Critique de White God

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Fehér isten

De Kornél Mundruczó

Avec Zsófia Psotta, Sándor Zsótér et plein de chiens

Hongrie/Allemagne/Suède – 2014 – 1h59

Rating: ★★★★☆

 

La petite Lili a perdu son chien Hagen. En effet, son père a du l’abandonner en pleine rue suite aux menaces des services d’hygiène. Alors que Lili commence à se rebeller contre l’autorité des adultes, Hagen doit quant à lui survivre à la loi de la rue et ses dangers : les agents de la fourrière, les bouchers pas sympas, les combats clandestins de chien… Trop de violence humaine exercée sur les canins fait monter la moutarde à la truffe de Hagen. A la tête d’une meute de chiens pas contents, il va déclarer la guerre aux humains et mettre la ville sans dessus-dessous.

Champion de la section Un certain regard du dernier Festival de Cannes, White God s’ouvre par puissant flash-forward : Lili seule sur son vélo dans un centre ville complètement désert soudainement investi par une centaine de chiens débarquant en masse dans un ralenti hypnotique. Des plans sublimes annonciateurs d’un final tout aussi sublime, résultant d’un travail de dressage parmi les plus honorables que l’on ait pu voir sur un écran. Voici un film où les chiens jouent aussi juste que les acteurs, son réalisateur Kornél Mundruczó se reposant sur l’essence fondamentale du cinéma (le cadre, le mouvement et le montage, point barre) pour nous rendre cette révolte canine intelligible et convaincante.

Ralentissant en revanche la dynamique du film, l’intrigue humaine avec Lili qui se rebelle contre son père et son prof de musique vient toutefois consolider la thématique de la soumission à un pouvoir arbitraire et injuste. En écho viennent résonner les airs de Tannhäuser, l’opéra de Wagner que Lili doit jouer avec son école de musique, histoire de la rédemption divine d’un esclave de la déesse Vénus qui apporte une connotation religieuse proche du dernier Godard sur la communion qui unit un chien à son maître dans une société où les individus s’éloignent les uns des autres (les rapports entre humains sont des plus froids dans White God, y compris entre Lili et son père).

En faisant de son titre une évocation criante du White Dog de Samuel Fuller (une autre histoire de chien violent qui démontrait que le racisme et la haine relevaient de la pure inculcation et non de l’innée), White God prône l’amour et l’Art (ici la musique, pour rester dans les élans wagnériens du film) comme ultimes remparts à la sauvagerie ambiante, culminant dans un dernier plan phénoménal, récompensant le spectateur que je suis de s’être fadé sur trop grand écran deux heures parkinsoniennes de caméra à l’épaule qui mettent en sueur. La forme est abrupte et le ton inégal mais White God reste une vraie œuvre insolite qui réussit son audacieux pari.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».