Critique: Salem (saison 1)

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Salem (saison 1)

D’Adam Simon et Brannon Braga

Avec Shane West, Janet Montgomery, Seth Gabel, Ashley Madekwe, Tamzin Merchant et Elise Eberle

États-Unis – 2014

Rating: ★★★★☆

Au XVIIe siècle, le Capitaine John Alden revient dans sa ville natale (je vous laisse deviner) après sept ans de guerre pour lesquels il avait dû laisser femme et enfant à venir derrière lui. La ville est désormais entièrement régie par les Puritains, et les citoyens soupçonnés de sorcellerie ou de quelques comportements contre-nature que ce soit sont régulièrement châtiés, voire exécutés en place publique. Il se lie d’amitié avec le Révérend Cotton Mather, homme d’ église un rien borderline du fait de la stature de son père, un Inquisiteur des plus respectés, avec qui il tentera de freiner quelque peu le climat de panique et de suspicion permanente instauré par les Puritains.

Il retrouvera également sa fiancée Mary, désormais épouse d’un notable influent, et définitivement hors d’atteinte pour lui. Ce qu’il ne sait pas c’est qu’après son départ, détruite par le désespoir (il y avait toujours des chances assez réduites de revenir de ces guerres-ci à l’époque), elle accepta de livrer l’enfant qu’elle portait de lui au Diable afin de rallier le clan des Sorcières locales dans leur guerre contre les Puritains, que son mariage avec le notable qu’elle a d’ailleurs rendu impotent est lui-même inscrit dans un schème plus complexe, car l’heure du Grand Sabbat approche ..

Pardon pour ce paragraphe explicatif un peu long, mais soyez rassurés je ne vous aie rien spoilé, l’ensemble de ces informations nous sont envoyées à la truelle dès les premières minutes. C’est un peu dommage, cela aurait donné lieu à quelques moments intéressants si les concepteurs de la série avaient laissés le spectateur les découvrir en cours de route, en parallèle de la trame, car le récit a quelques fois tendance à s’embourber dans les redites de ses enjeux et thématiques, et ce serait à peu près le seul point à reprocher à la série, qui semble de fait passer par moments à côté de son potentiel réel. Contre toute attente c’est le personnage de Mary Sybley qui s’impose comme protagoniste principal, figure grandement dramatique puisque ayant pactisé avec les Forces du Mal, manipulant le cours des évènements dans l’ombre de façon implacable en ralliant laissés pour compte et victimes des persécutions à sa cause jusqu’à ce que le retour de son ancien amant ne lui fasse prendre du recul sur ses actes.

On pardonne du coup plus facilement à la dominante soap-opera de l’ensemble son amplitude car elle permettra d’intéressants développements du côté des personnages secondaires ; le contexte n’est-ce pas s’avérant idéal pour aborder certaines mentalités anachroniques qui ont encore la vie dure aujourd’hui : le statut de la femme, le politiquement correct quand il se transforme en dogme social… Les  hommes, les vrais, un peu détruits de l’intérieur quand-même mais gentils comme tout , ne sont pas totalement laissés en reste, le duo improbable composé par Shane West et Seth Gable s’avère tout à fait sympathique, et leur investigations concernant les manigances surnaturelles en marge de la ville donneront lieu à de très belles scènes de genre, pensons notamment à une conjuration assez graphique et du plus bel effet dès le premier épisode  – la photographie s’avère d’ailleurs assez réussie en général – ainsi qu’à une course-poursuite avec une sorcière dans la forêt un peu plus tard.

La série renouvelle assez bien ses enjeux pour se laisser suivre, l’apparition tant redoutée du père de Cotton constituant le déclencheur d’une redistribution des rôles en vue d’une deuxième saison… pourquoi pas.

 

    Nonobstant2000

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