Critique de Sabotage

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Sabotage

De David Ayer

Avec  Arnold  Schwarzenegger, Sam Worthington, Mireille Enos, Joe Manganiello, Max Martini…

États-Unis – 2014 – 1h49

Rating: ★☆☆☆☆

Je voulais attaquer cette critique par un simple résumé. Cela aurait pu permettre aux lecteurs vierges de toutes informations de se faire une petite idée du bouzin. Une entrée en matière certes classique mais bougrement efficace. Malheureusement, le scénario de Skip Woods (Opération Espadon, X-Men Origins : Wolverine, The A-Team…), coécrit avec le réalisateur David Ayer, est tellement bordélique que je n’arrive même pas à trouver le moyen de vous présenter le merdier de manière simple et concise. Une relecture des Dix Petits Nègres d’Agatha Christie ? Un actioner bourrin ? J’avoue ne pas trop savoir où Ayer voulait en venir avec ce film. N’ayez crainte, je ne vais pas me défiler, je vais vous offrir un synopsis dans le style le plus pur du scénariste/réalisateur, copiant sa plume et la verve de ses personnages.

Breacher (Shwarzy) est le fucking chef d’une unité d’élite de la DEA. Après avoir tenté de dérober une importante fucking somme d’argent à un cartel mexicain lors d’une intervention (cartel qui est aussi à l’origine de l’assassinat de sa famille), il est témoin de la mort des fucking membres de sa fucking équipe. Du coup, une enquêtrice du FBI débarque (Olivia Williams), shit, et compromet grandement le film d’action burné teinté de revenge movie que promettaient les fucking fuck trailers. Le casting alléchant se voit enfermé dans un whodunit complètement inintéressant et gavé de rebondissements tous aussi ridicules les uns que les fucking autres.

La scène d’ouverture montre un Breacher affalé devant son poste de télé, complètement dévasté et totalement impuissant face aux images atroces de sa femme subissant les pires tortures. Une façon assez intrigante et originale de balancer notre chêne autrichien dans un rôle à contre-emploi, au visage cassé et en position de faiblesse. Le gros problème c’est qu’Arnold possède un jeu d’acteur plus que limité, incapable de faire passer la moindre émotion, balançant des rictus malvenus avec une coiffure franchement ridicule durant les 109 minutes que dure le film. Il n’est que très rarement crédible dans ce rôle d’agent légendaire de la DEA, alcoolique et revanchard, bad ass aux manières expéditives. Une sorte de Vic Mackey gonflé à bloc qui n’a plus rien à perdre.

Le gros problème de Sabotage est qu’il ne sait jamais sur quel pied danser, voguant entre le film d’action tantôt décomplexé (de la violence graphique bien crade), tantôt réaliste, le tout en passant par une enquête interminable. L’aveu de faiblesse étant évidemment la propension des scénaristes à vouloir caser des retournements de situations toutes les dix minutes, essayant tant bien que mal de rythmer une histoire devenant de plus en plus chiante (n’ayons pas peur des mots) de minute en minute. Il vous sera difficile de ne pas rire lorsque vous découvrirez la motivation du gros méchant et encore plus lorsque notre T-800 jouera à Batman en nous mimant le coup du «tu me vois, tu me vois plus».

Sam Worthington arrive tant bien que mal à rendre son personnage vivant, mais Mireille Enos en junkie borderline est insupportable, ce qui est d’autant plus dommage quand on connaît les talents incroyables de l’actrice (je vous conseille chaudement de jeter un œil à la version US de la série The Killing). Le reste du casting, bien que charismatique, a du mal à rendre audible les dialogues enquillant gratuitement autant de «fuck» que Tony Montana en rade de coke. Formellement le film n’est pas trop mal foutu, à partir du moment où le style caméra à l’épaule ne vous fait pas vomir. Ça reste fonctionnel, aucune idée surnage, mais c’est assez énergique lors des gunfights. Puis bon, il fallait bien trouver un point légèrement positif dans cet océan de misère, ne laissons pas l’aigreur  noircir encore plus le tableau.

Vous l’avez compris, ce n’est pas sous la direction de David Ayer, et encore moins avec ce Sabotage, qu’Arnold  Schwarzenegger s’offrira un second souffle dans le septième art. Enquillant les mauvais films et les gentiment passables, essayant de miser sur des valeurs sûres en bossant sur un prochain Conan ou Terminator, Schwarzy n’arrive plus à remplir les salles. J’espère qu’il a su garder son flair, celui qui lui avait permis de bosser avec des pointures telles que John McTiernan, Paul Verhoeven, Walter Hill, John Milius ou encore James Cameron. Pour l’heure, attendons de voir ce que lui a réservé Sly dans le prochain The Expendables, J’y crois moyen, mais je croise les doigts.

 

Gutbuster

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Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !