Critique: La Vie Nouvelle

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La Vie Nouvelle

De Philippe Grandrieux

Avec Zachary Knighton, Anne Mouglalis, Marc Barbé, Raoul Dantec

France – 2002 – 1h42

Rating: ★★★★★

LA VIE NOUVELLE

Un jeune militaire américain mêlé à un réseau de prostitution en Bulgarie fait l’erreur de tomber amoureux de la marchandise.

Après avoir laissé pantelants toute une génération d’aspirants-cinéastes avec Sombre en 1999, Philippe Grandrieux enfonçait encore davantage le bouchon en 2002 avec La Vie Nouvelle, co-écrit avec le romancier Eric Vuillard, où il continue de décliner son approche unique. Privilégiant la subjectivité, Grandrieux approche le matériau cinématographique un peu comme Joseph Beuys envisageait l’Art, un courant continu de force, d’énergies et d’interactions, jusqu’ à frôler lui aussi ouvertement l’animisme (ce sera encore davantage perceptible dans son film suivant, Un lac) où les dialogues sont épurées jusqu’à la racine, afin de mieux céder la place aux expressions et au langage corporel. Ces corps, ces visages sont toujours suivis au plus près, et semblent se heurter continuellement à l’espace autour d’eux. Données qui plus est en temps réel, leurs actions n’en prennent que mieux une amplitude signifiante où les personnages apparaissent davantage comme des charges émotionnelles réagissant à des affects plutôt que comme des individus.

Grandrieux délaisse ici quelque peu le rapport à la Nature, utilisé ouvertement dans Sombre comme échelle de grandeur -littéralement- pour ne se préoccuper que des corps et rien que les corps, ainsi que ce qui, sans mauvais jeu de mots donc, les anime. Et les émotions en deviennent littéralement palpables mais c’est pas pour autant qu’on va vous chanter une berceuse. Le contexte lui est flouté, réduit à l’essentiel : Miléna la prostituée est « embauchée » dans des conditions qui évoquent de loin en loin le Salo ou les 120 jours de Sodome de Pasolini. On lui coupe les cheveux au couteau de chasse, on lui met des tartes sur un air de Reggiani et enfin on lui montre les joies de la Servitude Volontaire. Finalement, un Esclave est un Prédateur comme les autres et notre héros en fera l’amère découverte à ses frais, y laissant littéralement son âme. Que valent en effet les sentiments au regard de certaines nécessitées telles que la survie ?

                                                                                                                                                                                               Nonobstant2000

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