Critique: Horns

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Rating: 1.5/5 (2 votes cast)

Horns

D’Alexandre Aja

Avec Daniel Radcliffe, Juno Temple, Max Minghella, David Morse, Heather Graham…

États-Unis/Canada – 2013 – 2h00

Rating: ★★☆☆☆

Notre Alexandre national est une anomalie. On entend souvent les jeunes réalisateurs européens fraîchement débauchés par Hollywood pester contre un système bridant toute créativité dans un business où le dollar est Roi. Mais Aja a toujours déclaré qu’il jouissait d’assez de liberté pour pouvoir torcher les films à peu près comme il le voulait. Libre de pouvoir écrire et co-écrire ses scripts, il n’aura comme seule contrainte aux States, du moins jusqu’à Horns, de devoir tourner des remakes. Et on ne s’en plaindra pas car la filmographie du petit Arcady, certes inégale, est plutôt honnête pour un jeune réalisateur.

Le jeune et amoureux Ig se retrouve accusé du meurtre de sa petite amie, Merrin. Aidé par un pouvoir surnaturel acquis le lendemain du drame, des cornes forçant les gens à dévoiler leurs véritables pensées, Ig va enquêter pour découvrir la vérité sur la mort de Merrin.

Jusqu’à présent Alexandre Aja a prouvé avec talent qu’il comprenait le cinéma d’horreur mieux que quiconque. Le sans concession La colline à des yeux, la gaudriole bien gore Piranah 3D ou encore le surprenant Maniac sont là pour témoigner du savoir faire difficilement discutable du monsieur. Cependant avec Horns le cinéaste aurait dû faire un peu plus que sublimer l’impact de la violence pour convaincre. Une histoire centrée sur l’Humain, qui reflète ses plus basses pensées en annihilant toute forme d’hypocrisie, une mise à nue dérangeante qui soulève des questionnements sur les relations qui nous lient, ou encore sur les étiquettes sociales dictant nos pensées.

Autant le dire d’emblée, Aja se vautre complètement. Ne sachant pas trop quoi faire d’un script fourre tout, qui ne fait que survoler ce qui devrait être le cœur de l’histoire tout en s’éparpillant avec des flashbacks ankylosant le rythme d’un film déjà beaucoup trop long (comme cette phrase) ; le réalisateur n’arrive pas à faire vivre ses personnages autrement que par leur fonction. Ce qui est assez paradoxal pour une histoire sensée mettre au premier plan la complexité des relations amicales, amoureuses, fraternelles, maternelles, paternelles, bref la totale quoi. Il en découle inévitablement une évolution beaucoup trop mécanique des personnages, voir complètement foireuse et peu crédible pour certains. L’émotion est factice, on a peine à être touché ou à croire au couple Ig/Merrin, et ce malgré la bonne performance des deux acteurs. Les ruptures de ton incessantes donnent l’impression que le métrage ne sait pas sur quel pied danser. On retrouve quelques fulgurances du sale gosse biberonné aux gore des 80’s, un peu comme si on demandait à un batteur de metal de jouer sobre, il ne pourra pas s’empêcher de temps en temps de placer des roulements qui feront tâches dans le morceau. Vous serez témoins par exemple d’un headshot bien gorasse complètement gratuit et hors de propos pour laisser place à une imagerie de bluette adolescente avant de repasser sur l’humour méphistophélique, avec autant de finesse que Dwayne Johnson faisant des colliers de perles.

 Horns sent à plein nez les problèmes d’écriture. La réalisation, bien que soignée, d’Alexandre Aja n’arrive jamais à faire décoller un script encore trop brouillon. Le film n’a pas le cul entre deux chaises, il a tout simplement décidé de rester debout. Alexandre balance quelques images sympas, un peu de sexe et un peu de gore, par le hublot de son avion survolant une histoire qui aurait mérité que l’on creuse un peu plus son potentiel. Dommage.

Gutbuster

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Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !