Critique de Torment

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Torment

De Jordan Barker

Avec Katharine Isabelle, Stephen McHattie, Robin Dunne

Canada – 2013 – 1h30

Rating: ★☆☆☆☆

Le home-invasion envahit (hu hu !) le calendriers des sorties DTV depuis une petite dizaine d’années. Malheureusement, rarement pour le meilleur et souvent pour le pire. Si le genre a su offrir quelques bons films comme Les Chiens de paille ou Black Christmas, force est de constater qu’il tombe souvent dans les mêmes pièges, à l’image des victimes qu’il met en scène. On se retrouve donc avec une famille recomposée suite à la mort de la môman, nos trois protagonistes comptent passer une petit week-end à la campagne, manque de bol des dangereux inconnus décident de séquestrer nos gentils comparses.

Torment, du canadien Jordan Barker, fait partie de la nouvelle vague d’home-invasion saupoudré de torture porn qui ne fait qu’user de ficelles comme une fin en soi et non pas comme un outil porteur de sens. L’effet pour l’effet, la recette sans les épices, jamais Barker n’essaie de véhiculer un semblant de fond dans une histoire qui prétend pourtant en avoir. Lorsque le métrage s’aventure dans la subversion, il n’oublie pas de gentiment retourner sur ses rails la scène d’après. Car si les scénaristes commencent à tisser gentiment une homélie sur les relations chaotiques que peuvent exister entre les parents et leurs enfants, à aucun moment ce thème ne dépasse les discours philosophiques maladroits des méchants, et ne servira au final que de mobile pour ces derniers. L’effraction de l’intimité propre au genre, la famille brisée, l’enlèvement d’un enfant, à aucun moments ces ingrédients sont cuisinés pour questionner le spectateur ou le mettre mal à l’aise. Les personnages restent des fonctions, tout le film glisse comme un épisode d’Hollywood Night.

Tout ça bien sûr n’est pas aidé par des situations toutes aussi débiles les unes que les autres. Les personnages ont maintes fois l’occasion de s’enfuir mais ne le font pas, l’héroïne qui est enfermée en sécurité dans une chambre mais qui ne peut s’empêcher de sortir pour vérifier d’où venait ce bruit bizarre (tout en sachant que le méchant est dans la maison), bref autant de points noirs dans le script que sur le visage d’un collégien en pleine poussée de croissance.

Torment est un métrage qui surfe sur le tsunami des tueurs avec un masque en toile de jute sur la tronche. Tout comme The Strangers ou encore The Collector avant lui, le film de Jordan Barker n’a pas d’autre qualité que d’offrir quelques jolis plans et une menace charismatique en apparence. J’insiste sur le « en apparence », car si un tueur masqué épiant dans le noir fait facilement frissonner, encore faut-il offrir autre chose à côté pour réussir l’essai. Tout cela est au final bien gentil par rapport à ce que l’on est en droit d’attendre dans le genre. La torture psychologique sensée être au centre d’un tel pitch est quasiment absente du métrage. Si vous aimez les gens qui marchent dans des couloirs vides et du suspens à base de portes qui grincent, vous pouvez tenter l’expérience. Sinon, ne faites pas comme moi et laissez pour une fois votre baromètre à navet dicter votre choix pour la bobine du samedi soir.

 

Gutbuster

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About Gutbuster

Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !