Critique: Penny Dreadful (saison 1)

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Rating: 4.3/5 (3 votes cast)

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Penny Dreadful (saison 1)

De John Logan

Avec Timothy Dalton, Eva Green, Josh Hartnett, Harry Treadaway, Reeve Carney, Billie Piper et Rory Kinnear

Royaume-Uni – 2014

Rating: ★★★★★

Londres, fin XIXe, la mystérieuse Vanessa Ives recrute un certain Ethan Chandler, tireur d’élite dans un cirque ambulant pour le compte de Sir Malcom Murray. Ayant lui-même un passé un peu trouble et ne rechignant pas trop quand il s’agit de faire usage de ses talents, Chandler se retrouve embarqué dans la quête de Sir Malcom, à la recherche de sa fille Mina retenue prisonnière par des forces démoniaques ni plus ni moins, terrées dans les bas-fonds de Londres. Confronté pour la première fois à des vampires, Sir Malcom s’adjoint les services d’un jeune légiste talentueux, un certain Victor Frankenstein, qui lui aussi, a de drôles de hobbies sur son temps libre…

Du nom des premiers fanzines horrifiques à un penny, la série fait s’entrecroiser avec brio les figures proéminentes de la littérature fantastique anglaise, s’insinuant pour cette première saison essentiellement entre les lignes du Dracula de Bram Stoker et du Frankenstein de Mary Shelley dans un esprit comparable (un peu moins acide toutefois !) à la démarche du roi-scénariste Alan Moore pour son comics League of Extraordinary Gentlemen. L’hommage respectueux au matériau employé est absolument palpable à tous les étages : dans l’écriture tout d’abord, le déroulement du récit s’avère très progressif pour privilégier un travail exemplaire de caractérisation, prétexte à de somptueux dialogues (nombreuses références à Shakespeare et Milton) célébrant l’imaginaire et la joie absolue de mettre en scène des figures aussi archétypales que les Frankenstein  (créateur et créature) ou encore Dorian Gray, dans ce qu’elles peuvent nous rappeler ou nous apprendre de l’humaine condition.

Chaque épisode enchaîne son lot de morceaux de bravoure, avec une mention spéciale pour le cinquième épisode, judicieusement posé en « milieu » de saison, consacré uniquement au personnage d’Eva Green, et qui aura mis d’accord d’un coup d’un seul l’ensemble de la profession des scénaristes lors de sa diffusion. La photographie est absolument superbe, renouant magnifiquement mais sans tape à l’œil avec l’esprit de la période bénie des productions Hammer, et les effets spéciaux plus modernes sont également utilisés avec sobriété et parcimonie. Ajoutons à cela un casting impeccable : Timothy Dalton tout d’abord, acteur de théâtre avant d’avoir été James Bond rappelons-le ; Eva Green ensuite, qui enterre ici les trois-quarts des actrices de cinéma française de sa génération ne serait-ce que par sa diction parfaite (fallait que je la place celle-là, désolé.. je veux dire, même en français, peu d’actrices de chez nous sont capables de réciter des tirades aussi longues, oui ?.. c’est d’ailleurs pour ça qu’elles ne le font pas) ; Josh Hartnett est très bien également ainsi que les nouveaux venus (enfin pour moi) Reeve Carney, Rory Kinnear et Harry Treadaway.

Avec seulement huit épisodes pour sa première saison, Penny Dreadful est l’une des révélations du panorama télévisuel de cette année (qui jusqu’à maintenant n’aura pas été avare dans ce domaine) et a heureusement été reconduite pour une seconde, dores et déjà  objet de toutes les spéculations fantasmatiques possibles ,  au vu d’une telle qualité.

 

                                                                                                                                     Nonobstant2000

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