Critique: Open Windows

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Open Windows

De Nacho Vigalondo

Avec Elijah Wood, Sasha Grey, Neil Maskell, Iván González

Etats-Unis / Espagne – 2014 – 1h40

Rating: ★★☆☆☆

Nick Cambers (Elijah Wood), un blogger  fan de l’actrice Jill Goddard (Sasha Grey) qui a remporté un diner avec elle lors d’un concours, se retrouve aux prises d’un hacker ayant connecté son ordinateur et le téléphone de son idole.

Nacho Vigalondo (TimecrimesExtraterrestre) est un réalisateur fort sympathique, amoureux du cinéma de genre qui n’hésite pas dans ses premiers longs métrages à mêler les codes de différents genres (Thriller/ SF, SF/Romance), de sympathiques mélanges qui lui permettent de livrer des films honnêtes, sympas et parfois même brillants. Tranchant tout de suite dans le vif, Open Windows n’est pas de cet acabit, malgré de très belles intentions, de la part de Vigalondo bien sûr, mais également d’Elijah Wood, qui endosse le premier rôle en plus de celui de producteur. Bonus conséquent surtout en matière de promo, l’ex-actrice X qui s’est reconverti dans le tradi depuis 2011 apporte la caution sexy au casting, même si la belle en fait des tonnes (difficile de passer du surjouer au plausible).

La première bonne intention, c’est le concept même du film. Vigalondo ne filme jamais frontalement, l’action ne nous est toujours montré uniquement à travers un écran ou une caméra. Ainsi, en concentrant en grande partie son intrigue sur l’écran de l’ordi de Nick, le réalisateur joue sur la simultanéité de différentes actions, le procédé lui permettant de toutes les montrer dans un même plan, chacune enfermée dans son “open window”, les fenêtres s’affichant sur l’écran de Nick. Super idée de mise en scène, très inventive, jouant sur la possibilité d’inclure de multiples points de vue.  Bien qu’il utilise très bien le procédé et rend le truc plutôt digeste formellement, Vigalondo ne peut s’empêcher de tomber dans le kitchouille en voulant à tout prix inclure 15000 trucs en rapport avec les hackers, les nouvelles technologies, faisant de ses cyberpirates de vrais espions à la Mission Impossible (mais avec une gueule de geek et coincé derrière un écran).

A trop vouloir en faire, il décrédibilise l’ensemble, ses accessoires et idées visuelles (les trois serveurs du grand hacker Nevada, les caméras rematérialisant ce qui les entoure en 3D, les hackers français…) étant parfois assez ringards à la manière d’un 8th Wonderland, en mieux écrit et mieux foutu quand même. Pourtant, la première demi heure fonctionne très bien. Mais à trop vouloir en faire, on sent que Vigalondo a été rattrapé par la réalité de son budget pas si énorme que ça. Enfonçant le clou avec un twist certes surprenant car survenant après un élément narratif perturbant, mais qui survient tardivement et sans avoir réellement de raison (au delà du fait qu’il décrédibilise tout ce que le film avait établi), Open Windows est peut être trop ou pas assez ambitieux, n’osant pas la bouffonade de peur de briser son ambiance de thriller, trop convenu pour être réellement angoissant et pas assez thuné  pour faire dans le cyber-thriller qui en jette.

Internet et les nouvelles technologies aguichent les faiseurs de cinéma, les titillent, bien conscients de l’importance et de l’impact qu’ils ont sur notre société. Néanmoins et ce malgré les avancées techniques des CGI, il reste difficile et compliqué de matérialiser à l’écran, d’illustrer le virtuel, sans tomber dans le kitsch ou le ringard. Dommage, l’intention de départ était plutôt bonne.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.