Critique de Miami Vice

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Rating: 3.7/5 (3 votes cast)

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Miami Vice

De Michael Mann

Avec Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, Naomie Harris, Ciarán Hinds et Justin Theroux

États-Unis/Allemagne/Paraguay/Uruguay – 2006 – 2h14

Rating: ★★★★★

 

Cher lecteur, avant de commencer cette critique, je vais te poser une question : As-tu déjà eu une surprise monumentale en allant voir un film qui te semblait déjà acquis avant même vision ? Comme le formidable Une Nuit en Enfer par exemple ? Là ou après une heure de métrage tu es déjà totalement sur le cul et tu sais que ce film-là n’est pas comme les autres. Eh bien c’est ce que j’ai vécu avec Miami vice, quand je l’ai vu à sa sortie ciné. J’avais 16 ans et je suis allez voir ce que je croyais être un blockbuster pétaradant, sauf que mon cul sur la commode comme dirait l’autre. Parce que le film est beaucoup de chose, mais surtout pas ça.

Michael Mann est un mec qui a du fric, beaucoup de fric. Il a donc décidé d’adapter en 2006 sa série culte du même nom pour un petit budget de 135 millions de dollars. Et d’ailleurs, je pense sincèrement qu’il a bien entourloupé ses financeurs, avec quelque chose comme : « Bon les mecs, vous me filez plein de pognon et je vous fais encore mieux que Bad Boys 2 ! » Ouais, bah en fait non. Ceci expliquant cela, le film a sacrément bidé. Mais ce n’est pas étonnant, le spectateur avide de Navarro et autre Michael Bay  se demandant  rapidement si on ne se foutait pas un petit peu de sa gueule. Et ce n’est pas que le film soit désespérément vide d’action, mais simplement qu’elle est noyée dans un tourbillon de romantisme badass et d’images d’un lyrisme certain. Auparavant défenseur de Los Angeles, Mann déménage à Miami et la sublime tout autant. Ce lieu sera d’ailleurs un des seuls points commun entre la série et le film.

Car ici, Crockett et son acolyte Ricardo Tubbs ne prête pas vraiment à la rigolade.  Ces deux la sont des super flics, aussi à l’aise pour casser des bras comme Seagal que te refaire la gueule si tu as le malheur de leur demander où se trouve Monoprix. Ces types, tu les foutrais dans ta police de quartier que le lendemain y’aurait plus un chat dans la rue. Et c’est sans générique et sans le moindre mot que Mann nous embarque dans leur monde. Une scène assez symptomatique du reste du film, puis ce que par la force des images, le réalisateur pose ses personnages et leur situation quotidienne.

Suite à la mort d’un de leur informateur et de sa famille, ils auront pour mission d’infiltrer le cartel de Jesus Montoya, afin de découvrir qui a vendu la mèche et lui faire la peau. Le truc, c’est que Crockett est un sacré coquin et décide de charmer la femme du boss. On le comprendra parfaitement, étant donné que c’est Gong Li est qu’elle est d’une beauté froide à tomber par terre. Une histoire d’amour que tout deux savent impossible, et qui pourrait les mener à leurs pertes. Si Sonny est le plus bad boy des deux, Ricardo est la figure même du mâle alpha rassurant et essayant de gérer sa femme (qui est aussi une super flic) et leur boulot sans se mettre en danger. On s’est souvent foutu de la gueule de Colin Farrell et de sont cabotinage (Oui, Daredevil ça laisse des traces), parfois à tort et parfois à raison. Mais je peux vous dire que dans Miami Vice, il n’y a aucun doute : Il est Sonny Crockett. D’un calme olympien cachant une explosion imminente de chaque instant, l’acteur prouve bien que dirigé correctement il mérite autre chose que des rôles de merde. Si Jamie Foxx s’en est bien mieux sorti niveau carrière (on oublie quand même gentiment Spider-Man), il propose une prestation solide et électrique. Et il faut le voir inverser les rôles lors de la première confrontation avec les trafiquants, dans une scène mémorable : « T’as un micro ?! Fais voir ta chemise ! ».

Filmé de manière quasi documentaire (Mann a commencé par ça avant Le Solitaire), le film affiche un naturalisme qui colle aussi bien à l’ambiance fantomatique de Miami qu’a des scènes d’amour d’une beauté et d’une sensualité qui n’ont pas besoin de 3D pour être palpables. Et c’est la que le film devient plus qu’un polar qui sent bon le bitume et la sueur du sniper en planque. Davantage porté sur de superbes plans et un romantisme exacerbé, il enchaine de mémorables moments comme cette virée en bateau sur une mer qui semble infinie. La passion du réalisateur pour cette dernière restant inchangée, elle est ici représentative de l’avancée des protagonistes vers l’inconnu. Mais qu’est ce que c’est cette mièvrerie ? Se dira le lecteur averti. Elle est ou l’action qui baboule ? J’y viens, j’y viens.

Je tenais juste à faire un petit aparté sur ce point précis. J’ai montré le film récemment à ma grand-mère qui à 80 ans (ne rigolez pas !), et outre le fait que le film lui a semblé formidable, il y a quelque chose dans son avis qui a retenu mon attention : elle n’a pas trouvé le film violent ! Et pourtant, entre un bras déchiqueté par les balles et un type se faisant exploser le bide au fusil à pompe, je vous assure que c’est vachement violent ! Mais il y a une explication très simple à tout ça, et qui prouve une fois de plus la maîtrise absolue de Mann sur son film.

En un mot : « Sobriété ». Quand un mec se fait plomber les fesses, il n’y aucune complaisance ou gratuité. Et vous pouvez même lire ça dans les yeux d’un des antagoniste qui se prend deux bastos dans le crâne à la fin. Le mec sait qu’il y avait une chance pour qu’il y reste, ni plus ni moins. Ça ne relativise pas la violence qui est ultra sèche, mais ça la légitimisme complètement. De ce fait, le film est un anti-blockbuster total et on comprend qu’il ai pu laisser certaines personnes sur le carreau. Néanmoins, si l’action pointe rarement le bout de son nez, les trois fusillades qui parsèment le film sont formidablement mis en scène.

Enfin pour l’anecdote, et comme le génial Police Fédérale, Miami Vice à aussi connu ses problèmes sur le plateau. Entre l’overdose de coke de Farrell et un fou furieux débarquant sur le plateau arme à la main, nous n’étions pas loin du film maudit ! Il en résulte pourtant la meilleure œuvre de Mann, mais aussi un des grands films de sa décennie. Et on attend avec impatience le futur Blackhat pour voir ou en est le réalisateur.

Evilhost

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Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.