Critique de Horsehead (Fièvre)

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Horsehead (aka Fièvre)

De Romain Basset

Avec Lily-Fleur Pointeaux, Catriana MacColl, Murray Head et Philippe Nahon

France – 2014 – 1h29

Rating: ★☆☆☆☆

Etudiante en psychologie des rêves, Jessica vient passer quelques jours chez ses parents alors que sa grand-mère vient de mourir. La nuit, la jeune femme se met à faire des rêves étranges sur son passé, sa famille ainsi qu’un mystérieux homme à tête de cheval. Réclamant des explications à sa mère, Jessica va découvrir le lourd secret qui pèse sur la demeure familiale.

Nouvelle tentative horrifique française, Horsehead  précédemment connu comme Fièvre, vient suivre les sentiers tortueux du cinéma d’horreur sensitif défrichés par Hélène Cattet et Bruno Forzani (Amer, L’Etrange couleur des larmes de ton corps) pour nous embarquer dans son histoire entre cauchemar et réalité. Réunissant un casting des plus intéressants (l’égérie de Lucio Fulci  Catriana MacCoil, le chanteur folk Murray Say It Ain’t So Head, l’indéboulonnable Philippe Nahon, Lily-Fleur Pointeaux alias la petite Amandine de la série Platane…), le réalisateur Romain Basset compose une œuvre très stylisée aux influences honorables (David Lynch, Neil Jordan…) mais qui se révèle malheureusement trop frêle pour tenir sur la longueur.

Si Romain Basset parvient à composer de belles images gothico-baroques, il n’arrive hélas  pas à les raccorder sur une dynamique narrative suffisamment solide pour les rendre légitimes. Autant ça fonctionne chez Cattet/Forzani  (des expérimentaux s’appropriant un genre populaire, l’inverse de Horsehead), autant ça ne marche plus ici puisque l’argument de court-métrage s’étire au maximum, comptant sur le trip visuel de ses séquences oniriques pour combler les zones d’ombre de son histoire pas très passionnante.

Hélas encore, Horsehead substitue l’action au profit de l’effet. Comme si l’effet pouvait écrire la mélodie. Et la frontière peut vite s’estomper entre expérimental et clip (j’ai parfois cru que l’héroïne allait subitement se relever de son lit et entonner un refrain face caméra sur la musique industrielle qui berce ses cauchemars). Comme souvent dans l’Horreur à la française, les bonnes intentions se retrouvent noyées par cette naïveté persistante qui consiste à croire que les mouvements de caméra et les outils de post-production suffiront à pallier l’inconsistance du scénario et de la direction des acteurs (une nouvelle fois livrés à eux-mêmes). A croire que le genre dans ce pays n’attire que les techniciens…

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».