Critique de The Human Tornado [L’Etrange Festival 2014]

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The Human Tornado

De Cliff Roquemore

Avec Rudy Ray Moore, Lady Reed, Ernie Hudson

Etats-Unis – 1976 – 1h38

Rating: ★★★★☆

Nous retrouvons de nouveau Dolemite, qui suite à une affaire d’adultère, il est pris en flagrant délit de coucherie avec la femme (blanche de surcroît) du shérif, se doit de déguerpir illico en Californie, son repaire où sa boîte fait fureur. Mais en son absence, Queen Bee est victime de la concurrence, des mafieux saccagent le club et kidnappent deux danseuses…

D’abord un générique de début kitsch à souhait : Rudy Ray Moore, jouant le héros Dolemite, s’amuse à refaire les génériques à la manière des Shaw Brothers. En effet, sous différents costumes, tantôt en maquereau catcheur avec une cape, en smoking de soirée ou en boubou africain, il esquisse quelques gestes d’arts martiaux. Car dans ce second volet, ayant un plus grand budget, des acteurs plus professionnels et plus de décors naturels, il sera beaucoup question de kung-fu. D’un montage en accéléré (on est entre 30 et 40 images par seconde) pour essayer de rendre fluide les nombreux combats aux allures de Street of Rage, on devient rapidement spectateur de séquences d’action Benny Hill. D’ailleurs Rudy Ray Moore en fait des tonnes dans ses poses entre chaque dérouillée sur ses multiples adversaires, avec des effets spéciaux cheap en s’adressant aux spectateurs (notamment lors d’une cascade au début du film). Et qui dit plus de budget comme évoqué précédemment,  dit de meilleurs protagonistes de combat : un vrai champion de karaté, un géant balourd et un champion d’Amérique centrale maniant le nunchaku. Cela fait effet de jeu vidéo avec boss à la clé, mais aussi redondance des scènes de baston.

Pourtant, de l’oppression sociale plus affirmée, les méchants blancs gangsters d’un côté le shérif raciste de l’autre, le long-métrage s’attarde plus sur Los Angeles comme ville, cité du spectacle. Il y a la présence de personnages gays, dont un est abattu, de nombreuses scènes des clubs de la ville où résonnent un funk rugissant, des groupes de danse africaine ou de New Jack Swing et enfin les déclamations one man show de Dolemite. Auparavant le film rejoue la conquête de l’ouest, entre fuites à pied dans le désert et auto-stop sur l’autoroute, par conséquent c’est une ambiance de western, se situant dans l’urbanisme horizontale de Los Angeles. Mais pour aller plus loin dans les thèmes chers à la Blaxploitation (maquereau, église, cause noire, arme s…), le second volet de Dolemite ose l’acte sexuel mixte, une nymphomane blanche en proie au désir de le faire avec plusieurs hommes noirs en même temps donne lieu à une séquence psychédélique et baroque se référant tantôt au cirque, à la foire ou au parc d’attraction et même au tremblement de terre.

Cela n’empêche pas ce film d’être encore un peu décousu mais sans confusion dans le récit pour plus de plaisir coupable du nanar noir américain par excellence. Repose en paix Rudy Ray.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…