Critique: Schizopolis

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Schizopolis

De Steven Soderbergh

Avec Steven Soderbergh, Betsy Brantley, David Jensen, Mike Malone, Kattie LaNasa, Scott Allen et Trip Hamilton

États-Unis – 1997- 1h36

Rating: ★★★★★

Suite au décès soudain d’un de ses collègues (apparemment il aurait dû s’y attendre il mangeait que des cochonneries) Fletcher Munson se retrouve avec le poste de celui-ci et contraint d’écrire le nouveau discours de Theodore Azimuth Schwitters, chantre du Mouvement (/Philosophie/ Mode de Vie) Eventualiste. Tout ne va pas très bien pour Fletcher cependant, d’ailleurs il fait plein des grimaces chelous devant le miroir des toilettes. Pendant ce temps, Elmo Oxygen, exterminateur de cafards davantage préoccupé par le bien-être des épouses délaissées que par sa vraie profession, ne manquant jamais de prendre en photo ses parties génitales en tous lieux et situations, se voit proposé un show tv rien que pour lui tout seul. Mais ce n’est pas tout, l’encart du chapitre 2 vient tout juste d’être pêché et on est toujours à la recherche du monsieur qui a ouvert le film avec le titre sur son t-shirt, parce qu’il ne porte que ça ..

Décérébrage de neurones électrocutant et jouisseur, irréductiblement non-linéaire, Schizopolis est un condensé du meilleur de ce que le cinéma indépendant des années 90 avait alors à offrir, abordant à cent à l’heure et avec le slip sur la tête la sacro-sainte thématique d’auteur à propos de l’incommunicabilité entre les êtres : les personnages y dialoguent en kamoulox situationnels, ou bien par bande-son en langue étrangères interposées, mais il ne faut pas vous formaliser plus que ça, ceci ne demeure au fond qu’une affaire de perception – surtout quand le personnage principal se transforme en un autre lui-même et se trompe avec sa propre femme. Qu’il larguera pour son sosie, une cliente de son cabinet dentaire , vu que dans le mouvement il est devenu dentiste. Je m’excuse, c’est vraiment pas facile de ne pas disgresser..

S’en donnant à cœur joie avec tous les procédés narratifs possibles issus de l’expérimental, Soderbergh piétine allègrement toutes les conventions, les attitudes politiquement correctes et les peines de cœur à tendances maniaco-existentielles à grand coups de pseudo-science et d’apartés non-sens absolument sublimes, revendiquant la part de dégénérescence psychologique – mais aussi dithyrambique, pneumatique… – inhérente à tout un chacun. Le langage y est altéré, c’est pas faux, par le biais dans un premier temps du personnage d’Elmo l’Exterminateur ou encore de Theodore Azimuth Schwitters, certainement échappés du bestiaire de William Burroughs (la thématique du langage-virus était un cheval de bataille de l’auteur du Festin nu) mais ce n’est que pour mieux devenir le miroir de l’âme de tous les personnages, parce que des fois il vaut mieux dire/ce qu’on a sur le cœur/plutôt que se laisser tèje et partir/loosé par la rancoeur (refrain) ..enfin un truc comme ça.

N’ IDEALISEZ PAS. (les interactions humaines, les grands sentiments, tout ça ..)(mais faites pour le mieux) (sauf quand vous ne pouvez pas)(néanmoins faites comme Steven, restez vous-mêmes -ah ah). Peut-être est-ce au fond ce que Soderbergh essaie de nous dire, et très certainement aussi Quentin Dupieux plus recemment avec son travail sur la filière du « no reason ». La grande leçon de l’Absurde (du Théâtre de, du Refus par, de la Révolution avec,..) après tout c’est de ne parler sérieusement que de ce qui le mérite. Toute autre falsification des sentiments, supercherie politique, administrative ou pseudo-humanitaire ne devrait se retrouver sanctionnée pour toute réponse que par un pied de nez. Ou un faux-prétexte en italien.

                                                                                                         Nonobstant2000

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