’ai le DvD en plus ! Et puis Night Call c’est « Par le producteur de Drive ». Ou le stagiaire maquillage, je sais plus. Non ? Bon ok, on va parler de Night Call.

Ce que j’attendais de Nightcrawler, c’était un film fou. Quelque chose qui me retourne le bide, porté par un Gyllenhall fou furieux. Il n’y a en fait rien de tout cela ici, tout au plus un Téléfilm de TF1 diffusé à une heure tardive pour ne pas trop choquer Tata Germaine. Et Jake, je t’aime mais du cabotinage comme celui là c’est pas possible. Depuis quand perdre du poids et faire « Greeeeuaaargh » devant son miroir relève de la performance d’acteur ?

Non seulement Dan Gilroy n’a aucune idée de comment filmer son bouzin (particulièrement impersonnel et dénué de la moindre image marquante), mais il ne semble pas non plus sur quel ton danser. Tantôt d’une immoralité presque provocante, tantôt thriller sans grand enjeux (j’y reviendrais), le film est également doué d’un comique de situation qui n’a rien à foutre là vu les sujets extrêmement graves qu’il aborde. Entre faire un film coup de poing sur les dérives de la téloche ou une comédie sur un p’tit malin qui s’amuse à maquiller des scènes de crime sordides, faut choisir.

Maintenant, un autre problème vient de la caractérisation du personnage de Louis Bloom. On aura tôt fait de comprendre que sa verve et son charisme lui permette de se sortir de la moindre situation, quand le destin ne s’en occupe pas à sa place. Sérieusement, vous avez vu sa gueule ? Et tout le monde lui fait confiance comme si c’était Jésus.
Comme je le disais, l’enjeu dramatique s’en trouve donc fortement réduit, la suspension d’incrédulité étant quand à elle durement atteinte.

Si la télé est un sujet passionnant, elle est ici traité avec la subtilité d’un 38 tonnes. Parce qu’on sait tous très bien que les chaines sont toutes remplie d’enfoirés qui ne rêvent que du reportage le plus atroce de la journée afin de faire plus d’audimat. Pitié, on dirait un film subventionné par l’association « Enfance Télé Danger ». Pour contrer ça, il y a tout de même un des protagonistes qui se permet de dire « Heu, les mecs c’est pas très éthique ça quand même hein… », mais René Russo le remettra vite à sa place parce qu’elle est avide de thunes et tout ça quoi : « Ta gueule Gérard, on balance ! ». Voila comment ça se passe en coulisse.

Pour finir, je vais te poser une question cher lecteur : Quand tu vois un film sur un cinglé qui filme en gros plan des homicides ou des accidents atroces, et que le sujet est traité par dessus la jambe, qu’est ce que ça te fais ? Moi ça m’emmerde. Ça m’emmerde parce que ce sont des choses qui arrivent tous les jours, et que le réalisateur n’a pas compris que ce n’est pas drôle, jamais. Ce n’est pas un film sur les dérives de la Télévision, mais sur les dérives du Cinéma qui ne sait plus rire ou être sérieux quand il le faut.

Evilhost

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.