Critique de Young Ones

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Young Ones

De Jake Paltrow

Avec Nicholas Hoult, Kodi Smit-McPhee, Elle Fanning et Michael Shannon

Etats-Unis – 2014 – 1h40

Rating: ★★☆☆☆

Le futur. La sécheresse a transformé d’anciennes terres agricoles en déserts hostiles et l’eau est devenue une monnaie d’échange précieuse. Elevant seul ses deux enfants, Ernest Holm bataille comme un forcené pour obtenir l’irrigation de ses terres, n’hésitant pas abattre les pilleurs d’eau qui ont le malheur de s’aventurer sur son territoire.

Durant ces dernières années, du mal-aimé The Postman au radical The Rover, le western a lentement mais surement investi le cinéma d’anticipation et le film post-apocalyptique en particulier. L’épuisement programmé des ressources naturelles  nous prédit en effet la fin de la civilisation telle qu’on la connait encore aujourd’hui  et le nouveau monde stérile, celui qui nous attend, s’apparente à un nouveau Far West. Soit de grands espaces régis par la loi du plus fort. Le premier film de Jake Paltrow, Young Ones, s’inscrit totalement dans cette mouvance du western futuriste. Malheureusement, il en dessine déjà les limites.

Séparé en trois actes, chacun au nom des trois personnages masculins principaux de l’histoire, Young Ones pourrait être vu comme une déclinaison du western post-apocalyptique (bien que le film décrive davantage une zone sinistrée d’un monde futuriste plutôt qu’une fin du monde à grande échelle) qui se positionnerait entre John Ford et Anthony Mann : importance des liens familiaux et du rapport au père, conflit entre le père et le futur beau-fils, rapport quasi-filial à la terre, une nature miroir de la violence des hommes…

Avec son casting en béton (dont Nicholas Hoult dans l’une de ses meilleures prestations), Young Ones avait toutes les cartes en main pour être un film de SF original. Hélas, le film souffre d’une intrigue erratique, plus adaptée à un roman qu’à un film de cinéma, changeant de personnage principal toutes les demi-heures pour nous raconter en filigrane une frêle histoire de vengeance qui ne tient que par un artifice de science-fiction (la mémoire stockée  d’un robot à quatre pattes remplaçant le mulet de bât). Partagé entre des éclats de violence désespérée (la justice sommaire exercée au début du film par Michael Shannon sur deux voleurs d’eau) et un futur pas si catastrophique que ça, le film perd sa  cohérence artistique entre sa nécessité d’être un western et son envie d’être un film de science-fiction. Et si le film gagne brièvement en intensité lors de la résolution finale, poignante en grande partie grâce à Hoult et Smit-McPhee, le ton reste lourdement pompeux (des tentatives visuelles maladroites comme cette horrible surimpression d’un split-screen Michael Shannon/Nicolas Hoult  et d’un plan d’ensemble avec les mêmes acteurs,  le générique de fin renvoyant au western des années 40, la partition pathos de Nathan Johnson… ) Young Ones fait pâle figure après le puissant The Rover qui ne s’embarrassait guère d’explications et de rustines scénaristiques pour nous mener là où il voulait. Preuve une nouvelle fois que sans la bonne recette, les bons ingrédients ne servent à rien.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».