Critique de Terreur dans le Shanghaï-Express

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

.

Horror Express

De Eugenio Martin

Avec Christopher Lee, Peter Cushing, Telly Savalas, Alberto de Mendoza, Helga Line, Julio Pena, Silvia Tortosa, Alice Reinheart

Royaume-Uni/Espagne – 1972 – 1h24

Rating: ★★★★☆

Début 1900, le Pr Saxton fait la découverte en Mandchourie d’une créature préhistorique en état d’hibernation qu’il identifie ni plus ni moins comme le Chaînon Manquant dans l’histoire de l’évolution de l’humanité, et s’empresse d’essayer de retourner en Europe pour faire connaître sa trouvaille au Monde Entier. Il embarque péniblement à bord de l’Express Transsibérien, découvrant non sans amertume que son estimé collègue et rival de la Royal Society, le Dr Wells, sera également du voyage. Sur la requête officieuse -et rémunérée- de ce dernier, un contrôleur cherchera à savoir ce que peut bien contenir la mystérieuse cargaison du Pr Saxton. Et là c’est le Drame. Tout bascule.

Réunir Christopher Lee et Peter Cushing dans un même film dissimule à peine la volonté des producteurs de renouer avec l’esprit des productions Hammer, et à vrai dire on ne peut pas vraiment leur en vouloir. Pour quelqu’un comme moi qui découvre tout juste les chefs-d’œuvre de cette période, le professionnalisme et le talent du duo s’impose jusque dans les fêlures mêmes de cette petite production. Il faut voir avec quel aplomb incommensurable Christopher Lee réussit à rendre crédible le verbiage pseudo-scientifique concernant les origines de la créature.. Partant du principe que la dernière image vue par quelqu’un demeure imprimée sur sa rétine (déjà) les scénaristes poussent le bouchon un peu plus loin pour essayer de nous faire croire que la mémoire visuelle perdure également à l’intérieur des fluides vitaux (…) ainsi nous aurons droit à de très belles images de dinosaures (certes) et même de Temps encore plus Anciens, perçues au travers d’un microscope depuis l’intérieur d’une simple gouttelette de sang, youkaidi-youkaida. Eh bien une simple remarque grave, concernée, de Lee suffit presque à faire passer la pilule à elle seule. Dans un registre opposé il faut admirer également la consternation de Peter Cushing quand il précise à sa collègue d’au moins dix ans son aînée qu’il va avoir besoin de son aide pour le travail (une autopsie) et non pas pour lui arranger un rencard avec la jeune Comtesse du compartiment d’à côté.

Ceci et quelques autres arguments absolument non-objectifs concourent à me faire essayer d’attirer l’attention sur cette petite pépite d’un autre siècle, au charme désuet sans doute, remplie de certaines audaces frôlant absolument les abysses du nawak il est vrai, mais avant tout pleines de bonnes intentions : la prestation de Telly Savalas en cosaque irascible, certains effets spéciaux annonçant presque le Scanners de David Cronenberg, la créature elle-même préfigurant peut-être The Incredible Melting Man de William Sachs (ok, au énième degré) sur laquelle le scénario aura la pudeur de ne pas trop s’attarder pour recourir à l’habile stratagème de faire circuler son esprit à travers différents hôtes, permettant ainsi aux rôles secondaires de livrer quelques belles performances eux aussi. La séquence (malheureusement trop peu développée) de réveil collectif des victimes de la créature justifierait à elle seule un remake.

Comme le dit le Grand Maître Yoggi, détenteur de tous les secrets des cinq shakras « N’attendez rien, Vous Ne Serez Pas Déçus » mais je reste convaincu qu’il y a de quoi passer un excellent moment dans le sillage de ce Train de l’ Horreur. Sans parler du tout, à aucun moment donné jamais, de « ratage », le film a, comme on dit, les « qualités de ses défauts ». Et ne préfère-t-on pas parfois une tentative audacieuse manquée de peu à une figure standard exécutée dans les règles ?

Nonobstant2000

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

Ca peut également vous intéresser:

Critique de God's Puzzle
Takashi Miike invente le film catastrophe quantique
Critique du Crocodile du Botswanga
La réinvention de la comédie politique française
Critique: Délivre-nous du mal" style=" background: transparent url(http://www.celluloidz.com/./wp-content/uploads/2014/10/20823568_deliver-us-from-evil-720x400-150x150.jpg) no-repeat scroll 0% 0%; width: 150px; height: 150px; ">
Critique: Délivre-nous du mal
The (D)Evil's rejects...

About Nonobstant2000

Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!