Critique de Killers

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Kirazu

De The Mo Brothers (Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto)

Avec Kazuki Kitamura, Oka Antara, Rin Takanashi, Luna Maya, Ray Sahetapy, Epy Kusnandar

Japon / Indonésie – 2h17 – 2014

Rating: ★★★☆☆

 

Bayu Aditya, ambitieux journaliste qui a vu sa carrière ruinée à cause de Dharma, un politicien corrompu qu’il avait voulu faire tomber, entre en contact avec Nomura, serial killer basé à Tokyo, qui upload  régulièrement sur internet les vidéos de ses meutres. Ce dernier va peu à peu l’entraîner dans sa folie meurtrière.

Sacré phénomène que ce duo qui se cache sous le pseudo des “Mo Brothers”! Propulsé dès 2009 sur le devant de la scène horrifique internationale avec le très remarqué et brutal Macabre, le duo fait tout de même cavalier seul de temps en temps, Timo Tjahjanto en tête, protégé de Gareth Evans (The Raid) ayant oeuvré dans les anthologies The ABC’s of Death et V/H/S 2, et s’apprêtant à livrer en 2015 sa première réal solo pour un long avec The Night Comes for Us (produite par Evans).

Leur nouvelle collaboration, Killers, a tout du projet idéal pour une réalisation bicéphale: deux personnages principaux, deux villes, deux univers bien différents.  Les décors, la mise en scène, les choix esthétiques de couleurs et de photo, voire même de cadrages appuient à la fois les différences entre les deux villes, les deux sociétés (japonaise, très développée et riche, indonésienne, gangrenée par la corruption), mettant davantage en relief les points de ressemblance entre les deux protagonistes.

Fortement influencé par la vague de thrillers asiatiques débutée aux débuts des années 2000, Killers en reprend les codes les plus établis (meurtrier de femmes, sévices et tortures  montrés frontalement ou fortement suggéré en gros plan), y décline le même goût pour la violence crue, au détour de quelques scènes de meurtre sadique insoutenables. Grande force du film, donc, cette duplicité des lieux et des personnages, permettant au film d’acquérir un rythme soutenu, passant de l’un à l’autre, tel un ping-pong dans l’escalade de la violence. Montrant dès l’introduction la nature froide de Nomura, serial-killer sadique et fasciné par le dernier souffle de ses victimes qu’il capte avec sa caméra, les Mo Brothers, à la manière de J’ai rencontré le Diable, établissent un portrait marquant de leur personnage, véritable incarnation du Mal.

Superbement maîtrisé dans ses deux premières heures, Killers parvient à inclure une progression à la fois dans la violence graphique et morale de ses deux protagonistes, livrant de beaux moments d’une tension folle, usant avec brio des codes de mise en scène du suspense (l’arrière plan est parfois le théâtre de gags, parfois de tragédies). Certaines séquences (l’agression du taxi, la course poursuite dans l’hôtel, le dernier meurtre à Tokyo) sont de véritables morceaux de bravoure, notant de la maîtrise et de l’intelligence du duo en matière de mise en scène.

La fête serait totale si le film ne souffrait d’une fin terriblement bâclée, où les résolutions prennent une tournure improbable car expédiées dans le dernier quart d’heure, cassant l’ambiance et la crédibilité mises en place jusqu’alors. Il est toujours fort dommage (et rageant) lorsqu’un film avec autant de qualités ne parvienne à tenir la longueur et se vautre dans la dernière ligne droite, précipitant la résolution de son intrigue, cherchant à en faire trop, en trop peu de temps. La faute au scenario ou à un taillage à la serpe au montage, la fin du film tombe quelque peu à plat… Belle ironie pour un thriller aussi haletant.

Loin d’avoir autant de maitrise qu’un J’ai rencontré le Diable ou un The Chaser, Killers s’inscrit tout de même dans la lignée du renouveau asiatique du Thriller. Après le Japon, la Corée du Sud et la Chine, l’Indonésie se lance à son tour dans la course, boostée sur le devant de la scène internationale par les succès The Raid 1 & 2 de Gareth Evans. Même s’il n’est parfait, Killers demeure une belle bobine, à la mise en scène ingénieuse et solide. Gareth Evans est en train de monter une belle écurie de cinéastes et il a trouvé de sacrés poulains.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.