Critique de Faults [L’Etrange Festival 2014]

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

Faults

de Riley Stearns

avec Mary Elizabeth Winstead, Leland Orser, Jon Gries, Lance Reddick, Beth Grant

Etats-Unis – 1h29 – 2014

Rating: ★★★☆☆

Ansel Roth (Leland Orser), anciennement sommité en matière de déprogrammation de victimes de secte, tombé au fond du trou après un scandale et acculé de dettes, se retrouve à devoir officier de nouveau sur la personne de Claire (Mary Elizabeth Winstead), une adepte d’un groupe se faisant appeler “Faults”, à la demande des parents de cette dernière.  Après l’avoir kidnappé, il va s’enfermer dans une chambre d’hôtel avec la jeune femme durant cinq jours, dans le but de reprendre le contrôle de son esprit.

Premier long métrage d’un sacré veinard (Riley Stearns est “Monsieur Mary Elizabeth Winstead” à la ville), Faults a été tourné  en 15 petits jours, montre en main, avec une poignée d’acteurs, Mme Stearns se partageant le lead role avec Leland Orser, véritable gueule de cinéma (vous avez au moins vu 1 film sur 2 de sa filmo). Loin de se faire ressentir à l’écran, ce court temps de tournage semble avoir poussé le jeune réalisateur à aller droit à l’essentiel, découpant son intrigue en quelques scènes fortes et substituant l’action avec un grand A à des dialogues solidement écrits, permettant une réelle progression dans la construction des personnages et du récit. Ainsi, Faults prend des airs de faux huis-clos dans lequel seul le dialogue entre Claire et Ansel importe, fil conducteur de l’intrigue, illustration par A + B des méthodes de manipulation et de contrôle de l’esprit.

Porté par ce duo d’acteurs épatant, Leland Orser, qui pourrait aisément remplacer Jack Plotnick au pied levé dans un Dupieux et Mary Elisabeth “Ramona” Winstead, qui transperce littéralement l’écran avec son charisme de dingue, Faults regroupe pas mal  d’ingrédients que l’on retrouve dans cette vague de films “Sundance”, premiers films souvent révélés en festival, partageant un goût pour le tout petit budget, l’équipe réduite et l’inexpérience sans que cela n’entache un quelconque talent.

Cette économie de temps et de budget ne se ressent guère dans le film de prime abord, Stearns maitrisant assez bien sa mise en scène, jouant sur les cadrages et les détails pour insuffler de la légèreté dans une histoire qui au départ ne prête pas à sourire. Certaines séquences sont excellentes (la longue introduction, l’hallucination) et apportent au film des pistes très intéressantes, malheureusement pas assez exploitées par la suite.

Car le principal défaut de Faults réside dans son scenario même, se détournant bien malheureusement de son intrigue principale pour se consacrer à une plus secondaire, s’attardant bien plus sur elle que sur le développement de son sujet premier, tout cela, erreur de débutant oblige, pour servir un twist malencontreux, le genre de revirement de situation qui plonge l’ensemble du film dans l’incrédibilité, remettant en cause tous les acquis que le spectateur pensait avoir sur le film. Un gros dommage, car le film aurait pu s’en passer, ou à défaut, bien mieux le préparer, en donnant davantage de puissance à ces scènes-clé, ce qui aurait renforcé le message sous-jacent, perdu au final dans la mise en place de cette seconde intrigue.

Bien que porté par la délicieuse Mary Elisabeth Winstead (qui va devenir une véritable star du ciné indé US maintenant qu’elle ne s’attache plus à des projets de blockbuster à la con) et l’étonnant Leland Orser (qui mériterait à être plus souvent et mieux sollicité), Faults comporte bien des défauts inhérents aux premiers longs métrages indépendants de ce type. Tourné en deux semaines pour pas grand chose, Faults aurait pu être un pur bijou, dans la lignée d’un Cheap Thrills ou d’un The Rambler, s’il ne souffrait d’un scenario qui se voulait plus malin qu’il ne l’est au final. Mais ne serait-ce pour le potentiel de cinéaste de Stearns et le jeu fabuleux du duo Orser / Winstead, le film vaut largement son coup d’oeil.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.