Critique: Dealer

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Dealer

de Jean-Luc Herbulot

avec Dan Bronchinson, Elsa Madeleine, Salem Kali, Bruno Henry, Hervé Babadi, Dimitri Storoge, Fatima Adoum, Didier Merigou

France – 1h15 – 2014

Rating: ★★★★☆

Disponible le 1er octobre 2015 sur Vimeo on Demand et dès le 1er novembre 2015 sur les plateformes de VOD classiques

Dealer

On vous en parlait il y a quelques semaines, Dealer, déjà proclamé « Pusher à la française » dévoilait sur le Net une bande annonce fort prometteuse. Bien que le film n’ait pas encore de distributeur en France pour le moment, nous avons pu tout de même le découvrir en projection presse.

Dealer suit Dan (interprété avec brio par Dan Bronchinson, dont le passé trouble a inspiré certains passages du film), petit dealer parisien cherchant à faire un gros coup pour pouvoir raccrocher et partir en Australie avec sa fille pour réaliser son rêve de gosse, devenir pâtissier.

Même si certains éléments de mise en scène rappellent Pusher (comme l’intro présentant les persos à la manière de Refn dans sa trilogie), Dealer reste un produit très français, revendiquant une influence Audiard/Melville pour l’écriture de ses dialogues et donnant à Paris, une réelle couleur, loin des habituels clichés sur la capitale et ses oiseaux de nuit.

Pour renforcer ce réalisme, Jean-Luc Herbulot capte les allers et venues de Dan en caméra embarquée, conférant à sa réalisation une nervosité de pair avec l’intrigue même du film, consolidée par un montage énergique. Appuyé par la voix off de Bronchinson, Dealer revêt des airs de journal filmé, entrant dans l’intimité profonde de son personnage, ses pensées les plus personnelles, donnant du relief et du corps à son protagoniste, sans pour autant délaisser ses personnages secondaires, rapidement esquissés mais suffisamment pour leur donner corps (Délo et ses hommes de main, Chris, Salem), notamment grâce au soin apporté aux dialogues.

 

Auto-produit, Dealer bénéficie de la niaque folle inhérente aux petits budgets, Jean-Luc Herbulot débordant d’ingéniosité quand il s’agit de pallier aux contraintes budgétaires. Ainsi, le film a été retravaillé en post-prod pour y ajouter des effets visuels, tels que des mots en surimpression, prenant l’espace entier de l’écran, mettant l’accent sur un dialogue, un élément principal de l’intrigue. Il ajoute également des éléments narratifs, apportant une légèreté et quelques touches comiques désamorçant la tension mise en place  du début jusqu’à la fin du film, appuyée par un rythme effréné retranscrivant l’urgence et la dangerosité de la situation et par la BO sur mesure orchestré par Reksider.

Fort d’un bon nombre de scènes percutantes, Dealer est réellement un film qui marque son spectateur, de part la qualité de son écriture et de sa mise en scène. Bénéficiant certes d’un casting “sans star” mais où chaque acteur sert son personnage avec justesse, toujours suffisamment écrit pour prendre corps, même s’il n’est que secondaire.

Parvenant à livrer à la fois un thriller tendu et une chronique de vie réaliste, Dealer dresse un portrait naturaliste de ce Paris invisible, celui des biz derrière les portes cochères, à l’arrière des boutiques, de ces vies en parallèle et de leurs héros ordinaires. Une belle bobine de genre comme on aimerait en voir plus souvent dans notre belle contrée…

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.