Critique: I Origins

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I Origins

De Mike Cahill

Avec Michael Pitt, Brit Marling, Astrid Bergès-Frisbey et Steven Yeun

Etats-Unis – 2014 – 1h46

Rating: ★★★★☆

Ian, chercheur sur l’évolution biologique de l’œil, tombe fou amoureux de Sofi, une jeune mannequin un peu paumée. Lui est rationaliste jusqu’au bout des ongles, elle aime croire à des forces mystiques qui régissent l’existence. Les années passent. Bousculé par des événements étranges survenus dans sa vie, Ian va se mettre en tête de prouver un truc qui va à l’encontre de ses convictions.

Après son premier long-métrage Another Earth, qui faisait apparaître dans notre ciel une planète aussi bleue que le film de Kieslowski, Mike Cahill poursuit son exploration intime des sentiments humains, toujours sous un léger prisme SF. D’ailleurs ici, on est clairement à la lisière des genres fantastique et SF, dans cette zone de mysticisme scientifique chère à Terrence Malick et Darren Aronofsky où les dernières avancées de la science viennent donner une portée religieuse aux questionnements métaphysiques.

Si l’approche scientifique de Mike Cahill a plus à voir avec l’émerveillement spirituel d’un Claude Lelouch qu’avec  la rigueur mathématique d’un Shane Carruth, difficile pour autant de ne pas rester insensible à cette ode à l’âme sœur, culminant dans les yeux d’une petite orpheline indienne, qui fait de l’amour une force physique sur les individus aussi puissante que l’énergie sombre sur l’expansion de l’Univers. Pourquoi et par quoi sommes-nous poussés à aimer, à être aimé, à refuser la solitude et l’abandon ? Impérativité biologique inscrite dans chacune de nos cellules ou angoisse inconsciente face au grand vide spatial qui nous entoure ?

La démonstration de Mike Cahill pour réconcilier science et spiritualité est certes naïve, voire même franchement béate. Pourtant, comme dans les films de Jaco Van Dormael, I Origins parvient à accorder l’élan des corps aux concepts scientifiques qu’il manipule, renforçant le poids émotionnel de sa croyance à l’immortalité de l’âme, comme un refus presque enfantin de la mort et une apologie à conserver intact le dérisoire espoir de retrouver un jour ceux qui nous ont irréversiblement quittés. Espérons qu’il n’y ait pas que les scientifiques et les croyants à se laisser émouvoir par cette œuvre métaphysique imparfaite mais sincèrement puissante…

The Vug

 

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».