Critique de The Tribe

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Plemya

De Miroslav Slaboshpitsky

Avec Grigoriy Fesenko, Yana Novikova et Rosa Babiy

Ukraine/Pays-Bas – 2014 – 2h10

Rating: ★★★★☆

 


Un adolescent malentendant intègre un pensionnat spécialisé. Il découvre un monde difficile où l’on s’organise pour lutter contre la misère. De la vente de babioles aux usagers des trains à la prostitution auprès des camionneurs, c’est tout un réseau parallèle qui fait vivre les plus forts des pensionnaires…

Dans la catégorie des films singuliers, difficile de faire plus radical que cet audacieux film ukrainien. En effet, durant plus de deux heures, The Tribe ose le pari de faire un film intégralement en langage des signes, sans sous-titre ni commentaire. Aux parlants de s’immerger dans ce monde du silence où la communication passe par le geste et la colère par le toucher. Tout aussi radical le choix du réalisateur Miroslav Slaboshpitsky de faire de son premier long-métrage une succession de plans-séquences particulièrement complexes, jouant avec les échelles de plans et le surcadrage, pour une immersion totale dans cette communauté silencieuse.

Et, contre toute attente, cette radicalité formelle fait mouche. Chaque plan-séquence fait preuve  d’une inventivité cinématographique impressionnante, presque documentaire, tout en annonçant les plans suivants par des relances permanentes de l’intrigue.  Les deux heures du film, aussi singulières soient-elles, passent à une vitesse folle tant le film tout entier reste hypnotisant.

Avec ses séquences chocs, dont une longue scène d’avortement bien roots au-dessus d’une baignoire, The Tribe nous prend aux tripes, comme The Major du Russe Yuri Bykov le fit l’an passé à l’Etrange Festival et auquel on serait bien tenté de le rapprocher pour sa passion du plan séquence et sa description d’une société corrompue jusqu’à ses strates les plus faibles. Dur mais magnifique.

 

The Vug  

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».